‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 135 · FIN DES JUIFS · texte numérisé non relu

FIN DES JUIFS

la permission d’aller pleurer sur les ruines de leur patrie. Chargés par cet empereur de fabriquer des armes pour ses troupes, ils s’en servirent pour s’insurger, sous la conduite d’un nommé Barcocébas (fils de l'Étoile), qui s’annonçait pour le Messie, le roi de victoire et de vengeance. Les Juifs se pressèrent autour de lui,

beaucoup d’art, en or et en ivoire. La guerre y était figurée de plusieurs manières et par tableaux différents, ce qui offrait un brillant spectacle, On y voyait les campagnes fertiles livrées à l'incendie, les phalanges ennemies passées au fil de l'épée, ceux-ci prennent la fuite, ceux-là faits prisonniers. Des murs d’une hauteur extraordinaire tombaient sous l’effort des machines ; des garnisons de forteresses se rendaient aux vainqueurs, et des villes populeuses, aux remparts construits sur des hautes cimes, étaient prises; l’armée victorieuse s’élançait dans l’intérieur des murs, où le sang ruisselait, où suppliaient ceux qui ne pouvaient résister. On voyait le feu dévorant les édifices sacrés, les maisons s’écrouler sur la tête des habitants, et, après le massacre, les fleuves ne plus couier au milieu des campagnes cultivées pour abreuver des hommes ou des animaux, mais au milieu d’un territoire que dévastaient encore les flammes, Les Juiis avaient fourni le sujet de to tes ces représentations, qui reproduisaient leurs souffrances durant la guerre. L'art et la perfection du travail étaient tels, qu’ils faisaient voir l'événement à ceux qui ne le connaissaient pas, aussi fidèlement que s'ils eussent été présents. Sur chacune de ces machines, on avait placé le commandant de la ville, dans l'attitude ou il était quand elle fut emportée.

« A la suite venaient plusieurs navires. Les autres dépouilles étaient portées pêle-mêle; mais celles qui avaient été enlevées du temple de Jérusalem faisaient surtout un grand effet : une table d’or pesant plusieurs talents, et un candélabre aussi en or, mais différant quelque peu pour la façon de celui qui étaiten usage parmi nous. En effet, il était formé par une colonne d’où s’allongeaient en dehors des branches minces finissant par tra's dents, dont chacune supportait une lampe qui y était fixée avec beaucoup d'art, Ces lampes étaient au nombre de sept, et représentaient ls vénération que l’on a parmi les Juifs pour le nombre septénaire. Le code des lois judaïques était porté après le candélabre : c’était la dernières des dépouilles, Venaient ensuite des hommes avec des simnlacres de la Victoire, tous en or et en ivoire, Derrière, eux s’avançait Vespasien, et Titus le suivait ; immédiatement après eux était Domitien, vêtu aussi splendidement, et monté sur un cheval magnifique.

« La marche du cortége se terminait au temple de Jupiter Sapitolin, où les empereurs entrèrent et s’arrêtèrent, attendu que l’ancien usise est d'attendre là jusqu’à ce que l'on ait appris que les ennemis du général sont morts, Tel était Simon de Goria, qui venait de figurer parmi les prisonniers, On lui jeta done une corde au cou, et on le traîna dans un certain lieu du. Forura, en le frappant le long du chemin, C’est là que, d’après la loi des Romains, on tue ceux qui sent condamnés à mort pour crimes. Z'; «;u’on eut annoncé qu'il avait cessé de vivre et que tous s’en furent réjouis, on commença les sa "ilices ; et quand ils furent accomplis heureusement avec les prières d'usage, le: empereurs regagnèrent palais, où. ils réunirent plusieurs personnes à leur banquet, En même temps, tou les sutres citoyens se mirens ‘dans leurs maisons à des tables splendidement ser- ‘iss; car les Romains solennisaient ce jour comme un triomphe sur leurs ennemis, comme le terme de leurs discordes civiles, et somme le commencement de leurs espérances de bonheur pour l'avenir. » (Josèrur, de Bello Jud.; Vii, 5.)

MIRT, UNIV, = T, V, il

le proclamani l’astre de Jacob, le sceptre d'Israël , l’élu destiné à réaliser la prédiction involontaire de Balaam, à briser les cornes de Moab , à détruire les fils de Seth (1). Au même moment , ils se

/’soulevèrent dé tous côtés contre la domination éirangère , avec la

/{ fureur de l’esclave qui brise ses fers. On est saisi d’horreu: à la

{ pensée des massacres qu’ils exécutèrent : deux cent vingt raille Grecs furent égorgés par eux à Cyrène , deux cent quarante rr'le en Cüypre, et une grande quantité en Egypte; 4s poussèvent la barbarie jusqu’à scier en deux ieurs victimes, à dévorer leurs chairs, à boire leur sang , à s’entourer la tête des entrailles de ceux qu’ils venaient d’iramoler (2).

L’épée des Romains dissipa cet orage, et détruisit de fciles it.usions; mais ce ne fut pas sans répandre encore des flots de sang, puisqu 1} périt cinq cent soixante-seize mille Hébreux , tant l’espérance en avait réuni. Les survivanis furent vendus au inarché de Térebinthe et de Gaza, ou trainés en Égypte, ou tués partiellemien. ot lon aermolit cinquante places fortes avec neuf cent quatrevinsi-ciiq bourgs. Alors la ruine totale du pays enleva à cette malheureuse nation , non l’espérance, mais la possibilité de se relever jamais (3).

(1) Nombres, c, 4, 2.

(2) Dion, LXVIIS.

(3) Le soulèvement de Barcocébas a été le thème favori des fables rabbiniques ; elles racontent que c'était un usage des Hébreux de pianter un cèdre quand il leur naissait un fils, et, lors de la naissance d’une fille, un pin dont le bois servait à faire sa couche nuptiele à l’époque de son mariage. Comme Ja fille d’Adrien voyageait en Judée, son char se rompit, et l’on abattit pour le raccommoder plusieurs de ces arbre: ; ce queles Hébreux virent de si mauvais œil qu’ils se révolterent. Or, il est à remarquer qu’Adrien n'eut pas d'enfants, et de plus qu’il aurait (allu différer beaucoup trop les mariages pour attendre qu’un jeune pin qui

Lenta venit, seris factura nepotibus umbram,

eût le tronc assez gros pour être mis en œuvre, On lit encore que cent raille adhérents de Barcocébas s'étaient coupé un doigt pour faire preuve de courage, de sorte que les sages de la nation envoyèrent vers lui, et lui demancèrent : Jusques à quand mutileras-tu les Juifs ? Barcocébas ayant répondu : Comment donc éprouverai-je leurs forces ? ils lui dirent d’enrôler ceux qui pour- “aient arracher avec leurs mains un cèdre du Liban, et deux cents mille se tronvèrent capables c’y réussir. Les prouesses sanglantes que racontent les mêmes écrits ressemblent à celles des romans de chevalerie. Le fail est que, dans une litanie que les Hébreux chantaient le neuvième iu 1; d° Ab, date de la publica-

tion de l’édit d'Adrien, ce prince est comparé à *"‘"6hodonosor, sans qu'il y soit fait aucunement mention de Vespasien et ( LS : Recordare, bomine qualis frerit Adrianus, crudelitatis consilie :: . cœus, consuluit idola 5e perve: ‘: ‘ia, et sustulil combussilque 4: ntasel octoginla synagogas.

(Vos: .N DE Lenvea, de Judæorum g:: 2: .:s5ii8.)

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