‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 135 · FIN DES JUIFS · texte numérisé non relu

FIN DES JUIFS

Afin d’anéantir leur religion et celle des chrétiens, on éleva un temple aux idoles sur l'emplacement de l’ancien temple, un autre sur le tombeau du Christ, et un troisième, dédié à Adonis, sur les lieux où se trouvait la crèche. Jérusalem changea son nom en celui d’Ælia Capitolina , et l’ancien fut si complétement oublié, qu'au temps de Dioclétien, un martyr ayant dit qu’il était né à Jérusalem , le gouverneur de la Palestine, ni aucun des assistants, ne sut où cette ville était située (4).

Antonin le Pieux adoucit cette rigueur excessive, et, restituant aux Juifs leurs priviléges , il leur permit de circoncire leurs enfants, mais il leur défendit de faire des prosélytes (2) ; bien qu’ils restassent bannis de Jérusalem , ils purent former ailleurs des synagogues , des assemblées et obtenir les droits de citoyen. Le patriarche, résidant à Tibériade , put élire les ministres relevant de lui, recevoir une contribution de ses frères dispersés, exercer une juridiction domestique ; bien plus, la fête du Purim, c’est-à-dire de la délivrance du joug d’Aman , était célébrée dansles villes païennes avec une solennité bruyante (13 ). Apaisés par cette tolérance, les Juifs ne firent plus éclater leur haine contre les étrangers autrement qu’en cherchant à les tromper dans les opérations de commerce, et en proférant contre eux les mystérieuses imprécations , consignées dans la Bible contre les enfants d'Édom (4). À

Constantin établit le culte véritable dans la cité où s’étaient accomplis les mystères de la rédemption. Julien l’Apostat essaya de faire revivre la nationalité juive , pour donner un démenti à la prophétie de Christ; mais, bien que les Juifs accourussent de toutes parts à son appelet contribuassent de leurs richesses particulières à cette espèce de réédification nationale , elle resta interrompue (5). Justinien éleva l’église de Jérusalem à la dignité patriarcale. Quand Chosroës IT, roi de Perse, occupa cette ville, il vendit aux Juifs quatre-vingt-dix mille prisonniers chrétiens, qu'ils massacrèrent., Bientôt les Perses en furent chassés par Héraclius; mais, neuf années après , le calife Omar, second successeur de Mahounet, assiégea Jérusalem , dont il s’empara; elle appartint

(1) Eusiee, de Pal., c. XI.

(2) V. Casausow, ad Hist. Aug., p. 27. Le jurisconsulte MopesTin fait menton ds cet édit, YF Regular.

13) Haanace, Afist, des Juifs, NE, 2, 3.

(4) Selon ieur* traditions, Fseph, petit fils d'Ésaü, avait conduit en Italie l’armée d’Énée, roi de Sarthage; une colonie d'Iduméens, chassés par David , s'était réfugiés à Rome, C’est pourqu: ils - appliquaient le nom d'Édom à l'empire romain,

(5) Voy. liv. VII, ch, 7.

aux musulmans jusqu’à l’époque où, pour la délivrer, l’Europe prit la croix et se précipita sur l'Asie.

Le peuple hébreu, qu’un de ses philosophes (1) a ‘appelé le ponlife et le prophète de tout le genre humain, fut le gardien de la tradition sainte ; il prêcha une doctrine qui proclamait le bien de la vie et de l’espérance, tandis que , dans leur mysticisme , les autres Orientaux r'egardaient la mort comme un bienfait divin, et plaçaient la vie véritable dans leurs villes souterraines ; il resta grand tant que l’unité nationale d'Israël fut le symbole de l'unité de la foi. Quand les tribus se divisèrent sous Robouam, le nouveau “oyaume de Sichem ou de Samarie établit une scission dans les dogmes religieux non moins que dans Passociation politique; le mont Garitzim , devenu, pour le culte comme pour le gouvernement , le rival de la montagne de Sion, éleva des idoles en face . de l'arche du Seigneur. Par réaction, un certain nombre de fidèles s’attachèrent plus étroitement à la lettre de la loi, dont ils restreignirent le sens; ce qui donna naissance au véritable judaïsme et à la secte des pharisiens. De là , des disputes dans l’école , des dissentiments dans la famille , des luttes sur le champ de bataille, la servitude et la dispersion; de là, les reproches des prophètes, et la confusion de la politique et de la foi.

Des dissensions au sujet du sens et de l’application de la loi ne pouvaient que devenir extrêmement funestes à un peuple que la loi gouvernait dans toute sa rigueur (2); c’est pour cela que toutes les querelles des Juifs entre eux et avec les étrangers se présentent à nous sous un aspect religieux, à commencer de la sortie d'Egypte jusqu’au temps où vécut Hérode. Ce roi favorisait, dans un intérêt politique, les mœurs et la puissance des étrangers auxquels il était redevable de la couronne, uu détriment de la nationalité juive ; mais les docteurs, par opposition, s’attachaient plus opiniâtrément au sens de la loi, exagéraient le zèle pour les pratiques extérieures, pour l’observation minutieuse de la lettre morte,

Or, la lettre promettait un Messie vainqueur et triomphant; ils refusèrent donc de le reconnaître dans le fils de Phumble artisan , qui, mourant de leur main, changeaït pour eux les richésses de

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