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Lois,
SIXTÈME' ÉPOQUE.
« ditieux ; pleins de vanité; et n’ont d'yeux que pour critiquer. « Leur ville aborde de toutes choses, et personne n’y est aisif, pas « même les aveugles. L'un souffle le verre; l'autre fait du papier, «ceux-là tissent ; tous s'occupent à quelque métier (1). » )
Dans l'intervalle de ces voyages, Adrien revenait de temps en temps à Rome, où il organisa sur de nouvelles hases les charges du palais, le service militaire , l'administration de la justice : réformes qui subsistèrent jusqu’au quatrième siecle (2). Ilse diri-
geait d’après les conseils des meilleurs jurisconsultes, Nératius Priscus, Jubentius Celsius, Salvius Julianus, et le dernier recueil-
lit par son ordre, dans l’Edit perpétuel , les meilleures lois éma-
| nées des préteurs jusqu’à cette époque. Peut-être Adrien enlevas t-il à ces magistrats le droit de déterminer les principes légaux d’après lesquels ils auraient administré la justice durant leur temps d'exercice, en les obligeant à s’en tenir à cet édit :érial, qui
Ælus Verus.
resta la base du droit romain jusqu'au code Théodosien, et devint le fondement des Pandectes.
Au nombre des lois qu’il rendit, nous citerons les prescriptions suivantes : un douzième des biens paternels devait toujours être laissé aux enfants des proscrits; celui qui trouvait un trésor sur son terrain en restait propriétaire ; si c’était sur celui d’un autre, il lui en revenait la moitié ; les prodigues devaient être fouettés dans. l'amphithéâtre, puis bannis. Il défendit les sacrifices humains; néanmoins on continua en Afrique à immoler des enfants à Saturne, et des hommes, dans Rome même, jusqu’à Constantin.
Les ergastules , dans lesquels les Romains faisaient travailler les esclaves , servaient de refuge à certa'ns individus qui voulaient se soustraire au service militaire ou aux châtiments encourus ; quelquefois aussi, des hommes libres y étaient entraînés pour un travail forcé, et l’on n’entendait plus parler d’eux. Adrien les abolit, à l'exception de ceux qu: appartenaient à l’empereur ou à l’État,
et défendit aux maîtres de tuer leurs esclaves.
Atteint d’hydropisie , il désigna pour son successeur L. Aurélius Annius Céronins Commodus Vérus Ælius César. Les noms devenaient plus nombreux à mesure qu’augmentait la vanité. D'un aspect majestueux, et riche de connaissances, Vérus était de mœurs dépravées , et la malignité, qui ne frappe pas toujours à faux , fit courir des bruits fâcheux sur les conditions mystérieuses
(1) Fuavius Vomscus, Vil, sat.
(2) Officia publica et palatina, nec non militiæ in eam formam statuit quæ, paucis per Constantinum immulatis , hodie perseverat. (Aun. Vicr., Épit. XIV.)
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(1) Span (2) Par $
APAIEN. 195.
qui lui valurent d’être adopté par l’empereur (1). Lorsque Vérus voyageait, il avait autour de son char des esclaves auxquels il donnaitles noms des vents, et qui portaient desailes. Il faisait sa lecture favorite de l’Art d'aimer d’Ovide et des épigrammes de Martia!, qu’il appelait son Virgile; sa femme lui reprochant un jour de l11i préférer des prostituées, il lui répondit : Le non d'épouse est un titre d'honneur, non de plaisir. arrivait de la Pannonie quand il mourut à Rome, où on lui fit des obsèques impériales
suivies de l’apothéose. Adrien adopta alors Titus Antenius, à la:
condition qu’il adopterait lui-même M. Aurélius Vérus et L. Vérus, neveu et fils adoptif de celui qui venait de mourir.
Adrien se retira alors, comme Tibère à Caprée, dans sa maison de plaisance de Tivoli, qù il avait entassé toutes les magnificences; là il s’abandonna , autant que le lui permettait sa santé affaiblie, à toutes les débauches dont le paganisme ne savait plus rougir. Il se livrait, au milieu des plsssirs, à des accès de cruauté, et, du fond de sa retraite, il envoya des ordres sanguinaires qui entrainèrent la mort de plusieurs citoyens; d’autres furent cachés par Antonin. Adrien cherchait dans la magie des remèdes à son infivmité , et ses souffrances lui firent essayer plusieurs fois de se donner la mort ; on recourut même aux iniracles pour le distraire de son mal. Une femme aveugle se présenta à lui en disant : Un songe m'a averlie de t’enjoindre de conserver fa vie, et, comme j'ai différé à obéir, ma vue s’est obscurcie; mais un autre songe m'a assuré que je la recouvrerais dès que j'aurais baïisé les pieds de l'empereur. Ce qui ne manqua pas d'arriver, Un autre aveugle eut à peine été touché par lui qu'il recouvra l’usage de ses yeux, en même temps que cessait un fort accès de fièvre dont souffrait Adrien. Rome s’amusait de ces ridicules moyens, qui rendaient quelque courage à l’empereur.
Las enfin de remèdes, Les médecins me tueront, dit-il, et il se mit à manger et à boire à sa fantaisie, Il mourut à la suite de ses excès, après avoir vécu soixante-deux ans et demi, et en avoir régné près de vingtet un. Dans ses derniers moments, il sembla recouvrer le caline qu’il avait perdu, s’il est vrai qu’il fit ces vers, critiqués alors (2), et pourtant l’une des compositions poétiques les plus délicates de ce temps :
Animula, vagula, blandula,
Hospes comesque corporis, Quæ nunc abibis in (oea ?
(1) Spantien, Ælius Verus.
(2) Par Spartieu du moins.
10 Juiltet