‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 45 sur 135 · CO · texte numérisé non relu

CO

ses lett

LES ANTONINS. 243 « lettres d'un style Simple; A pardonner sans retard'à celui qui se « repent, à lire avec attention, et à ne pas mé contenter de com- « prendre superficiellément. J'ai apptis d’Apollonius à étre libre, « ferme, et non pas hésitant; à n'avoir que la raison en vue, à « me montrer égal dans toutes les circonstances dela vie, à rece- « voir les dons de mes amis sans froidèur ni bassesse; de Sextus, « la bienveillance, à l'exemple d’un‘bon père, la gravité sans art, « le soin continuel d’être agréable à mes amis, à supporter les « ignorants et les inconsidérés, à rendre aux autres ma compagnie « plus agréable que celle des flatteurs, tout en mé conciliant leur « respect ; à applaudir sans fracas, à savoir sans ostentation; du « grammairien Alexandre, à ne pas relever les mots barbares ni les « fautes contre la syntaxe et la prononciation, mais à faire com- « prendre comment on doit dire, en m’ingéniant pour répondre « ou pour fournir des préuves , ou pour développer la même idée, « exprimée différemment, où en usant de tout autre moyen qui « n’ait pas l’air d’une correction ; de Fronton, àréfléchir à l’envie, « à la fraude, à la dissimulation des tyrans, et à me convaincre que « les patriciens n’ont pas de cœur; du platonicien Alexandre, à ne « pas dire : Le temps me manque, et, sous prétexte d’affaire , à « ne pas m’affranchir des devoirs sociaux; de Maxime, à me do- « miner moi-même , à ne pas me laisser abattre par quelque ac- « cident que cé soit : il m’a enseigné la modération , la douceur, « la dignité dans les manières, à m’occuper sans me plaindre, « à n'être ni pressé, ni lent, ni irrésolu , ni irascible , ni défiant ; « à ne pas me montrer dédaigneux envers les autres, et à ne pas « me croire meilleur qu’eux ; à aimer la plaisanterie innocente. « Je me reconnais redevable comme d’an bienfait envers les « dieux d’avoir eu de bons parents, de bons précepteurs , de bons « amis, de bons serviteurs , qui sont les choses les plus désirables ; « de n’avoir offensé aucun d’eux inconsidérément bien {que j'y « fusse enclin par nature ; en outre , d’avoir conservé l’innocence « jusque dans la fleur de la jeunesse ; de n’avoir pas usé préma- « turément de la virilité ; de m’être trouvé sous la direction d’un « prince et d’un père qui éloignait de moi l’orgueil}, en me per- « suadant qu’un prince peut habiter dans son palais, et pourtant « se passer de gardes et d’habits pompeux, de torches , de sta- « tues et de tout luxe semblable; de n’avoir pas fait de progrès « dans la rhétorique , dans la poésie et études pareilles , qui m’au- « raient distrait (1); de ne pas avoir manqué d’argent, quand

(1) I ne veut pas dire toutefois qu’il ne se plût pas à ce genre d'études, car ses lettres à F ronton, dont nous avons parlé, fournigcont la preuve à du contraire.

Italie.

Provinces,

« je voulais secourir un indigent; de ne pas avoir eu besoin du « secours des autres; d’avoir reçu en songe communication des « remèdes propres à guérir mes maux; de ne pas être tombé, « en étudiant la philosophie , dans les mains de quelque sophiste, .«« et de ne pas avoir perdu mon temps à feuilleter des commen-

« taires, à résoudre des syllogismes et à discuter sur la météo- « rologie. »

Page 1