‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 81 sur 135 · JU · texte numérisé non relu

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Artaban IV.

408 SIXTÈME ÉPOQUE.

Sous Vologèse IL, une horde de Scythes envahit la Médie soumise aux Parthes ; mais elle consentit, moyennant des dons, à se retirer. Sans inquiétude de ce côté, Vologèse IIT pénétra dans l'Arménie en tuant les légionnaires, défit le gouverneur de la Syrie et marcha sur Antioche. L'empereur Vérus, ou plutôt son armée, le repoussa hors de l’Arménie, et le défit même plusieurs fois, bien qu’il füt à la tête de quatre cent mille hommes. L'armée romaine recouvra, en quatre ans , les conquêtes de Trajan, saccagea et brüla Babylone, Ctésiphon et leurs environs; mais la peste qu’elle contracta dans ces contrées et rapporta en Italie fit payer cher ses triomphes. Antonin consentit à rendre à Vologèse toutes les provinces conquises sur lui, à la condition qu’il reconpaîtrait les tenir de l’empire.

Son neveu, Ardawan, provoqua, en favorisant Niger, la vengeance de Sévère, qui, ayant poussé jusqu’à Ctésiphon , prit d’assaut cette capitale; mais à peine eut-il repassé l’Euphrate que Vologèse recouvra ce qui lui avait appartenu, à l’exception de la Mésopotamie. Rome devait comprendre qu’il n’était pas possible de conserver des conquêtes dans des contrées aussi éloignées, et fidèles au nom des Arsacides; mais peut-être sentait-elle la nécessité de combattre les Parthes, pour qu’ils ne fissent pas irruption chez elle. C’est dans ce but qu’elle ne cessait d’attiser leurs discordes ; elle excita ainsi contre Vologèse IV son frère Artaban IV, qui, à sa mort, le remplaça sur le trône. Caracalla, sous le règne de ce prince, fit son invasion déloyale, dont Artaban tira vengeance en mettant la Syrie à feu et à sang. L'empereur Macrin ayant marché contre lui, il soutint pendant trois jours une bataille des plus sanglantes , et jurait de combattre tant qu’un Parthe ou un Romain resterait debout ; mais, ayant appris que Caracalla n’était plus, il consentit, moyennant la restitution de tous ses prisonniers et une indemnité pour les pertes éprouvées, à repasser les frontières.

Les États du dernier Arsacide comprenaient les provinces occidentales de la Perse, c’est-à-dire la plus grande partie de l’Irak- Adjémi, de l’Aderbaïdjan, de lIrak-Arabie et de la Mésopotamie; mais son dernier effort lui avait coûté la fleur de ses guerriers, et le royaume se trouvait affaibli. Les mages, bien que vaincus et opprimés par les Parthes, n’avaient jamais perdu l’espoir de rétablir le culte de Zoroastre; c’est avec cette confiance qu'ils entretenaient chez les Perses le sentiment de l'indépendance. Les vaincus, faibles et divisés, se contentaient de frémir sous le joug ; mais le moment vint où Artaxar (Ardescir) changea leurs désirs

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en volonté. Ce Perse obscur, né de l’adultère (1), mais encouragé par des prédictions astrologiques à se jeter dans les tentatives les plus périlleuses, poussa ses compatriotes à recouvrer leur suprématie perdue et à faire revivre la gloire des Darius. A peine avait-il eu le courage de la rébellion qu’il fut secondé par tous les Perses. Artaban, qui marcha contre lui, fut vaincu dans trois batailles par une armée égale en nombre à la sienne, mais animée d’une ardeur bien différente ; fait prisonnier dans la dernière, il fut mis à mort. Les Parthes se trouvèrent ainsi sous la dépendance d’un peuple auquel ils avaient commandé durant quatre cent soixante-quinze ans. Seuls, les satrapes du sang d’Arsace se soutinrent dans l'Arménie, avec lappui des Romains, et bien plus encore par leur propre valeur ; si bien que, tantôt vainqueurs, tantôt vaincus, mais jamais soumis, ils restèrent indépendants jusqu’au temps de Justinien.

Après avoir relevé Pétendard de Cyrus (2), Artaxar prit le double diadème et le titre de roi des rois (schah in schah), et son premier soin fut de raviver l'esprit national, à l’aide de l’antique religion de Zoroastre, profanée durant la servitude. Il rappela les mages de toutes les parties de l'empire, pour qu’ils extirpassent lidolâtrie ; puis il réunit, dans un concile général, les soixantedix sectes qu’avait engendrées l'interprétation diverse du Zend- Avesta. On dit qu’il s’y rendit quatre-vingt mille prêtres du feu ; ce nombre fut réduit d’abord à moitié, ensuite à quatre mille , puis à quatre cents, à quarante, enfin à sept, les plus vénérés par leur savoir et leur piété. Parmi eux était le jeune saint Erdavirab, qui, après avoir bu trois coupes de vin somnifère que lui versèrent ses frères, tomba dans un profond sommeil. A son réveil, il raconta son voyage au ciel, ainsi que les choses qu’il avait vues et apprises ; elles étaient telles que tous les doutes à l'égard du véritable sens du Zend-Avesta se trouvèrent dissipés. Balk redevint le siége de l’archimage, et la hiérachie sacerdotale se répandit dans toutes les provinces , vivant du produit d’un grand nombre de

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