RÉTABLISSEMENT DE L’EMPIRE DES PERSES
(1) IL était le fils de la femme de Babec, corroyeur, et d’un soldat nommé Sassan. Artaxerxès ou Artaxar eut du premier le nom de Babecan ; du second vient celui de Sassanide, donné à ses descendants.
(2) Les historiens nationaux contemporains manquent; nous y suppléons en partie par les écrivains grecs et latins qui parlent incidemment de ces événements, ct dont les fragments ont'été recueillis dans la compilalion indigeste intitulée : Rerum persicarum historia (Francfort, 1601 ). Voyez, sur les historiens orientaux, D'HerBeLor, Bibliothèque orientale.
Voyez aussi C. F. RicuTer, Historisch-krilischer Versuch uber die Arsaciden und Sassaniden Dynastie ; Leipsig, 1801.
Arlaxar,
terres et de la dime sur les fruits et l’industrie. Tout autre culte resia interdit ; les temples des Parthes furent fermés, les images de leurs rois déifiés abattues, et une persécution terrible extermina les hérétiques, les Hébreux et ies chrétiens.
L'empire, ramené à l’unité de croyance, avait aussi besoin d’une administration vigoureuse et uniforme. Les Arsacidesavaient attribué héréditairement à leursfils et à leurs frères les provinces et les charges les plus importantes du royaume. Les dix-huit satrapes principaux (vitassi) portaient le titre de roi. Les barbares restaient presque indépendants sur leurs montagnes , ainsi que la plupart des cités grecques de l'Asie supérieure ; de sorte que l’empire des Parthes était moins une monarchie qu'un système féodal.
Afin d’abolir ce système, Artaxar parcourut les provinces à la tête d’une puissante armée, obligeant chacun à lui rendre hommage, et affermissant partout son autorité ; dès lors, il se trouva l'unique souverain de tout ce qui habitait entre l’Euphrate, le Tigre, l’Araxe, l’Oxus, l’Indus, la mer Caspienne et le golfe Persique. Afin d’assurer au pays une administration éclairée et uniforme , il promulgua un code qui dura autant que la monarchie des Perses. L'autorité d'un prince, disait ce conquérant habile, doit étre protégée par la force militaire, qui ne se soutient que par les impôts ; les impôts tombent en définitive sur l'agriculture, el celle-ci ne peut prospérer que là où olle est protégée par la justice et la modération.
Les Perses avaient perdu, en faisant la guerre, l’impétuosité fougueuse d’un peuple barbare, sans s'être perfectionnés dans la stratégie des Grecs et des Romains, et sans avoir appris à défendre ni à attaquer les places fortes. L’infanterie se composait d’une foule réunie par l'espoir du butin , et chez laquelle le nombre suppléait au courage, à la discipline. Des femmes, des eunuques, des chevaux, des chameaux, embarrassaient les marches et consommaient vivres et fourrages; mais la cavalerie était, comme elle l'est encore, la plus belle et la mieux exercée de l'Orient; elle se composait de la noblesse, qui, dès l'enfance , s’habituait au tir de Parc, à la tempérance, à la soumission, et recevait du roi les seigneuries, à charge de service militaire; aussi tous accouraient au premier appel, et leur premier choc était terrible.
Avec cette organisation militaire, Artaxar se montra menaçant pour ses voisins ; non-seulement il voulut les repousser des contrées qui lui étaient soumises et se former une frontière à sa convenance , mais encore il se proposa de conquérir tout ce qu'’avait possédé Cyrus, dont il se prétendait le successeur, Sans égard
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