‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 11 sur 79 · MINT, UNIV, == P, VIE · texte numérisé non relu

MINT, UNIV, == P, VIE

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l'égalité devant la loi, ils louent ce qui brille : la cruauté leur paraît justice ; la profusion, libéralité ; l'obstination, fermeté.

C’est à eux qu'il faut recourir pour rencontrer d’impudents panégyriques chez tout poëte, chez tout écrivain, Du reste, nous estimons peu ces auteurs, parce qu’ils ont été sans influence sur le peuple et se sont développés à l'ombre délétère du trône. Leur doctrine nous a toujours donné l’idée d’un homme robuste né sous un climat insalubre ; car les orgueilleux caprices d'un monarque à la fois pontife et roi, et le dogme absurde d'une fatalité aveugle, ne pouvaient produire

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Charlemagne, auquel il envoya une horloge à roues. Un timbre sur lequel tombaient des balles sonnait les heures; d'autres systèmes de roues indiquaient les phases de la lune et les jours de la semaine : grand sujet d’étonnement pour les grossiers descendants des barbares du Nord. Ce calife favorisa le commerce, qui devint la principale occupation de ses sujets. Zobéida, sa femme, fit construire, dans l'intérêt des trafiquants, Tauris, dans l’Aderbidjan. 11 s'établit jusqu’en Chine des relations qui procurèrent la connaissance d'arts et de moyens de fabrication nouveaux ; aussi, c’est chez les Arabes que l'on trouve mentionnés pour la première fois l’eau-de-vie, le thé, la porcelaine et autres produits de ce pays.

L'empereur grec Nicéphore Ie ayant refusé le tribut, Haroun dévasta l’Asie Mineure, assiégea et détruisit Héraclée, et envoya une flotte ravager Chypre ; entin, la paix fut rétablie aux conditions qui avaient été arrêtées entre Irène et le père du calife, Mais, comme Nicéphore ne les observa point, Haroun, pour les aggraver, exigea que le tribut fût payé en byzantins portant l'effigie de l’empereur et celle du calife, et que les envoyés chargés de l'apporter restassent esclaves. La première fois, le grand échanson de la cour de Constantincple et quatre-vingts seigneurs grecs vinrent accomplir cette mission, et Haroun leur donna la liberté, en faisant cadeau à chacun d’une chaine d'or,

I distribuait chaque jour mille drachmes aux pauvres de Bagdad, et, chaque année, tout ce qui était nécessaire pour le voyage de la Mecque à trois cents pèlerins, Très-dévot luimême, il s’y rendit cinq fois, dont une à pied, en exécution

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d’un vœu, et toujours en se faisant suivre d’une centaine de littérateurs. Arrivé à Médine, il révéra Mahomet en disant : Salut et paix à loi, prophète de Diu, mon cousin germain! Or Mousa, iman suprême, descendant d’Ali, ajouta : Salut et paix à loi, mon trisaïeul! Haroun, voyant dans ces paroles une sorte d’offense, le fit jeter en prison, où il mourut.

On peut juger par ce dernier fait que les prétentions des familles qui avaient exercé le pouvoir, et les soupçons qu’elles inspiraient, n’avaient pas cessé. Les Ommiades mettaient tout en œuyre pour recouvrer au moins quelque partie du califat, Le jeune Abderrhaman, qui, échappé au carnage de tous les siens, s'était enfui avec son frère chez Mohatviah, parmi les Bédouins et les Maures, quitta-cette contrée pour arracher l'Espagne aux Abassides, dont toute la puissance ne pui domp: ter le nouvel émir. Édris, frère de cet Abdallah qui s'était sou: levé contre Al-Mansor, ayant cherché un refuge en Afrique, s’attacha quelques tribus de Berbers, qui le prirent pour chef ; il conquit à leur tête Tlemcen ou Trémecen, et une grande partie de la Mauritanie orientale, où il commença la dynastie des Édrisites, indépendante des califes, Son fils, du même nom que lui, bâtit Fez, qu'il agrandit en y accueillant les fauteurs des Ommiades, et ceux qui succombaient dans la lutte des factions dont l'Espagne était déchirée.

Ibrahim ben-Aglab, du s°ng d’Ali, avait été chargé par Haroun de gouverner Kaïrwan et de réprimer les Édrisites; mais à peine eut-il acquis l'affection de ses administrés, qu’il se déclara indépendant tant du calife que de l’émir d'Espagne, Ses successeurs dans la nouvelle ville de Tunis étendirent leur do: mination sur une bonne partie de l’Afrique jusqu'à l'Égypte, ct portèrent même leurs armes en Sicile, sur laquelle leur

joug pesa pendant plus d'un siècle,

Les Béno-Merdar, pour se soustraire aux attaques d’Al: Mansor, s'étaient réfugiés dans les gorges de l’Atlas; après avoir réparé leurs forces, ils revinrent dans le Magreb Alaksa, à l'extrémité orientale de l'Afrique, et, se montrant tour à tour dévoués en apparence au calife-ou à l’émir d’Espagne, ils se maintinrent dans une véritable indépendance.

La tranquillité de l'Afrique était aussi troublée par les marabouts, sorte de sectaires croyant que l’homme peut, au moyen d’une vie austère, égaler la nature des anges et devenir impeccable; que les éléments contiennent quelque e chose de divin, et que le premier homme a possédé une science infuse

Factions.

Édrisites.

Aglabites,

Barnx'cides.

égalé à celle de Dieu. D'autres parmi eux; appelés kabalistes, prétendaient avoir commerce avec les anges, et se régissaient d’après’ des statuts rédigés par un certain Béni. D'autres encore, nommés sounnakites, mélaient l'idolâtrie à Pislamisme ct aux pratiques des’ juifs et des chrétiens; ils se répandirent même jusque chez les ré cite ‘dont ils adoptèrent la vie sau- Vage.

De nouveaux ennemis des Abassides parurent au centre de Asie ; les Tartares Kozars ou Turcs orientaux se précipitèrent, des contrées au delà de l’Oxus, sur Boukhara, et détruisirent Bikend.

La famille de Barmek, l’une des plus anciennes de la Perse, était parvenue à un si haut degré de faveur auprès d'Haroun, qu’il avait nommé Djafar son vizir, et confié le gouvernement des principales provinces à Mahomet et à Mousa, membres aussi de cette famille. Quel qu’en fût néanmoins le motif, l’attachement du calife se changea en une haine mortelle. Quand Djafar reçut l’ordre inattendu de se tuer, il dit à l’envoyé : J/ peut se fair qu’'Haroun ait donné cet ordre ; mais il est possible aussi qu’il n'eût pas toute sa raison. Retourne donc, et dis-lui que tu as exécuté son commandement, que ma téte est là en dehors de la tente. S'il se repent, j'existerai encore; sinon, je l’attends à la porte du divan. Djesser, étant rentré, dit à Haroun qu’il avait laissé dehors la tête du vizir : Apporte-la, que je lu voie / reprit le calife. Alors Djesser, revenant sur'ses pas, fräppa celui qui, pendant dix-sept ans, avait tenu les rênes de l'empire et disposé du cœur d’Haroun. Reconnais, chantait un poëte persan, dans le sort des Barmécides, les faveurs pores ses des roïs, et crains d’étre heureux.

Toute cette famille fut proscrite, ses biens corfisqués, ct l’on défendit même de prononcer son nom. Le vieux Mondir, un de ces hommes rares qui ont le courage de rester fidèles a: malheur, se plaça en face de leur palais désert, et se mit à vanter leurs vertus. Arrêté et condamné à mort, il demanda pour faveur dernière à dire deux mots au calife. On le lui accorda, et il s’étendit sur les services de cette famille; non content de l'écouter sans perdre patience, Haroun lui pardonna ct lui fit des présents ; mais, alors que le calife s’attendait à des remerciments, le vieillard, se prosternant à la manière orientale, s'écria : Allah ! Allah ! c'est une nouvelle faveur que je regois de la famille des Barmécides.

Haroun-al-Raschid mourut le 25 mars 808, après quarante-

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