‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 10 sur 79 · partie · texte numérisé non relu

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Dans la philosophie, leur esprit subtil prit goût à la métaphysique et à la logique péripatéticiennes ; mais, se croÿant arrivés au plus haut degré lorsqu'ils parvenaient à traduire Aristote, ils ne firent que le commenter, ét nous ne léur devons aucune théorie nouvelle. Bien plus, quoiqu'ils étudias: sent beaucoup ce philosophe, ils le comprirent peu, et, loin de leur donner quelque développement, ils ne surent pas éclaircir ses idées ; ils s'obstinent à trouver des mystères dans les choses les plus simples, et des obscurités dans des phrases

(1) Le baron de Hammer le croit d’origine persane et d’une très grande antiquité; car il l’attribue à la reine Houmaï, la Parysatis d'Hérodote, sauf, bien entendu, nombre d’altérations et d'interpolations, Le plus savant des orientalistés de notre temps, Silvestre de Sacy, a parlé dé ce recueil dans les Mémoires de l'Académie des inscriplions, On peut consulter, sur la littérature orientale, le travail récent de Günther-Wahl, 4//gemeine Geschichte der morgenländischen Sprachen und Lilteratur,

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évidentes. Averroës, qui commenta ses œuvres, y ajoute beaucoup de choses de son propre fonds, et tous s’ingénient à inventer de ces expressions et de ces formules qui endorment la raison sans la satisfaire. |

Les Arabes suivirent une meilleure direction dans l'étude des sciences naturelles. Abou Rian:al-Birouny , syagea quarante ans pour faire le traité De la connaissance des pierres précieuses, dans lequel il inséra des observations recueillies par lui-même et des faits nouveaux. Ibn-al-Bétar de Malaga recueillit des simples par toute l'Europe, puis en Afrique et dans les lointaines régions de l’Asie ; aussi consigna-t-il beaucoup de renseignements dans ses livres sur les vertus des plantes, sur les animaux, sur les pierres et les métaux ; mais dans cette partie encore, ils étaient ou aveuglés par le respect pour le maître, ou égarés par des superstitions.

En contact avec tant de pays, ils transmirent aux uns les connaissances des autres; en apportant à l’Europe les chiffres numéraux de l'Inde, que nous appelons arabes, ils lui rendirent un service immense. Ils traduisirent aussi plusieurs auteurs, mais de seconde main, c’est-à-dire du syriaque, ce qui multipliait les fausses interprétations; en outre, ils les choisissaient au hasard, et, pour en citer un exemple, ils étudièrent pour l’histoire naturelle Dioscoride, de préférence à Aristote et à Théophraste, et ils ne traduisirent ni les poëtes, ni les historiens, ni les politiques. Non moins pillards d’ailleurs que leurs guerriers, ils s'appropriaient non-seulement Îles idées, mais les ouvrages entiers des autres.

Leurs historiens, comme on a pu s’en apercevoir, n’ont aucune critique, et connaissent peu la chronologie. Dans leur ferveur pour la religion nouvelle, ils voient partout des prodiges et l'intervention immédiate de la Divinité. Les écrivains postérieurs se croient obligés de les reproduire, si même ils ne considèrent pas comme un mérite d'ajouter des circonstances plus extraordinaires ; puis, sans jamais songer à rechercher les causes des événements, il leur suffit de répéter pour toute raison : Dieu l'a voulu ainsi! Ils prodignent les éloges aux priuces, parce que, sous le despotisme, les vices qui profitent ou plaisent à quelques-uns sont appelés vertus. La guerreétait un devoir ; ceux qui survivaient à ses périls jouissaient des libéralités du prince et le portaient aux nues : les milliers de morts n'obtiennent pas un mot de souvenir. Sans aucune idée de la liberté, ni de ja première condition de tout bon gouvernemeni,

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