LES DBOUDDIIISTES DANS LA CHINE
Nous avons fait mention, en traitant.des opinions religieuses et philosophiques de l'Indostan (1), de la grande réforme de Bouddha, qui, pour rappeler ses sectateurs à un culte plus pur et à une morale d'égalité, osa déclarer la guerre aux croyances établies et aux'castes, fondement de la société indienne, Nous allons maintenant revenir à cette réforme, pour la voir sortir de son terrain natal et-se propager successivement dans Ceylan, en Chine, au Japon, dans la Corée, dans le Thibet, civiliser quelque peu les Tartares , ne le cédant à aucuné autre pour le nombre des prosélytes, et à un petit nombre pour la pureté de sa morale (2).
La grande réforme de Boudha naquit donc, à ce qu'il paré, six siècles environ avant Jésus-Christ, sur les rives du Gange,
(4) Liv. II, ch. 12.
(2) Selon Balbi, le bouddhisme FER cent soixante-dix millions de soctsteurs; selon Hassel, trois cent seize millions. Comme il s'etend à des pays non policés, on ne peut prétendre à un calcul exact.
L'histoire de cette religion était le but principal des études d’Abel Rémusat. Sa mort est venue malheureusément les interrompre; mais on a publié depuis plusieurs de ses travaux, dont nous profiterons dans la présente exposition. Le plus important est le Foé-Koué. Ki, relation des royaumes houddhiques ; voyage dans la Tartarie, dans l'Afghanistan et dans |” Inde, exécuté à la fin du quatrième siècle par Cuy-FAYAN.
et ses prédications, au midi, ne dépassèrent pas ce fleuve. Les bouddhistes, persécutés, furent contraints de céder Magada et Varnachi aux brahmines prépondérants dans ces contrées, et de s'étendre au dehors de l'Inde. Kotana devint alors le centre de leur culte; de là, se propageant dans les parties méridionale de l'ile de Ceylan, il se substitua à l’adoration de Siva et de Vishnou; puis il pénétra à Siam, dans l’Annam, dans la péninsule de Malacca et l'empire des Birmans.
Cette religion s'établit dans le Japon en 552 après J.-C. ; plus tard, dans les hautes montagnes du Thibet, où elle assit son trône ; elle gagna ensuite les plateaux élevés de l'Asie centrale, et pénétra jusque dans l'empire de Kachemire, qui était la métropole du brahmisme; s2 répandant de là dans la Sogdiane et la Bactriane, elle se rencontra avec les dieux de la Scandinavie.
Une doctrine morale s’implantait ainsi parmi des nations qui n’en connaissaient aucune; or, comme heureusement peu d'individus étaient en état d’aequérir les vertus de perfection nécessaires à l’anéantissement de soi-même, elle excita du moins à poursuivre les vertus praticables. Les austérités. du célibat induisirert à la tempérance même ceux qui ne voulaient pas se priver du sourire d’un fils; la pureté du corps devint une loi, et les animaux furent épargnés, en considération de la métempsycose.
Dès 390 avant J.-C., quelques livres bouddhistes avaient pénétré dans la Chine, où ils étaient traduits; mais soixantequatre ans seulement après J.-C. (1), l’empereur Ming-ti, de la dynastie des Han, vit en songe un homme de couleur d'or, de taille très-élevée, la tête et le cou resplendissants; ayant tenu conseil avec ses ministres sur cette vision bizarre, l'un d’eux lui dit qu’il se trouvait à l'Occident un être surnaturel, nommé Fo, dont la statue, de couleur d'or, avait six pieds de hauteur. L'empereur se rappela alors cette parole de Confucius : Le saint sera trouvé en Occident; il envoya donc quelques personnes dans l’Inde pour s’enquérir de l’être mystérieux qu’il avait vu, de ses lois et de sa doctrine. Les messagers, ennuyés d'un aussi long voyage, s'arrêtèrent dans une île, et, ayant trouvé une idole de Bouddha, ils la portèrent en Chine.
Plus tard, Bodhi-Dhorma, vingt-huitième patriarche, transporta en Chine la religion dont il était le chef, et y mourut
(1) Non pas soixante-cinq : la septième année du règne de Ming-ti.
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