‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 13 sur 146 · ES · texte numérisé non relu

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nuisibles l'ignorance et les mœurs déréglées du clergé. Avec cette liberté que l'Église toléra toujours avant l'époque de la réforme, il lui reprochait ses vices, et lui criait de s'amender. « Il écrivit aux princes chrétiens que l'Église marchait à sa « ruine, et qu'ils devaient en conséquence demander la réunion « d'un concile, dans lequel il voulait prouver que l'Église de « Dieu se trouvait sans chef, et que celui qui siégeait alors n’é- « tait pas un véritable pontife, ni digne de ce rang, ni même « chrétien (1). »

Mais les puissants et les corrompus ont-ils jamais prêté l'o: reille à la voix qui les accuse? Les fiepidi continualent à contrarier les piagnoni et à se railler du moine réformateur. De faux dévots portaient contre lui des plaintes à Rome; le moine Marino, préchant un jour devant Alexandre VI, osa s’écrier : Brdle, brüle, saint-père, l'instrument du diable ; brûle, dis-je, le scandale de toute l'Église.

Savonarole, informé de cette attaque, lui répondit dans un de ses sermons : « Dieu te pardonne! c'est lui qui te punira, et avant peu on connaîtra qui de nous deux s'occupe des affaires politiques et des institutions temporelles. » En effet, on ne tarda point à découvrir que frère Marino avait trempé dans des intrigues en faveur des oppresseurs.

Ce fut ainsi que l'enthousiasme pour le moine se soutint pendant sept années ; tandis que Rome le menaçait d’excommunication et du gibet, Savonarole disait : Je suis entré dans le cloitre pour apprendre à souffrir, et, lorsque les souffrances viendront me visiter, je les ai étudiées, elles m'enseigneront à aimer toujours, à toujours pardonner.

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