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ARTS HORS DE L'ITALIE

au Primatice. Le château de Madrid, dans le bois de Boulogne, où se trouvaient beaucoup de terres émaillées, dans le goût de Luc dela Robbia, fut construit en 1530.

‘En appelant tout à coup la France à copier l'Italie, on la priva de l'avantage du noviciat, et l’imitation empécha l'originalité. Le Florentin Rosso des Rossi, étranger à la théorie, ne croyait pas qu'il existât de peinture avant le grand'style, ne comprenait que ce qu'il savait, dédaignait quiconque ne faisait pas comme lui, et prenait.en pitié ces pauvres Français au pinceau secet dur. S'il èn accéptäit quelques-uns ‘pour élèves, c'était à condition qu ’ils renieraient les traditions” nationales et naïves, pour adopter le faire théâtral, la graride manière. Maître Roux, comme on l’appelait, préférant les talents médiocres, employa Laurent Naldini, élève de François Rustici, qui avait déjà traväillé en France, Antoine Mimi, élève de Michel-Ange, Dominique del Barbiere, Luc Penni, Bérthélemy, Miniati et François Caccianimici.

Le Primatice, qui lui succéda, dérivait de Raphaël, mais il s'était modifié, après avoir vu Michel-Angeet travaillé sous Jules Romain; il conservait de l'élégance, mais il croyait aux procédés d'école. IL eut pour collaborateurs J.-B. Bagnacavallo, Ruggeri de Bologne, Prosper Fontana, Nicolas de l’Abbate, qui tous laissèrent des ouvrages en France, au Louvre et à Saint-Denis. Vignole séjourna deux ans à Paris, Serlio mourut dans cette ville, et Cellini y eut des aventures bizarres. Si l’on ajoute à ces derniers les autres artistes qui furent appelés ou qui vinrent d’euxmêmes en France, et ceux de ce pays qui voyagèrent en Italie, on verra que l’art italien dut exercer une véritable tyrannie sur l’art français encore au berceau. Fontainebleau fut un musée d'arts italiens et de copies.

Pierre Lescot (1571) et Jean Goujon (1572) se formèrent sur cés exemples. François 1° confia au premier la reconstruction du Louvre ; la partie qu’on a conservée, et qui a servi de modèle au resté, lui fait honneur. D’un style peu correct, mais svelte et élégant, il réussit mieux dans les ornements, les eariatides, les esclaves et lés trophées. Germain Pilon, vanté par ses compatriotes plus qu’il ne le mérite, a exécuté plusieurs monuments,

Jean Cousin de Soucy, imitateur de Michel-Ange, bien qu’il n’eût jamais visité l’Italie, fut employé aux grands travaux de ce temps, aux châteaux de Vincennes, de Sens et d’Anet; il fit

l'h. Delorme,

Boullant,

les mausolées de Diane de Poitiers et de son mari,, ainsi, que celui de Charles V. On croit que. son Jugement dernier fut le premier tableau à l'huile fait en France, Son style est large, son dessin vigoureux, et son coloris plein de force ; il peignit aussi sur verre. Son meilleur ouvrage de sculpture est la statue du maréchal Chabot; il écrivit sur les proportions du corps:humain. Nous avons parlé plus haut de Léonard de Limoges et de Bernard de Pallissy, peintres sur émail. :

Tandis que la plupart sacrifiaient au style à la mode, d’autres restèrent fidèles aux vieilles traditions, évitant les grandes attitudes et lesraccourcis qui n’exprimaient rien ; les vonfréries d’artistes dans les villes de province, formées au genre de Michel- Ange , conservèrent quelque originalité.

Philibert Delorme, qui s'était formé en Italie, éleva ou restaura en France un grand nombre d’édifices; on lui doit notamment le tombeau des Valois à Saint-Denis, et celui de François I°". Catherine de Médicis, voulant avoir un palais qui l'emportât sur tous ceux qui existaient en France, le chargea de lui en élever un, à peu de distance du Louvre, sur l'emplacement d’une fabrique de tuiles, d'où il prit le nom de Tuileries. Ce pa- Jais est plus remarquable par les ornements et la richesse que par la correction ; il devait, d’ailleurs, être beaucoup plus étendu qu'il ne l’est aujourd'hui; mais Catherine s’ennuya d’attendre, et tout fut ensuite changé par d’autres architectes.

Ila écrit Sur l’art de bâtir. Ses Nouvelles Inventions pour bien bâtir, et à petits frais, consistent à substituer aux poutres ordinaires des toitures, des courbes peu distantes l’une de l’autre, et maintenues dans une position verticale par des sablières composées de deux lignes de planches minces, On peut, de cette manière, couvrir des espacestrès-étendus sans des bois d’une grande longueur, et former des voûtes qui ne sont plus embarrassées par les poutres transversales destinées à leur donnér de la solidité. 11 en existait des exemples antérieurs dans quelques églises de Venise, et Serlio en cite d’autres ; mais Delorme ne paraît pas les avoir conaus, et d’ailleurs il combina mieux sa charpente, Il est vrai qu’elle est plus coûteuse à raison du surcroîtdemain-d'œuvre, et que la poussée est plus grande sur les murs d'enceinte que celle des toitures ordinaires.

Son contemporain Jean Boullant bâtit le château d'Écouen, où le gothique etle bizarre sont mêlés à de bonnes imitations classiques et à la finesse d’exécution ; cet éditice, toutefois, n’ap-

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