‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 118 sur 245 · LES MAHRATTES · texte numérisé non relu

LES MAHRATTES

qu’il avait conquis sans elle, Mis à la tête des troupes, Z! ne convient pas de se lenir sur la défensive, dit-il ; aftaquons ! et, à Plassey, il hvra bataille au faroucne nabab, qui reçut le coup mortel. Son général Mir-Djaffier, lui ayant succédé, paya deux millions delivres sterlingaux Anglais, et 220,000 à lord Clive, outre une pension de 60,000 livres; mais les vainqueurs ne surent pas réprimer leur cupidité, et la condescendance du nabab amenant sans cesse de leur part de nouvelles exigences, il dut leur abandonner, pour sûreté des payements auxquels il s’était obligé, trois districts voisins de Calcutta, qui furent le noyau de leur futur empire. Puis, lorsqu'il commença à repousser leurs prétentions, ils le renversèrent, en lui substituant Kossim Ali-Khan, qui leur donna deux autres districts, outre des soinmes immenses aux fauteurs de la révolte, Sentant néanmoins ce'que sa position avait de honteux, il voulut enfin se soustraire à ce joug ; dans cette intention, il augmenta son armée, et, torabant sur les Anglais, il en fit un grand massacre,

À cette époque, la France et l’Angleterre étaient redevenues

* ennemies ; cependant , la compagnie française, au lieu de s’unir

aux princes du Bengale contre leurs communs adversaires, adopta une neutralité pusillanime, et refusa des secours à Souïa Al- Daoula. Ce nabab ayant donc été vaincu, les Anglais, riches et puissants, poussèrent activement la guerre pour se relever de l’humiliation où Dupleix les avait réduits ; un petit nombre de bataillons européens triomphèrent des immenses armées de deux confédérations.

Le Grand Mogol Schah-Alem IL avait été repoussé par les Mahrattes hors de Delhi même, la dernière ville qui lui fûüt restée; ils avaient mis sur le trône son fils Djewan-Boukt, Le prince déposé se réfugia auprès de Souïa Al-Daoula, nabab d’Aoud, qui le retenait dans une honorable captivité. Kossim-Ali, chassé par les Anglais, qui rendaient à Mir-Djaffier son autorité comme prince du Bengale, chercha un asile dans la même cour. La guerre en fut la suite; mais Kossim se détacha du nabab d’Aoud, et cessa d’élever des prétentions sur le Bengale. Souïa Al-Daoula se retira à Delhi, et Schah-Alem, ayant recouvré sa liberté, proposa à la régence de Calcutta, si elle le rétablissait dans Delhi, de lui donner Gazipore et Bénarès, qui leur ouvraient le Bundelcond, dont les diamants excitaient leur convoitise.

Il n’en fut pas tout à fait ainsi; mais Clive, à Allahabad, négocia un traité de paix, par suite duquel les Anglais consolidèrent et accrurent leurs possessions, et obtinrent du Grand Mogol l’inves-

{t août,

| ‘ Mabraltes,

titure des Devanties du Bengale, de Behar, d’Orissa, qui comptaient dix millions d'habitants, et donnaient un revenu net de trentesix millions de francs.

Clive, arrivé à Madras, comprit l'opportunité pour l’Angleterre de se rendre maîtresse du pays, et il écrivit à la compagnie : « Nous voici au moment que je prévoyais depuis longtemps, où « il s’agit de décider si nous prendrons ou non le tout pour notre « compte... L'empire du Grand Mogol (je n’exagère pas) peut « être demain en notre pouvoir. Ces pays n’ont d’affection pour « aucun gouvernement; leurs troupes ne sont ni payées comme « les nôtres, ni commandées, ni disciplinées. Une armée euro- « péenne peu nombreuse suffit non-seulement pour nous défendre « contre tout prince indigène, mais pour nous rendre maîtres et « redoutables au point que ni Français, ni Hollandais, ni aucun « autre ennemi n’osera s’attaquer à nous. Le nabab, dont nous « prendrons le parti, ne pourra faire autrement que de devenir « jaloux de notre puissance, ou envieux de nos possessions ; l’am- « bition, la cruâuté, l’avarice ne cesseront de conjurer notre « ruine. Chaque victoire ne nous vaudra qu’une trêve momen- « tanée; la déposition d’un nabab sera suivie de l’exaltation d’un «autre, qui, dès qu’il pourra entretenir une armée, s'engagera « dans la voie de son prédécesseur, c’est-à-dire qu’il deviendra « notre ennemi... Il faut donc que nous soyons les nababs au « moins de fait, sinon de nom... Peut-être même, sans déguise- « ment, de nom comme de fait. »

Comme on le voit, il ne faut pas imputer seulement au machiavélisme des Européens leur prédominance en Asie, mais à l’influence prépondérante qu’une volonté déterminée acquiert de sa nature sur des gens flottants et désunis comme l’étaient ces nababs, ces soubabs, ces radjahs, qui, après avoir obtenu à prix d’or leurs seigneuries d’un tyran imbécile , avaient besoin du courage et de Pavidité de tyrans étrangers pour se détruire entre eux. Les Anglais eurent l’art de masquer leur domination sous les formes antiques, en laissant subsister un soubab national ; de telle sorte que les Indiens croyaient recevoir du Grand Mogol les ordres qui en réalité venaient de Calcutta.

Quand les Anglais furent délivrés de l’inimitié des Français, ils virent les Mahrattes s’élever contre leur puissance. On appelait ainsi une ancienne tribu du Deccan, originaire des montagnes du Mabhrat, dans le royaume de Visapour ; peut-être ne sont-ils que les pirates qui, dès le premier siècle de l’ère vulgaire , infestèrent les mers de l’Inde. Population de bandits, ils fournissaient de cavalerie

mptaient | trente-

igleterre pagnie :

mps, où ur notre xs) peut on pour comme e euroléfendre îtres et i aucun nt nous devenir ; l’amr notre 10menon d’un gagera riendra abs au sguise-

nachiaà l’inde sa ababs, r leurs > et de es Anormes > sorte

Page 1