HAÏDER-ALI
excellente les princes de la Péninsule , et appartenaient à la caste de Vaishyas ; mais le père de Sévadji, soldat d’aventure au service du roi de Visapour, qui avait reçu de ce prince un jaghir dans le Karnate, avec le commandement de dix mille hommes, sortait de celle desSchatriyas. Le jeune Sévadji, ayant attiré près de lui, par sa valeur, un grand nombre de braves, sortit avec eux de Pounah, son pays natal ; il grandit au milieu des dissensions intérieures, surtout avec l’aide de bandes provenant des pays montueux , qui s'étendent des frontières du Guzzerat jusqu’à celles du Kanara, pays moins civilisés , où les mœurs sont plus farouches, et qu’il réunit en corps de nation. Il conquit une partie du Visapour, ainsi que la forteresse de Sultana, et Aureng-Zeb ne lui ayant pas opposé de forces suffisantes, il se proclama radjahmajah ou souverain ; puis, il occupa tous les ports de la côte occidentale du Deccan, à l’exception de ceux qui appartenaient aux Portugais ou aux Anglais. Aureng-Zeb fit la pàix avec son fils, en accordant aux Mahrattes leJdixième de tous les revenus du Deccan, qu’ils furent autorisés à faire percevoir par des fermiers héréditaires préposés par eux.
Jahon, petit-fils de Sévadji, étant devenu vieux , abandonna le gouvernement au premier ministre (peischwah), qui dès ce moment devint une espèce de majordoine héréditaire ; il avait le droit de nommer le grand roi, qui restait enfermé à Sattaré, tandis que le peischwah dominait, comme chef d’une oligarchie, de petits princes confédérés.
Une partie de ces chefs des Mahrattes appartenait aux castes nobles des Brahmines et des Schatriyas ; d’autres étaient d’origine récente. Les principaux formaient une confédération de douze frères, dont char: était maître absolu de son pays, mais sous la suzcraineié du rauj:à et du peïschwah. Bien que plusieurs d’entre eux fussent devenus souverains de la confédération, ils conservèrent au peïschwah les distinctions honorifiques affectées à son rang, :
Il y avait ainsi une race royale, à laquelle ne restait aucun pouvoir sur le trône de ses pères; à côté d’elle se trouvait une famille de maires du palais héréditaires. Quand cette dernière est presque légitimée par le temps, des chefs qui ont acquis de linfluence se lèvent contre leur maître et usurpent leur pouvoir, mais en conservent le simulacre et le titre; c’est-à-dire que le fait respecte le droit , et qu’à l'opposé de ce qui se passe en Europe, on y recherche la domination et non le rang.
Les troupes indigènes n’étant point payées, les princes du pays
conflaient certaines contrées à des chefs militaires, avec l’obligation de pourvoir à l’entretien des troupes. Quiconque jouissait d’une réputation de valeur trouvait donc facilement des mercenaires ; leur appui l'encourageait à usurper l'autorité, et bientôt il pouvait devenir prince d'une vaste étendue de pays, renverser l’ancien roi, ou se faire céder par lui l’exercice du pouvoir. mder-Al. C’est ainsi que fit Haïder-Ali, qui s'éleva, par ses propres forces, d’une condition des plus humbles au gouvernement de Mysore et ensuite à la souveraineté. Sans éducation, mais adroit et doué d’une mémoire prodigieuse, il apprit sept ou huit idiomes indiens, outre l’art difficile de gouverner et de se conduire au milieu de cette politique orientale si compliquée, Il encouragea l’industrie, rendit une justice sévère et impartiale; opprimant moins ses sujets que ne le faisaient les colons, il en tirait néanmoins des revenus plus considérables, sachant exercer en grand et systématiquement les déprédations et le pillage, qui sont une partie principale de la tactique indienne ; il enrôlait par masses ces castes pour qui le vol est une profession, et les protégeait ; il disciplinait ses troupes et les rendait dévouées , si bien, qu’elles purent tenir tête aux Anglais. A l'exemple de Tameflan et de Nadir, il ne voulut pas acheter la domination par des torrents de sang; comme s’il eût deviné la tactique européenne, il arrivait à l’improviste en cachant ses mouvements et en opérant avec des forces considérables ‘ sur un point donné; aussi fut-il surnommé avec raison le Frédéric de l'Orient.
Ainsi à la guerre d’Européens à Européens succédait celle de toute l’Inde musulmane. Haïder-Ali, désireux de grandes entreprises, se rendit maître du Bangalore, et laissa ce pays à titre de vassal au radjah de Mysore, qu’il défendit contre les Mahrattes ; mais, soit pour sa propre sûreté, comme il le dit, soit par motif d’ambition, il s’empara de Séringapatam , capitale du Mysore , et renferma le radjah dans le palais, sans autre droit que celui d: délivrer quelques diplômes et de faire inscrire son nom sur les monnaies. Du reste, il ne lui enleva point ses trésors, et il acheta du Grand Mogol le titre de prince de Mysore et de Séra, ainsi que celui de heft hezeray, ou chef de sept mille hommes, et de lieutenant de l’empereur.
Favorisé par la fortune , il ne tarda point à dominer aussi sur les pays de Bednor, de Kanara, Courga, Sunda, Calcutta; en proclamant que les Maldives avaient dépendu longtemps des souverains malabares, il prit le titre de roi des douze mille éles. Il se trouva ainsi posséder un revenu de 140 millions, deux cent mille
ec l'obliga-
et bientôt , renverser voir.
pres forces, > Mysore et it et doué es indiens, | milieu de ’industrie, s ses sujets es revenus atiquement ipale de la r qui le vol troupes et e aux Anvoulut pas omme sil iste en cansidérables on le Fré-
it celle de ides entreà titre de Mahrattes ;
t par motif
Mysore , et e celui d:
om sur les et il acheta à, ainsi que et de lieu-
* aussi sur ilcutta; en ps des soue éles. Il se cent mille