‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 15 sur 245 · PRUSSE,— GUERRE DE LA SUCCESSION D’AUTRICHE, — PAIX D’AIX-LA-CHAPELLE · texte numérisé non relu

PRUSSE,— GUERRE DE LA SUCCESSION D’AUTRICHE, — PAIX D’AIX-LA-CHAPELLE

Charles VI ne laissait pas d’héritiers mâles ; durant ses vingtsept années de règne, toute sa politique n’avait tendu qu’à assurer à sa fille Marie-Thérèse l’hérédité de ses possessions autrichiennes. Le roi d’Espagne d’abord, puis la Russie, le Danemark, les électeurs de Bavière et de Cologne, la Grande-Bretagne, les états généraux , l’Empire et en dernier lieu Louis XV avaient accepté cette pragmatique sanction.

C’étaient là des assurances trompeuses ; aussi le prince Eugène lui répondait-il lorsqu'il les vantait : Mieux vaudraient deux cent mille brionnettes. Eugène parlait en soldat; mais il est certain (vœu populaire à part) qu’il aurait dû préparer à sa fille une bonne armée et de riches économies pour faire valoir ce qu’il appelaitses droits ; mais c’est à quoi il n’avait pas songé, et à peine eut-il fermé les yeux qu’il surgit une foule de prétendants au patrimoine amassé si laborieusement par l'Autriche.

Dès l’âge de neuf ans Marie-Thérèse avait été élevée avec François de Lorraine, qui fut duc de Toscane; de là naquit un amour qui se rencontre rarement dans les mariages des princes. A la mort de son père , elle se nroclama souveraine des États héréditaires, et déclara son mari co-régent , ne lui laissant du reste jamais la moindre part dans le gouvernement. Mais ces pays, il fallait les acquérir, et elle n’avait que cent mille florins en caisse et trente-six mille soldats, outre les garnisons d’Italie et des Pays- Bas; de plus, la capitale était affamée , et des ennemis surgissaient de toutes parts.

L’électeur de Bavière, qui avait épousé la fille puînée de Joseph I‘, descendait de l’archiduchesse Anne, fille de Ferdinand [*, à laquelle la succession autrichienne avait été garantie

1740, 20 octobre,

Marie-Thérêse.,

Prétendants.

à défaut: d'héritiers mâles (1); ajoutez à cela que l’archiduché d'Autriche ayant été détaché de la Bavière, en 928 , celle-ci demandait qu'il lui fit retour à l'extinction de la lignée mâle.

:.: La fille aînée de Joseph [f'avait, d'un autre côté, apporté ses droits. à l'électeur de Saxe , roi de Pologne , qui de plus, comme descendant d’Albert le Dégénéré, landgrave de, Thuringe, élevait des prétentions sur l’Autriche et la Styrie, qu’il disait usurpées sur ses aïeux par Ottokar de Bohême, puis par Rodolphe de Habsbourg.

Le roi d’Espagne réclamait la Hongrie et la Bohême en vertu d’une convention entre Philippe IE et Ferdinand de Gratz; mais son but réel était d'obtenir par transaction un État en Italie pour l’infant don: Philippe: -

Le roi de Sardaigne s’appuyait sur un statut de Charles Quint de l’année 4549 pour revendiquer le Milanais ; mais le prétendant le plus fort et le plus résolu était Frédéric IT.

L’accroissement de la Prusse est un prodige de la puissance de l’homme, Ce royaume n’a ni frontières naturelles ni unité de langue ou de race ; il a été constitué uniquement par la guerre et la politique,

Par la paix de Thorn (1466) la Prusse, avait cessé d’être indépendante, puisqu’une bonne partie de son territoire avait été réunie à Ja Pologne pendant trois siècles , tandis que la partie orientale continuait d’appartenir à l’ordre Teutonique, qui reconnaissait la suzeraineté de la Pologne (2). Les Polonais voyaient de mauvais œil ces voisins menaçants; de leur côté, les chevaliers teutoniques supportaient impatiemment la dépendance; ils demandèrent en. conséquence à l’Empire que la paix de Thorn fût annulée, et refusèrent le:tribut. Il en résulta une guerre ; puis, à la paix de Cracovie ce pays fut conféré par Sigismond , roi de Pologne, à Albert de Brandebourg comme fief polonais héréditaire. Ce chef de l’ordre Teutonique sécularisa son fief au temps de la réforme ; puis, il introduisit la confession d’Augshourg, sous peine d’excommunication contre les prédicateurs qui s’en écarteraient ; Qsiander, ayant suscité des troubles pardes dogmes particuliers touchant la justification , Funk , son gendre , fut impliqué dans un procès, et l’Aérésie étouffée dans le sang.

Albert, homme faible, incessamment tourmenté par le remords

(1) C’est ce que portait la copie bavaroise du contrat ; mais les Autrichiens en produisirent un autre, où on lisait hérifiers légitimes. (3) Manso, Gesch. des Preussischen Siaats.

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