PORTUGAL
avec.un traitement énorme. Le mécontentement devint tel que la révolte éclata à Oporto; Pombal l’étouffa dans le sang, priva la ville de tous ses avantages ;, et lui infligea de lourdes amendes, Dix-huit citoyens furent envoyés au gibet, vingt-six aux galères, quatre-vingt-dix-neuf en exil. Beaucoup d’autres émigrèrent; quelques-uns errachèrent leurs vignes plutôt que de les cpltiver pour d’autres.
: I fut mieux inspiré en ouvrant le canal d’Oeyras, le seul qui existe en Portugal, eten adoucissant le sort des débiteurs insolvables. Il introduisit au Brésil les plantations de canne à sucre, de coton, de riz, d'indigo, de café et de cacao. Ses détracteurs se raillèrent de lui quand il fit construire à Lisbonne de vastes magasins pour y déposer le coton, dont dix livres furent envoyées comme essai en 4772; maisen 1806, il en arrivait déjà de cent trente à cent quarante mille balles de quatre arobes chacune, et ces vastes magasins ne suffisaient pas pour le café, le sucre et l’indigo du Brésil.
Trompé dans l’espoir de mettre la main sur les trésors des jésuites du Paraguay, Pombal chercha à annuler la cession de l’île du Saint-Sacrement, et refusa d’adhérer au pacte de famille des Bourbons. Il s’ensuivit une guerre avec la France et l'Espagne, dont l'unique avantage fut de procurer une armée au Portugal, grâce au comte de Lippe-Buckebourg, qui vainquit la répugnance des Portugais pour le service militaire; toutefois il ne réussit pas-si complétement qu’il ne fallût recourir à des enrôlements étrangers.
Joseph était tenu dans une telle A par son ministre, que les courtisans disaient : Allons trouver le roi dans su cage. Déjà privé de l’usage de la parole par une attaque. d’apoplexie, il expira en 1777, et sa fille Marie lui succéda avec son mari Pierre IL. Aussitôt le cri des peuples et des prisonniers d'État s'éleva contre latyrannie de Pombal ; or, bien qu’il eût fait trouver dans la caisse du roi 48 millions d’ cruzades et 30 millions dans celles des dîmes, il fut congédié ave: des honneurs et des pensions. Le tribunal d’incon/idensa fut supprimé, celui de la nonciature se rouvrit, on abolit la taxe du sel, et l’on signa un traité d’alliance avec l'Espagne. Comme les plaintes des huit cents personnes qui venaient de sortir des prisons d'État s’élevaient incessamment contre Pombal, une enquête juridique s’ouvrit sur son administration; condamné à faire de nombreuses restitutions, il eut encore “ se Vadearsr contre os RNA Ven friengess Le procès des pré-
Marie Ire,
les déclarèrent innocents ; il furent en conséquence réhabilités et réintégrés dans leurs charges, tandis que Pombal fut déclaré à Punanimité digne d’un châtiment exemplaire. Néanmoins, comme il pouvait répondre à chaque inculpation, Le rot l'a voulu ainsi, la reine lui fit grâce de toute peine afflictive, et lui laissa ses biens, dont le revenu s'élevait à trois cent mille livres ; il fut seulement banni à vingt lieues de la cour, et mourut peu de temps après. On ajoute que les découvertes amenées par ces procès augmentèrent lhypocondrie habituelle de la reine à tel point qu’elle ne fut plus en état de gouverner, et que, tant qu’elle vécut (jusqu’en 1846), don Juan, prince de Brésil, signa pour elle.