‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 172 sur 245 · ELLE A · texte numérisé non relu

ELLE A

sante; les. sociétés secrètes se multipliaient; les corps francs de citoyens armés, qui devaient soutenir les prétentions des patriotes , étaient en grande partie composés d’ennemis du prince d'Orange, et s’exerçaient sans cesse au maniement des armes : c’étaient chaque jour des demandes nouvelles et des rixes avec les garnisons. Les soixante-seize régents formèrent une confédération afin de pourvoir aux dangers de la patrie, et de restaurer le protestantisme et le vérit:ble gouvernement républicain.

Au milieu de tant de mouvements, l'autorité du stathouder était complétement paralysée. Quelques désordres , nés dans la province d'Utrecht à cause de la prétention émise par la ville de nommer les corps municipaux, furent imités ailleurs, et donnèrent le branle à la guerre civile. Guillaume ayant voulu rétablir l’ordre par la force, les états de Hollande le suspendirent des fonctions de capitaine général de leur province, bien qu'aux termes de la constitution il fût inamovible et souverain.

Son autorité était tellement restreinte, qu’il ne pouvait augmenter la garnison d’une forteresse sans le consentement des états. Et pourtant il était entouré d’une pompe royale; ses armoiries flottaient suv les drapeaux avec celles de la république ; on ne rendait : qu’à lui les honneurs militaires dans le palais des états, qui était sa résidence , et dont une porte nè s’ouvrait que pour lui, Comme il était difficile qu’il n’ambitionnât pas une autorité plus réelle ; d’autant plus qu’il avait pour lui la multitude, il excita une révolte populaire contrée les pensionnaires; mais la trame fut éventée , et il se transporte dans la Gueldre, où il exerça la tyrannie, ce qui ne Pempêcha point d’y trouver une opposition résolue.

Frédéric-Guillaume ; successeur de Frédéric IT et beau-frère du prince d'Orange, mettait un intérét extrême à conserver la paix; il envoya comme médiateur avec pleins pouvoirs le ministre Gôrtz, qui était bien vu généralement ; mais il ne fut pas possible de rapprocher les partis, et l'on en vint même à une véritable bataille dans Amsterdam. Le cabinet de Versailies encourageait les espérances des républicains, qui, mettant à la tête des troupes le général Van Russel, enlevèrent encore au stathouder cette portion d'autorité. La ‘Holiande arma, et étendit un cordon le long de ses frontières, sous le commandement du rhingrave Frédéric de Salm; enfin Guillaume fut déclaré déchu des fonctions de stathouder et d’amirs ul général.

La princesse sa femme, qui l’avait encou:ragé à la résista nce, . résolut de serendre en personne à la Haye, de ns l’espoir d'obtenir

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un accommodement ; mais, arrivée àla frontière, elle fut renvoyée sous escorte : affront inouï, dont elle demanda vengeance au roi de Prusse, qui, n'ayant pas obtenu satisfaction ; déclara la guerre à la république. Les Prussiens s’avancèrent en force par Nimègue, et se jetèrent hardiment sur le territoire de l’Union. Les républi-. cains se trouvèrent incapables de résister à l'invasion étrangère; le rhingrave de Salm, manquant de loyauté et de courage, laissa prendre Utrecht et la Haye; une sécheresse extrême rendit inutile la rupture des digués, et les Prussiens terminèrent en trois semaines la conquête d’un pays que les Espagnols n’avaient pu soumettre en quatre-vingts'ans, et Louis le Grand en plusieurs campagnes. Enfin, Amsterdam ayant été aussi réduite à capituler, les élats généraux s'y réunirent, et cassèrent les actes dirigés contre le prince d'Orange, qui fut rétabli; mâäis il n’obtint pas ces accroissements d’autorité qui suivent les révolutions manquées ; seulement la réunion desdignités de stathouder, de capitaine général ‘et d’amiral général lui fut garantie. Guillaume lui-même se montra modéré ; quant au roi de Prusse, il n’exigea rien pour lui, pas même les frais de campagne , mais une alliance entre lui, la Hollande et l'Angleterre; d’où il résulta que la France, après avoir vainement intrigué ét vainement menacé , perdit honteusement le fruit des sacrifices qu’elle avait faits.

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