‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 171 sur 245 · PP · texte numérisé non relu

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GUILLAUME V. Bb

les troupeaux. L'année suivante , le feu détruisit le collége de l’amirauté à Harlingen ; puis le théâtre d'Amsterdam, avec le quartier voisin; en 4774 la mer fit irruption à la Haye. Il y avait eu encore d’autres catastrophes, surtout en 4760, causées par des tremblements de terre, des incendies, des ruptures de digues ; une grêle terrible brisu les vitraux peints par Gonser: ca qui fut une perte irréparable pour l’art.

Les esprits aigris se déchaînaïent contre le fs Ar Jusqu’alors l'opposition avait été composée d’aristocrates; mais les démocrates eux-mêmes attaquèrent la puissance des magistrats, et voulurent un gouvernement plus populaire ; la France les soutint pour ruiner l’influence anglaise. Le stathouder insistait pour relever la marine et mettre les forteresses en état, et demandait de l’argent; mais les lenteurs propres à ce gouvernement et à la nation, ainsi que la mauvaise disposition des esprits, faisaient que rien ne se terminait. Le peuple criait à la trahison, et reprochait au stathouder d’avoir négligé la marine par connivence avec l’Angleterre. On voulut donc le renverser , et tous les coups se dirigèrent sur le duc de Brunswick, son bras droit, en l’accusant d’être l’auteur de cette guerre, qu'il avait toujours cherché à empêcher. Sa sévérité dans la discipline et la juridiction mili:aïire lui avait fait des ennemis; son influence prépondérante sur lesprit de son pupille avait accru l'envie. qu'il excitait. Quelques bourgmestres proposèrent au stathouder de remplacer le duc, dont l'opinion publique demandait le renvoi, par une commission permanente. de deux députés par chaque état. En vain Guillaume indigné provoqua-t-il des enquêtes qui démontrèrent son innocence ; il fut forcé de quitter le pays sans que les journaux cessassent pour cela de le harceler.

Le prince d'Orange présenta aux états généraux un premier mémoire, dans lequel il exposait avec force et simplicité l'état du pays et tout ce qu’il avait fait pour relever la marine et éviter la guerre ; il demandait que les lois le missent à couvert des attaques calomnieuses et des scandales incessants qui entravaient toute bonne mesure, et que le stathouder ne fût pas le seul obligé de recevoir impunément des injures.

Frédéric IL s’interposa plusieurs fois pour réconcilier les factions et fit entendre qu'il était disposé à défendre le stathouder conjointement avec l'Angleterre; mais les novateurs comptaient sur la France, qui leur promettait d'empêcher toute intervention.

Les journaux se déchainaient, avec une fureur toujours crouis-

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