‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 214 sur 245 · HISTOIRES PARTICULIÈRES ET CRITIQUES · texte numérisé non relu

HISTOIRES PARTICULIÈRES ET CRITIQUES

“Le:P; Jean-Baptiste Martini, de ‘Bologne, fit l'Hésfoire de la Musique; mais il se borna à celle des Hébreux et des Grecs. Détestant le mollesse de celle de son temps et surtout de la musique d'Église, il insista pour qu’elle fût raménée à la simplicité qui doit enêtrele caractère.

‘Le marquis François Ottieri, Florentin, qui avait été page de Cosme HE, retraça les guerres dont l'Italie fut le théâtre à l’occasion de là succession d'Espagne ; mais il laissa son ouvrage inachevé.’ Castruccio Buonamici, de Lucques, raconta dans un latin élégant la guerre des Autrichiens et de Charles HI; il l’écrivit dans un esprit hostile aux premiers , contre lesquels il avait combattu. Angé Fabroni, de Florence , composa en latin vingt volumes de Vies des Italiens illustres , ouvrage continuellement cité par ceux qui veulent se donner les airs de juger par eux-mêmes sans prendre pour cela aucune peine. Fabroni espère « qu’on ne

lui adressera pas le reproche d’imprudence pour dédier à Jo-.

seph Il» la Vie de Laurent de Médicis et d’autres membres de cette famille ; il promet de ne négliger aucun soin pour que le journal des gens de lettres « soit jugé digne du prince auquel il était dédié ».

Marco Foscarini , qui fut doge de Venise la dernière année de sa vie, observa la politique différente des cours près desquelles il fut envoyé comme ambassadeur, et donna des renseignements pleins de sens sur chacune d’elles. Son Histoire secrèle de la cour de Vienne (4) est surtout curieuse. Son autre Histoire de la Littérature vénitienne, qu’ilne termira point, est très-riche en documents, mieux écrite et rédigée avec plus de critique (2).

(4) « J'ai composé à Vienne l'Histoire secrète de l'empereur Charles VI. Get ouvrage a pour but de démontrer les désordres nés dans cette cour par linivoduction d'un g£:vernement composé a’Espagnols , beaucoup ayant suivi ce prince quand il quit!a l'Espagne pour venir prendre la couronne impériale. On y découvre les raisons pout lesquelles l’empereur aima tant les Espagnols, et principalement les Catalans , au point d’amenér avec lui une infinité de ces gens à Vienne, d'eù former le conseil d’Italié et de leur accorder des pensions et autres libéralités. On y trouvera le récit des animosités qui en résultèrent dans la cour entre les deux factions allemande et espagnole, les moyens de corruption, les profusions , les désordres de l'administration des financés et autres vicés qui altérèrent le gouvernement et affaiblirent tellement les forces de la maison d’Autriche que , au début de la gnerre de 1733, lors de la mort du roi de Pologne Auguste, la puissance autrichienne ne soutint pas à beaucoup près l'opinion qu’avaient conçue d'elle toutes les cours, faute de connaître suffisamment les plaies qui l'avaient minée à l’intérieur. » Archivio istorico, t. V, p. xvu.

(2) Tarlarotfi, avec qui if c'était brouillé, ayant préparé une critique de cet ouvrage, non-seulement Foscarini en fit défendre l'impression par la censure de 41,

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nommé érecento. Mais c’est ià une opinion banale.

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HISTOIRES AUTTÉRAIBES. 645

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tique a l'inconvénient d'isoler l’homme de ses contemporains : de plus, l’auteur ne s'étend pas dans ses jugements particuliers , et s'arrête sur les détails biographiques sans importance, tandis qu’il ne songe pas à donner une idée des ouvrages. L'Essai sur l'Art historique, de Galeani Napione (1773); reproduit les idées des écrivains français, notamment de Rapin, de D'Alerabert et de Hénault,

Nous aurons à parler, en nous occupant des sciences, de plusieurs autres Italiens; nous ne passerons pas ici sous silence Bértola, auteur d’une Philosophie de l'Histoire, en raison même de ce que ce titre a de présomptueux, Rabaissant les Anglais et les Français, il-croit que les méthodes les plus sûres sont celles des Italiens, qu’à vrai dire il ne définit pas. Dans son premier livre, il traite des causes ; dans le second, des moyens; dans le troisième , des effets. Or. il appelle causes les climats; les ins-

titutions , les religions, les guuvernements, les usages, là poh- .

tique ; ce sont des amplifications sur les thèmes connus de Machiavel, de Bodim, de Montesquieu. Les moyens sont d’autres causes secondaires, comme les guerres, le commerce, les colonies, les arts et les sciences, les caractères; toutes choses qui viennent pêle-raêle et qui servent de titre à de petits chapitres composés de vagues réflexions. L'auteur examine dans les cinq chapitres de l'Analyse des effets les époques florissuntes, les conquêtes, la décadence, les révolutions et les ruines. Il termine en proclamant la perfection actuelle des systèmes politiques, qui garantit désormais les peuples contre tout bouleversement ; selon lui, peu de réformes restent à accomplir, et ‘elles s’opéreront paisiblement. Quant à une révolution, l’Etroge n’a plus

à la redouter. C'était en l’année 1787 que Bertola s’exprimait ainsi.

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