ARCHÉOLOGIE: NUMISMATIQUE
L'amour désintéressé dela science portait les Allemands à méditer sur les découvertes des autres et à y appliquer leur.critique subtile et hardie ; aussi euvent-ila bientôt créé une science nouvelle, la linguistique. :
«Déjà Leibnis avait émis des idées très-élevées sur a philologie, etreconnu que les langues pouvaient aider puissamment l’histoire des temps reculés; et offraient le meilleur, moyen de vérifier la parenté des peuples, Les connaissances positives, durent les plus notables progrès aux cinq savants,au nombre desquels se trouvait Niebübr, envoyés en Orient par Frédéric V, roi de Danemark, pour connaître les idiomes, lhistoiré, les monuments de lArabie et: de l'Égypte. Pallas publia en 1786- son, Vocabulaire de loutes les Langues du monde, et en 1800 l'Espagnol Hervas le: Catalogue des Langues des nations connues; Adelung fit paraître à Berlin'son Mithridates, en 4804. Pendant que ces écrivains, Fréretet:d’autres constataient le. parti q’il était possible de tirer pour notre histoire de celle de l'Orient, les philosophes espérèrent y trouver à l’égard des sciences et de l'humanité
. des origines en contradiction avec celles qui sont indiquées par
le Bible; ils se hâtèrent donc de conclure avant d’avoir vérifié les prémisses,
La numismatique fut aussi ramenée à sa véritable fonction; qui êst de venir en aide à l’histoire. Ézéchiel Spanheim en avait décrit presque toutes les parties (De Usu et præstantiu Numisrmatum) ; mais on avait fait depuis lui une foule de découvertes. Les savants Mémoires de Vaillant à l’Académie française accoutumèrent cette science à plus de rigueur, surtout pour les séries des souverains. Pellerin étudia les médailles autonomes, c’est-à-dire frappées par des villes ou des États sans nom de prince. Barthélemy en élucida la paléographie avec. une érudition plus étendue. :
Joseph Eckhel, jésuite autrichien, songea à former un ensemble de toute la science numismatique; il fit connaître, dansles Nuremi vetéres, anecdoli, plus de quatre cents médailles inédites, et donna à la suite de. cet;ouvrage le, catalogue du cabinet de. Vienne, puis la Doctrina Nummorum (1792-1798), où la numismatique est embrassée dans son entier, Il. adopta l’ordre géographique de Pellerin en l’améliorant, et distribua les médailles romaines, selon les fastes, en apportant dans la discussion de la critique, de l'esprit, une érudition, étendue et pourtant sans étalage; ‘aussi
pourra-t-on corrigerpar la suite quelques erreurs dans son œuvre, y combler des lacunes, mais il-sera difficile de. lui et à le premier rang dans ce genre de travail. à
Dominique Sestini, de Florence, s’étant adonné tout ensemble à l’histoire naturelle et à la numismatique, rendit à ces deux sciences des services par ses voyages, qu’il poussa jusqu'en Orient, et dont il écrivit le récit. Chargé par le ministre britannique Ainslie de faire une collection de médailles grecques et romaines, il prit beaucoup de goût pour cc genre d’études, et donna la géographie numismatique (Classis generalis Geographiæ numismaticæ populorum et regum), et ensuite plusieurs descri iptions de musées et de médailles, Il a décrit, en outre, toutes les médailles connues, dans le Système géographiodnumamatique, en quatorze volumes in-folio, resté manuscrit.
L’ardeur avec laquelle on recherchait les médailles antiques fit naître l’idée d’en fabriquer de fausses. Dès 1565 Jean Cavino, dit le Padouan, habile graveur, associé avec Alexandre Bassiano, en fit de grecques et de romaines, que leur bizarrerie fit rechercher davantage des amateurs. D’autres imitèrent cette fraude, principalement le Parmésan Michel Desrieu, Français établi à Florence, Carteron en Hoilande, à Lyon Cogonière, qui contrefit les médailles extrémement rares des trente tyrans; l'Allemand Werber, mort à Florence, et Beeker, le plus célèbre de tous. Dès lors, ce ne fut pas la tnoïindre tâche du numismate que de distinguer les médailles fausses des vraies.