ALBÉRONI
sabeth Farnèse, des duché: de Parme et de Plaisance, en y joignant la Toscane; à rendre l’Italie indépendante, par lexpulsion des Autrichiens, contre lesquels il se proposait d’exciter Victor-Amédée, tandis qu'ils se trouvaient occupés contre Turcs; une flotte espagnole reçue dans les ports de Sicile jee secondée par les mécontents du royaume, les chasserait Le Naples ; alors la Sardaigne serait réunie à la Sicile, Naples et & ports toscans à l'Espagne; Comacchio devait être restitué ? pape , le duché de Mantoue partagé entre les Vénitiens et le du de Guastalla, les Pays-Bas catholiques entre la France et la Hollande.
Dans ce but, il feigmit de caresser l'Angleterre en écartant les motifs de plaintes et en lui assurant les avantages stipulés par le traité d’Utrecht; mais en même temps qu’il se conciliait ainsi le ministère whig dirigé par Townshend et Walpole, il favorisait sous main le prétendant, et ménageait en secret une réconciliation entre le czar et Charles XIE, afin de les pousser contre George K*', et rétablir Stanislas sur le trône de Pologne. Georges en prit ombrage , et de là son alliance avec PAutriche pour la défense réciproque de leurs possessions présentes et fu-
Traité de Westminster,
25 mars.
tures, phrase qui faisait allusion à la Sicile, toujours convoitée
par les Autrichiens.
Albéroni comptait plus encore sur les intrigues que sur les armes ; ik excitait les Hongrois et les Turcs contre l’Autriche, et donnait la main aux jacobites en Angleterre, puis il ourdis-
‘sait une trame en France pour surprendre le duc d'Orléans,
lui enlever le jeune Louis XV, convoquer les états généraux, et leur faire nommer pour régent le roi d’Espagne. La duchesse du Maine était le centre de cette conspiration, où trempaient un certain nombre de grands seigneurs, surtout en Bretagne. La correspondance des conjurés avec la cour d’Espagne passait par l'entremise du prince de Cellamare, ambassadeur à Paris, et déjà l’on se promettait une révolution intérieure, que devait favoriser le mécontentement universel; mais l'abbé Dubois, l’âme damnée du duc d'Orléans, intercepta des lettres qui offraient la preuve, sinon d’une conspiration véritable , au moins d’intelligences et d'offres de service; en conséquence, la duchesse du Maine fut arrêtée , ainsi que le prince de Cellamare et d’autres personnages.
Le duc d'Orléans pardonna ; mais il ne vit de salut pour lui contre les trames d'Albéroni que dans une alliance avec PAngleterre , {quoique l'opinion publique se récriät contre cette ligue
Triple alliance,
2 août.