‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 76 sur 245 · RUSSIE, CATHERINE · texte numérisé non relu

RUSSIE, CATHERINE

habileté. Suivi d’unepoignée de soldats, il commença par essayer de délivrer Ivan ; mais les deux officiers qu'on avait ensevelis avec lui pour le garder avaient ordre de le tuer si jamais l’on tentait de l'enlever. Ils exécutèrent leur consigne. Mitrovitz rendit aussitôt son épée, et fut condamné à mort. Les deux meurtriers d’Ivan furent récompensés, et ses parents renvoyés en Danemark; on répéta que c’était un coup préparé par Catherine , et qu’elle avait promis à Mitrovitz de lui faire grâce.

Comme la cour n'avait pas fait célébrer de messes pour Pierre IE, ce fut un motif pour supposer qu’il n’était pas réellement mort, et sept imposteurs au moins se présentèrent successivement sous son nom. Le premier fut un savetier de Woronia , qui finit aussitôt sur l’échafaud; puis vint un déserteur sur les frontières de Crimée, nommé Zernichef, qui subit bientôt ia mort. Étienne Petit, médecin, déserteur croate, s’étant donné pour le czar, fut fait colonnel par les Monténégrins, qu'il suida dans la révolte jusqu’au moment où il périt,

Quatre faux Pierre, en outre, parurent en 1772 : un chez les Cosaques, et ilexpira sous le knout ; l’autre dans les mon‘: Nurals, et il prit la fuite ; un troisième, qui s’était échappé de orissn, fut aussi mis à mort. Les Cosaques du Don et de l’Ourai ayant envoyé des plaintes sur la violation de leurs priviléges, leurs députés furcat chassés à coups de bâton ; ils résolurent donc, pour se venger, de mettre en avant un faux Pierre, qui réclamerait le trône, non pour lui, mais pour le czarowitz Paul. Ge rôle échut à fémélian Pougatchef, que soutinrent deux hommes habiles, Krasnoborodko et Perfiliof. Ce dernier fut arrêté, mais relâché en considération de son esprit d’intrigue, à la condition de faire avorter la révolte; au contraire, à son retour, il annonça qu’il avait eu des entretiens avec le grand-duc, lequel PRORIERERR de venir bientôt à la tête d’une armée. (en fut assez pour #6: “oître le nombre des partisans du prétendu Pierre Ill, qui, lançaut des manifestes , promulguant des ukases, releva ses sujets du serment prêté à l’usurpatrice, Afin que les Allemands ne pussent découvrir qu’il ignorait leur langue, il les envoyait au supplice ; pour faire croire qu’il était soutenu par l'aristocratie russe, il donna à ceux qui l’entouraient les noms moscovites les plus illustres, et fit battre monnaie, avec l’exergue Petrus rédivivus et ultur. Bientôt il se trouva suivi d’une armée formidable de Kalmouks, de Cosaques et de Baskirs, avec une artillerie de soixante-dix canons ; les insurgés, retranchés derrière des remparts de glace, repoussaient les troupes qui se renouvelaient contre eux, en sorte qu'ils prirent Kazan et la

livrèrent aux flammes ; mais, quand les Russes eurent conclu la paix avec la Turquie, on parvint à éteindre un incendie qui jetait l’effroi dans Saint-Pétersbourg. Bien que les Kalmouks veillassent fidèlement à la garde de Pougatchef, il finit par être pris et mis à mort, ainsi que ceux qui l’avaient aidé. Cent mille personnes avaient péri, plusieurs villes étaient détruites ; pour en effacerle souvenir, ca abolit le nom de Jaïk, en lui substituant celui d’Oural.

La Russie occupait déjà un huitième de l’Europe , mais elle ne comptait que vingt millions d’âmes ; c’était à peine cinquante habitants par myriamètre, tandis que la France et l’Angleterre en avaient deux mille. Cet empire était une agglomération de nations différentes d’usages, de traditions, de religion, souvent nomades et parlant un langage qu’on n’entendait pas à Pétersbourg. Le commerce n’y consistait guère qu’en matières brutes, et l'empire n'avait pas plus de cinquante mille roubles de revenu. Catherine aurait dû maintenir la paix, puisque l’ermapire n’avait pas besoin de s'étendre, mais de se civiliser ; elle fit cependant des guerres continuelles, dont le résultat se chargea de la justifier.

Non contente de régner despotiquement en Russie , elle voulut dicter à à l’Europe ses volontés absolues, comme Louis XIV et Napoléon ; ; elle médita en conséquence une confédération des puissances du Nord entre la Russie, la Pologne, la Suède, le Danemark, la Saxe , la Prusse etla Grande-Bretagne, pour faire contre-poids aux maisons d'Autriche et de Bourbon ; mais elle ne la réalisa point. Tuutefois elle ne laissait échapper une occasion d’exercer son action sur ses voisins. Continuant les projets de Pierre le Grand, elle ménagea l’Angleterre, à qui elle accorda des avantages commerciaux ; elle mina l’influence française, intimida la Prusse,'et en mème temps encouragea l'Autriche ; fomentant les discordes de la Perse pour serapprocher de l’Inde, elle renoua des relations avec la Chine et le Japon, et surtout elle battit en brèche la puissance des Turcs.

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