‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 101 sur 146 · Élée ou Vélia, par les Phocéens · texte numérisé non relu

Élée ou Vélia, par les Phocéens

610, Posidonie ou Pæstum, par les Sybarites.

4hh, Thurium, par les Athéniens.

433, Héradlés dé Lucanie, par les Tarentins.

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Comme il n’entre pas dans notre intention de parler de toutes ces cités, sauf les principales , nous dirons que les colonies doriquesn'eurent pas 7 centre commun, maïs des communications fréquentes entre ee: et avec la Grèce et la Sicile : elles brillèrent par l’éloquence etla poésie, eurent un grand nombre de vainqueurs dans les jeux Olympiques, une célèbre école de médecine à Crotone ct des législations renommées. Tarente fut fondée par ces Parthéniens ou bâtards nés de l’adultère légal des femmes spartiates, durant la guerre de Messénie, Devenue, après avoir dompté les Messapiens , les Lucaniens et d’autres peuples des environs, l’une des villes maritimes les plus considérables , elle jouit d’une très-grande prospérité, surtout entre le cinquième et le quatrième siècle avant J.-C. Ses richesses la corrompirent, mais non pas autan’ que ses vainqueurs voulurent le faire croire, car elle se conserva indépendante jusqu’au ternps de Pyrrhus. Les Tarentins avaient apporté de leur patrie le culte d’Apollon Hyacinthien et le gouvernement aristocratique tempéré, que, dans la suite, après la guerre persique, ils remplacèrent par une démocratie modérée. La moitié des magistrats était tirée au sort , l’autre, élue à la piuralité des voix ; la guerre ne pouvait être déclarée que du consentement du sénat. Tarente donna le jour à d’illustres citoyens, parmi lesquels elle compta le pythagoricien Archytas , mathématicien fameux (1), qui fut souvent à la tête de l'État et des armées.

Les Achéens, unis aux Locriens, fendérent Sybaris , qui , s’élevant promptement au plus haut dep: de splendeur et de luxe, vit s'accoître considérablement sa population; elle étendit son autorité sur quatre nations voisines et sur vingt-cinq cités. La plaine qui s'étend entre le Crathis et le Sybaris était un marais malsain , que les Sybarites étanchèrent au moyen de canaux qui en avaient

GRANDE CRÈCE.

(1) L'ode dans laquelle Horace fait parler Archytas, mort depuis longlemps, est, selon toute probabilité, une traduction ou une imitation d’une œuvre grecque. Ces premiers vers :

Te maris el lerræ numeroque carentis arenæ Mensorem cohibent, Archyta,

font allusion, selon nous, non à des opérations géométriques faites par ce philosophe, mais à quelque solution ingénieuse trouvée par lui sur le sable; cest sur le sable aussi que travaillait Archimède quand il fut tué par un soidat romain. Voy. liv. IV, chap. xxn, du présent ouvrage (tome TE, p. 240-245).

Tarente.

Sybarie,

Crotone.

fait une des belles et des plus florissantes contrées, et qui, :£gligés plus tard, l’ont rendue pestilentielle, Ce que l’on a raconté de la mollesse de cette ville est connu de tout le monde : ses citoyen: avaient l’habitude de faire leurs invitations une année à avance, pour avoir le temps de mettre à cortr:bution l’air, la terre, Veau, et de préparer des vêtements hrodés de pierres précieuses. On présentait aux convives la liste des personnes et celle des mets pour qu’ils pussent se régler en conséquence. Aucun métier bruyant ne devait troubler le sommeil des habitants ou leurs plaisirs licencieux; ils bannirent jusqu’aux coqs. On parlait d’un Sybarite qui n’avait pu s'endormir parce qu’une feuille de rose s’était repliée sous lui ; un autre gagna la fièvre en voyant un paysan se fatiguer au travail : diffamations sans motif peut-être, mais à coup sûr entachées d’exagération; la seule vérité que nous en puissions recueillir, c’est la grande richesse du pays , qui en était redevable au commerce , surtout à celui des vins et des huiles qu’il faisait avec Carthage.

L’aisance , la fertilité du sol, la facilité avec laquelle on accordait le droit de cité, accrurent tellement la population que, suivant Strabon (1), les Sybarites auraient mis sous les armes trois cent mille guerriers. Ils essayèrent de faire tomber les jeux Olympiques, en instituant dans leur ville d’autres jeux d’une plus grande magnificence et avec des récompenses plus splendiies. Leur gouvernement fui une démocratie tempérée, jusqu’à l'époque où Télys y exerça la tyrannie, après avoir chassé cinq cent: êes principaux citoyens.

Les bannis se réfugièrent à Crotone, colonie achéenne, conduite par Miscellus et Archias, et si puissante que, dès le premier siècle de son existence, elle arma contre les Locriens cent vingt mille hommes. Bien qu’elle eût alors éprouvé une défaite, elle assaillit avec des forces presque aussi nombreuses Sybaris, qui avait mis à mort les députés venus pour réclamer le rappel des bannis ; elle triompha de sa rivale etla détruisit entièrement.

Tite-Live donne à Crotone le périmètre. de douze milles, et son sénat, dit-on, se composait de trois cents ou mille membres. Les anciens la proclamaient belle, vaste, éclairée, riche, heureuse; on disait que la peste ne l’avait jamais envahie, d’où le proverbe : Nil Crotone salubrius. L'autre proverbe, que le dernier des Crotoniates valait autant que le premier des Grecs , dérivait de ses nombreux athlètes qui, en vingt-sept olympiades, rem-

(1) STRauon , VI, p. 264,

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portèrent treize fois le grand prix dans les jeux Olympiques. Milon combattit contre un taureau, et; l’enlevant sur ses épaules, fit ainsi avec lui le tour de l’arène ; puis, l’ayant tué d’un coup de poing, il le mangea dans la journée. Le toit d’une école s'étant écroulé , il le soutint sur ses épaules, jusqu’à ce que tout le monde fût en sûreté; ayant enfin voulu fendre un arbre, ses mains restèrent prises dans le tronc , et il fut dévoré par les loups. La beauté des hommes avait tant de renom que les Égestans, bien qu’ennemis de Crotone , rendirent à Philippe de cette ville, un culte divin après sa mort, comme à l’indi lus beau de son époque; Zeuxis', à la vue des jeunes Cr tant dans le gymnase, se persuada que leurs sœurs ( les attraits les plus rares , et il les choisit pour mo enus qui fut regardée comme le chef-d'œuvre de lantiqu

Le gouvernement de Crotone étui ie démocratie tempérée, dont les bases avaient été posées par Pythagore , homme ou symbole , auquel toutes les cités de la Grande-Grèce faisaient honneur de leurs constitutions. On dit qu’il forma la société secrète des pythagoriciens , moins dans le but de changer la forme des gouvernements que dans celui de créer des hommes capables de les diriger. Mais un certain Cylon, homnie riche et immoral, qui avait en vain demandé à être admis dans cette société, souleva le peuple contre les philosophes politiques ; ils furent persécutés jusqu’à la mort, leursinstitutions abolies, et tout tomba dans la confusion (1). Les ambitieux en profitèrent pour s’emparer du pouvoir dans les principales villes ; Clinias se fit tyran de Crotone, d’autres limitèrent ailleurs , et partout éclata la guerre jusqu’à ce que s’entremissent les Achéens pour ramener la paix. On adopta alors les lois de la mère patrie, et une ligueentre plusieurs villes, à la tête de laquelle il semble que Crotone ait été mise, fut jurée dans le temple de Jupiter Homorius. Les choses durèrent ainsi jusqu’au quatrième siècle, époque où les tyrans de Syracuse d’abord, puis Rome, lui ravirent son indépendance; sa décadence fut telle que Pétrone l’appelait un champ de cadavres rongés et de corbeaux affamés.

Il est difficile de distinguer la vérité des fables dans les tradi-

(1) Comparez, au sujet de Pythagore ct du gouvernement des pythagoriciens : Heyxe, Opuscula academica , HW; Mewers, Geschichle des Ursprungs Fortgangs et Verfalls der Wissenschaften in Griechenland und Rom, etc., 1, 401, 464, 469 ; Muzcen, les Doriens, Il, 118; WELKkeER, Pr'oleg. ad Theogn., XLIT; mais surtout A. B. Kniscne, De societatis a Pythagora in urbe Crotona condilæ scopo polilico; Güttingue , 1830.

Pythagore.

Charondas,

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