‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 27 sur 146 · STRABON , IV · texte numérisé non relu

STRABON , IV

(3) VALÈRE MAXIME, II, vi, 7.

(4) Ibid.

(5) Ubitu es, qui colere mores massilienses postulas!

(Psaure, Casina, act. IV, sc. 1v.)

(6) J, Lecewez a publié en 1837 un livre intitulé : Pythéas de Marseille ( Paris , in-8° avec cartes), où il revendique pour Pythéas la confiance que lui refusèrent Polybe, Strabon et plusieurs modernes, entre autres le savant Gossellin. Iltrace exactement le voyage de ce Massaliote, qui côtoie l'Ibérie jusqu'aux colonnes d'Hercule, double le promontoire Sacré (cap Saint-Vincent), et rase, sur l'Océan, les côtes de la Gaule celtique jusqu’au Finistère. Laissant alors la route des Carthaginois, que le commerce avait déjà conduits jusqu'aux Cassitérides (îles Sorlingues) et au cap Bolérium (côte de Cornouailles), il se dirige

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Un autre de ses grands navigateurs, Euthymène , explora les mers du midi (1). |

Éphèse était l’émule de Phocée et de Milet , sans faire un aussi grand commerce ; mais, lors de leur chute, elle s’éleva au point d’être considérée , du temps des Romains, comme la principale ville de l’Asie Mineure. Les Ioniens s’en emparèrent sur les Cariens; Crésus lui ravit son indépendance en 560, puis elle passa sous la domination des Perses. Gouvernée par les grands, qui composaient le sénat (yepouata), sous la présidence des épiclètes (éxixAnrat), elle était fameuse par son temple de Diane, qui remontait, comme nous l’avons dit, à une époque très-ancienne, et qu'Érostrate incendia, dit-on, pour rendre son nom immortel. IL parvint à son misérable but; mais le temple fut réédifié avec plus de splendeur et d’élégance qu’auparavant (353).

Une loi des Éphésiens enjoignait à quiconque l’emportait sur les autres en esprit ou en vertu d'aller se faire admirer ailleurs. osant ainsi professer ouvertement ce que d’autres républiques pratiquaient sans le dire.

Parmi les villes insulaires, Samos mérita le premier rang par son commerce et sa puissance maritime : elle forma des établissements en Crète, en Sicile, en Égypte, et ses navires, poussés par la tempête au delà des colonnes d’Hercule, recueillirent à Tartesse, en Espagne , plus d’or que n’en possédait toute la Grèce ; cet or fut employé à la construction du temple de Junon, l’un des plus fameux de l'antiquité. On admirait une digue que les Samiens avaient opposée aux flots de la mer, et Mandroclès, leur concitoyen, jeta pour Darius un pont sur le Bosphore. Rhœcus et Théodore perfectionnèrent l’équerre , le niveau et autres instruments mécaniques, comme aussi la fonte du fer. Les vases fabriqués à Samos passèrent en proverbe. On dit qu'Homère , recueilli

au nord jusqu’au détroit, et côtoie la partie orientale de la Grande-Bretagne; parvenu à l'extrémité, il vogue en pleine mer, et, après six jours de navigation, il gagne l'ultima terrarum Thule, c’est-à-dire l’Islande, ou plutôt une des iles Féroë ; Pythéas s’en éloigne sans l’avoir reconnue , se rapproche du continent européen, et, courant vers le nord, pénètre dans la Baltique jusqu’à l'embouchure de la Vistule.

(1) L'inscription qui se trouve sur l'hôtel de ville de Marseille, mérite d’être citée :

MASSILIA PHOCENSIUM FILIA ROMÆ SOROR CARTHAGINIS TERROR ATHENARUM ÆMULA ALTRIX DISCIPIINARUM GALLORUM AGROS MORES ANIMOS NOYO CULTU ORNAVIT ILLUSTRAVIT QUAM 80LA FIDES MUROS QUOS VIX CÆSARI CESSERAT CONTRA CAROLUM V MELIORE OMINE TUETUR OMNIUM FERE GENTIUM COMMERCIIS PATENS EUROPAM QUAM MODO TERRUERAT MODO DOGUERAT ALERE ET DITARE GAUDET,

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dans sa vieïllesse par Cléophile, y termina $a carrière; c’est 1à que naquit Pythagore.

Le tyran Polycrate voila la dure ‘servitüde de l'éclat des victoires; il étendit la domination de Samos sur les îles environnantes, et aspira à la souveraineté de l’Ionie. Son frère Syloson reconquit, avec l’aide des Perses ; la malheureuse Samos , qui avait secoué le joug, et la ruina entièrement; ellé’ tomba ensuite sous la dépendance des Athéniens, qui la dotèrent du gouvernement populaire , et firent de son port le rendez-vous de leurs flottes durant la guerre du Péloponèse.

Samos avait pour rivale en richesse l’île de Chios, l’une des plus puissantes de la mer Égée. Les esclaves, qui sy trouvaient on très- grand nombre, se soulevèrent plusieurs fois; on y célébrait , tous les cinq ans, des j jeux en l’honneur d'Homère, que les insulaires alfirmaïent avoir été leur contitoyen. Oyrus leur ayant demandé de remettre entre ses mains Pactias, qui, après le soulèvement des Lydiens contre les Pérses, s'était réfugié au pied des autels de Chios, ils obéirent, et obtinrent pour récompense l’Atarnée , pays de la Mysie; mais ils conçurent tant de honte de leur faiblesse qu’ils n'osaient plus , dans leurs sacrifices, faire usage de l’orge de cette contrée. Quoique tombée sous la domination des Perses, elle put fournirquatre-vingt-quatre voiles sur les cent quatre-vingt-trois bâtiments armés par huit villes de l’Tonie contre les conquérants , et prétendre même à l'empire dela mer.

Les Doriens fondèrent , plus tard que les Toniens , des colonies sur la côte méridionale de la Carie et dans les îles ‘de Cos et de Rhodes. Desrivages du Péloponèse, ils allèrent, non pas d’uné seule fois , mais peu à peu , s'établir dans plusieurs des îles de Archipel, et gagnèrent même les côtes de T’Asie, où ils bâtirent Cnide et Halicarnasse ; puis Talyse , Camire et Linde, dans les îles de Rhodes et de Cos. Cnide, patrie de l’historien Ctésias et de l’astronome Eudoxe , était célèbre par son temple de Vénus Euplée (Eërdow), où l’on admirait la statue de la déesse, due au ciseau de Praxitèle, Les six colonies doriennes possédaient en commun , pour les assemblées et les fêtes nationales, le temple d’Apollon Triopien, Halicarnasse en fut exclue dans la suite, parce qu’un de ses citoyens, au lieu de déposer dans le temple le prix de la victoire , l’'emporta dans sa maison et l’y suspendit comme un trophée : tant ces confédérations étaient jalouses de conserver la communauté ! Comme les colonies éoliennes, celles des Doriens tombèrent sous la dépendance de Grésus, et passèrent ensuite sous celle de Cyrus.

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COLONIES GRECQUES. 1935 Rhodes futconstruite après l’invasion de Xerxès, dans l’île ainsi

nommée du parfum de ses roses; on l'appelait encore l’Épouse du

Soleil, parce qu’il ne se passait pas un jour sans qu’il y brillât. Là s ’arrétaient les bâtiments qui, de la Grèce, faisaient voile vers l’Égypte. Son colosse (1), 1) fut, mis au nombre des merveilles du niorde, et sa législation commerciale resta longtemps la règle des transactions entre les négociants de la Grèce et de Rome (2). ). Le fils était obligé de payer les dettes de son père , renonçât-il à la succession.

Lorsqu'il fällait jeter des marchandises à la mer pour échapper

au naufrage, ou payer rançon à des pirates dommage devait être réparti sur tous les propriétaires de la cargaison ; à cet effet, l’état du navire et de ses agrès était constaté au moment du départ; la loi déterminait en ontre les conditions des contrats , les salaires, ce qui concernait !: s gens de l'équipage et le chargement. Aucune convention n’était valable qu’autant qu’elle avait été transcrite sur le registre public. Avant l’exécution de toute sentence capitale , le condamné était rayé du nombre des citoyens, et le bourreau ne devait pas exercer son office dans l’intérieur de la ville, Les obsèques de ceux qui mouraient pour La défense de la patrie étaient à la charge de l’État, qui donnait une dot à leurs filles et une armure complète à leurs fils.

Les Romains, sous Claude , adoptèrent les lois maritimes de Rhodes, et accouraient dans ses écoles pour apprendre la philosophie , l’éloquence et les beaux-arts. Les Rhodiens accueillaient les étrangers avec une généreuse hospitalité, faisaient la chasse aux pirates, et, comme tous les peuples commerçants, cherchaient à conserver la paix, et même à vivre en bonne intelligence avec les rois perses; mais l’opulence et le concours des étrangers finirent par corrompre leurs mœurs. Ils sacrifiaient d’abord un homme lors des fêtes de Saturne; plus tard la victime fut un condamné; enfin cet usage cessa,

Rhodez, dans le voisinage des Pyrénées, fut une colonie des Rhodiens, comme aussi Parthénope et Salapia en Italie , Géla et Agrigente en Sicile. Nous auro®s plus tard à parler de leurs désastres.

(1) Haut de 33 mètres. Il fut commenté par Charès de Linde, 300 uns avant 3..C., ettorminé par Lachès, douze ans après cette date.

(2),En 1782, l’Académie des inscriptions et belles-lettres mit au concours celte question : Quelle a éfé l'influence des lois maritimes des Rhodiens sur la marine des Grecs et des Romains, el l'influence de la marine sur la puissance de ces peuples ?'Le prix fut remporté par Pastoret. — Voy. anssi LEUN- CLAVIUS, Jus græco-romanum. — Tara, Contrattazioni maritime. — Mo- RIZT , Histoire du monde maritime, el le.liv. LV, ch. xn, de cel ouvrage,

Rhodes.

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Loi rhodienne.

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