LS AR OR AE PREMIER
exhortant les guerriers au combat. Comme il demandait qu’on lui
décernât une couronne d’olivier, elle lui fut disputée dans Fas-
semblée par Socharès, qui lui dit : Tu aurüs seul les honneurs suand tu vaincras seul: tant les Athéniens étaiént alors avares de ces honneurs si prodigués depuis!
Miltiade conduisit aussitôt soixante vaisseaux contre les îles pour les punir de leur manque de foi ; mais, l’expédition ayant essuyé un échec à Paros, il fut accusé de trahison et condamné à supporter les dépenses de Parmement. Comme ilétait trop pauvre Mort de pour les payer, ôn le jeta dans une prison, où il mourut : telle M fut la finde celui qui avait préféré au pouvoir dans la Chersonèse
l'égalité dans sa patrie, qui avait vaincu à Marathon et donné le jour à Cimon. Mais de pareils exemples ne sauraient étonner quand on connaît l’histoire et qu’on voit la société.
Aristide. Les champs de Marathon avaient aussi va combattre Aristide, qui se signalait par tme politique désintéressée et par un sentiment profond de la justice, er même temps que Thémistocle déployait une habileté et une valeur sans égales : tous deux furent
. les vrais fondateurs de la grandeur d'Athènes, Si, dès ce moment,
nous paraissons nous occuper davantage de certains hommes, c'est
que nous y sommes forcé par la nature même des démocraties
puissantes, dont Fhistoire se réduit généralement à celle des personmages les plus influents ou les plus heuretix.
A cette époque florissait à Athènes le poëte Eschyle, qui, après avoir combattu à Marathon, excitait par ses tragédies le sentiment national : saint emploi du génie ! Dans la représentation d’un de ses chefs-d’œuvre, les Sept contre Thèbes, quand on entendit ces vers, Hveut plutôt étre que paraître parfait (1), tous les regards se tour nèrent vers Aristide ; tant lopinion de sa justice était répandue! Thémistocle, au contraire, d’un caractère impétueux et passionné, avait été déshérité par son père comme adonné au vice; mais il effaça cette honte en se livrant à l'étude des affaires, tant publiques que particulières, dans l'intention de dévenir lepremier citoyen d’A + thènes. Il disait que les trophées de Miltiade l’empêchaient de dormir ; tant il brülait de l’égaler! D'une éloquence entrainante, d’une activité infatigable, versé dans la connaissance des lois, dans l’art de gouverner, aussi habile en politique qu’en tactique militaire, il joignait à un courage indomptable sur le champ de bataille et dans les revers une grande fécondité de ressources et d’expé-
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(1) OÙ yon Conetv apratos, QIX elvar Déder, V, 599,
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ke dents. Une fois qu’il s’était proposé un but, il savait y marcher d’un ER pas sûr sans trop s'occuper du chemin qui pouvait l’y conduire; Le au contraire d’Aristide, il recherchait plus le triomphe que la justice, et aimait mieux paraître vertueux que l’être en effet. les Aristide ,; Comprenant combien de semblables qualités pouvaient 1e ge devenir dangereuses dans un pays libre, se mit à contrarier Théà mistocle dès ses premiers pas, ets’opposa à ses propositions les plus avantageuses, de peur qu’il n’acquit trop d'influence dans le gouilé vernement de la république ; mais l’honnête homme succombe à facilement lorsqu'il lutte contre un adversaire qui sait manier le l'intrigue. La confiance avec laquelle les Athéniens chargèrent Aris-— nd tidé de concilier leurs différends fournit un prétexte à ses ennemis pour l’accuser d’aspirer à l'autorité suprême, et leur insig- 9stracisme e, tance fut telle qu'il fut soumis au jugement de l’ostracisme. I] tis assistait lui-même à Passemblée convoquée pour le vote, lorsqu’un
citoyen s’approcha de lui sans le connaître, et le pria d'inscrire le nom d’Aristide sur la coquille qui recevait le vote pour la con-
. damnation. Aristide lui demande : Quel mal t'a:t-il done fait?
et — Aucun, répond l'autre ,je ne l'ai jamais vu; mais je suis ennuyé
es de l’entendre toujours appeler le Juste.
pu Il fut banni, et, en s’éloignant, il pria les dieux de faire en sorte “ai,
que sa patrie n’eût jamais besoin de ses services. Le pouvoir fut dès "0e
ès lors entre les mains de Thémistocle, dont la volonté faisait loi ; il
nt songeait aux moyens de réaliser le projet de Miltiade, en châtiant
és les îles infidèles et en expulsant les Perses de ces positions, pour
s, assurer à Athènes l'empire de la mer. Il persuada au peuple
ph d'employer l’argent des mines du mont Laurium, qui se dépensait
el d'ordinaire en distributions publiques et en spectacles, à équiper
4 une flotte de cent gulères. A la tête de ces forces, il attaqua -
\ . Égine, dont les pirates infestaient les rivages de l’Attique, et la " vainquit ; puis il se dirigea contre Corcyre, puissante aussi sur mer, Le et qui eut le même sort. H parcourut alors l» mer Egée en maître, Æ enrichit le peuple par le butin fait dans les expéditions, et prè- " chait à toute la Grèce de se maintenir unie et préparée à tout évét nement ; car l'incendie, naguère allumé par la Perse, couvait sous l la cendre etne devait pas tarder à éclater de nouveau.
t Darius, en effet, avait déjà réuni une nouvelle armée pour
laver la honte de Marathon, lorsqu'une révolte en Égypte vint
mettre obstacle à son projet. Il mourut peu de temps après, ayant
désigné pour son successeur Xerxès, qu’il avait êu d’Atossa, \errésier, fille de Cyrus, sa seconde femme, ct celle qu'il aimait le plus. de
Invasion de la Grèce, — 481,
Armée de Xerxès,
Xerxès avait été élevé dans le sérail; son âme était bonne, mais sans énergie ; il ne connaissait de la puissance souveraine que la pompe et la volupté. Son frère Achémène alla soumettre l'Égypte, qui fut horriblement maltraitée, Mardonius, son beaufrère , humilié de la défaite qu’il avait essuyée; la famille de Pisistrate, désireuse de pouvoir et de vengeance; les Alévades, princes dépossédés de la Thessalie ; le devin Onomacrite, qui exerçait une grande influence sur l'esprit du roi, l’animaient tous contre la Grèce, et ils furent écoutés. On employa trois ans aux préparatifs nécessaires, et l'alliance de Carthage offrit les moyens de subjuguer les colonies grecques de la Sicile. Tous les peuples sujets du grand roi furent appelés à fournir leur contingent, comme pour une guerre nätionale ; aussi, quand Xerxès se mit en marche à travers lAsieMineure, lHellespont, la Thrace, la Macédoine, son armée grossissait-elle à chaque pas.
Deux Spartiates se présentent un jour devant Xerxès ; après avoir refusé de lui rendre hommage à la mode orientale, ils lui disent que, Sparte ayant mis à mort, lors de l’autre guerre, deux de ses hérauts , et craignant d’avoir par là irrité les dieux , ils viennent, en réparation de l’outrage, se remettre entre ses mains. Xerxès répondit que, si leurs concitoyens avaient violé le droit des gens, il ne voulait pas les imiter, ni faire expier le sacrilége à leurs envoyés, et il les congédia sains et saufs. Il agit de même avec trois espions athéniens ; loin de les faire châtier, il voulut qu’on leur montrât en détail ses immenses préparatifs , afin que leur description suffit pour effrayer les plus intrépides.
Cinquante-six peuples différents, habitant des pays très-éloignés , composaient en effet les forces rassemblées contre la Grèce ; tous, à pied, à cheval ou sur mer, avaient le costume, les armes et la bannière de leur patrie : c'étaient les Indiens, vêtus d’étoftes de coton ; les Éthiopiens, couverts de peaux de lion; les Ballusques noirs de la Gédrosie; les tribus nomades des Mongols et de la Bucharie , chasseurs sauvages comme les £agartiens, n’ayant pour arme qu’un lacet de cuir; les Mèdes et les Bactriens, aux splendides vêtements ; les Lydiens, montés sur des quadriges ; les Arabes , sur des chameaux ; les Phéniciens, sur leurs vaisseaux ; enfin , les Grecs d'Asie, Nous qui avons vu la France armer, à l’époque de sa révolution, près d’un million de soldats, nous aurons moins de peine à croire que l’armée de Xerxès s'élevait àun million sept cent mille fantassins etquatre cent mille cavaliers, quesuivaient une multitude de valets, de femmes, de matelots et d’eunuques,
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formant en tout cinq millions d’âmes : armée semblable à celle des croisés ou de Gengis-Kan (1).
Un pont fut construit, entre Sestos et Abydos, avec des barques à l'ancre ; une tempête le détruisit, et Xerxès fit fouetter la mer pour la punir. Un nouveau pont fut établi, et l’armée employa sept jours à le franchir, poussée, comme les Cosaques, à coups d’étrivières contre une poignée d’hommes libres (2). Xerxès la passa en revue à Dorisque, et l’on dit qu’il pleura en pensant que, dans quelques années, il n’existerait plus personne de cette innombrable armée. Pourquoi donc n’épargnait-il pasle sang qu’elle était prête à répandre? Démarate, roi de Sparte, chassé par Cléomène, s'était réfugié près de lui ; Xerxès lui ayant demandé si les Grecs oseraient attendre de si nombreux ennemis, d’exilé lui répondit : « Les Lacédémoniens, à coup sûr, les attendront ; ils sont libres, maïs ils obéissent à la loi, et la loi leur ordonne de vaincre ou de mourir ! »
Démarate lui-même avait averti les Grecs du danger; mais ils ne connaissaient pas encore cette union qui fait la force. A la première sommais Xerxès vit s’incliner devant lui ces Macédoniens qui, per : ées après , devaient abattre son empire : Éto-
(1) L'armée perse, selon Hérodote, se composait de 1,207 trirèmes, montées par 200 hommes d'équipage. ....... 241,400 80 hommes de service par trirème, ...,.......es0sv00e 36,210 3,000 navires portant 80 hommes chacun...,..,..,,,.... 240,000
Total de l’armée navale,,,,,,,,,,,,,,. 517,610