‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 30 sur 146 · STI RAM TS · texte numérisé non relu

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GUERRE MÉDIQUE. 199 | PR gne , pour conserver lu liberté en péril, En effet , quand les nom- L L0S= breuses colonies sur la merEgée, limitrophes de la Lydie, n’étaient | rnes pas même d'accord Lune avec l’autre, comment pouvaient-elles | aussi résister à des souverains si puissants ?.Cyrus les avait déjàmenacées, ! ment et les Spartiates, qui considéraientiles Ioniens comme dés frères, il grec lesommèrent de les laisser en paix, s’ilne voulait pas qu’ils tournas- | D tolé - sent leurs armes contre lui ; le:despoteleur répondit qu’illeur don- ï ployé neraittantà se plaindre en Europe qu'ils n'auraient pas le ‘temps | crip- de songer aux affaires de l'Asie. La mort mit obstacle à ses projets; | à des mais Darius , fils d'Hystaspe , Soumit les loniens et donna pour fl lhip- satrape à chaque cité Fun de ses principaux citoyens, afin que k erne, l'intérêt particulier de ceux-ci lui répondit de leur zèle à le Î lim- servir. Fe Passant alors en 'Scythie , il jeta sur le Danube un pont , à la 508. É garde duquel il préposa ces satrapes ioniens, en leur remettant ë Es une corde garnie de soixante nœuds; ils devaient, d’après son ïl ordre , en défaire un par jour et ne $’éloigner que lorsqu'ils seraient ü tous dénoués. Parmi eux se trouvait Miltiade , descendant d’un. fi Athénien du même nom, qui, mécontent de sa patrie au temps de È Pisistrate , s’était rendu à l’invitation des Thraces et avait fondé # une colonie dar: la Chersonèse. Reconnu par le roi.de Perse ll États comme seigneur de la Chersonèse, mais chéri par les Athéniens k ouvoir pour lesquels il avait conquis les îles d’Imbros et de Lemnos, aussi- k tances tôt qu’il eut appris que Darius avait échoué dans son expédition, h ant de Miltiade donna ce conseil : «Que l’on coupe le pont ; Darius périra ù 1 Bar - par la faim, et la Grèce sera libre!» k Grèce Mais Histiée de Milet, préférant les douceurs du commande- î ment , s’opposa à l’exécution , et Darius retourna sain et sauf en fl s Con- Perse avec les débris de son armée. Histiée parvint à une haute ki > VAs- faveur à la cour ; mais bientôt, en butte au mépris, récompense f t ainsi ordinaire ‘des lâches, il songea à changer l’état des choses et s’ensages , tendit avec Aristagoras, son neveu, qu’ilavait chargé de gouverardai- ner Milet, pour soulever PAsie Mineure contre les Perses. En | effet, Aristagoras arbore la bannière nationale, rassemble autour de n 1819, lui la fleur de la jeunesse, ionienne armée dans une même pensée, t contre et chasse les magistrats perses. IL fait plus: afin d’opposer au ions. la torrent asiatique un élément de forceet d'union, il proclame la li- Sn à berté, renonce lui-même au ponvoir.et dépose les autres tyrans ; NS CON puis, comme Franklin au temps de nos pères ; ilvient en Europe VI, VIE, implorer :contre létranger des.secours fraternels. Hroduc- 11 s’adressa d’abord à Sparte , où Gléomène régnait seul, après 505.

avoir chassé du trône son collègue Démarate. Tyran, il était du

Incendie de Sardes, — 504,

parti des tyrans. Hippias, irrité contre Athènes qui lui avait arraché le pouvoir, ne tint pas compte de la requête d’Aristagoras. Il fut mieux accueilli des Athéniens , encore dans l’enthousiasme d’avoir recouvré leur liberté, et qui ne pardonnaient pas aux Perses d’avoir donné asile à Hippias, dont ils encourageaient les espérances : ils étaient effrayés d’ailleurs de voir Darius se rapprocher de l’Europe; car, s’il avait échoué en Scythie, il s’était emparé de la Thrace, avait soumis la Macédoine, occupé les îles d’Imbros et de Lemnos, tenté un coup de main sur Naxos et menacé l’Eubée.

Les Athéniens prêtèrent donc volontiers l'oreille à la demande qui leur était adressée, et, après avoir équipé vingt navires que d’autres rejoignirent en route, ils débarquèrent en Lydie et prirent Sardes, qu’ils incendièrent par accident. Remis de sa surprise, le satrape Artapherne, qui résidait dans cette ville, poursuivitles Grecs et leur tua beaucoup de monde. La mauvaise fortune et plus encore l’or des Perses jetèrent la désunion dans leurs rangs. Les Athéniens mécontentsseretirèrent ; AristagorasetHistiée furent mis à mort; pour se venger, les Perses détruisirent Milet, soumirent Chios, Lesbos , Ténédos, et dévastèrent l’Ionie, à l'exception de Samos , qui revint la première à l’obéissance. Ainsi s’évanouit cette tentative de liberté. La douceur de la domination des vainqueurs répara les dommages éprouvés par l’Asie Mineure; mais l’agression d'Athènes avait eu pour conséquence funeste de montrer aux Perses le chemin de l’Europe.

Le désastre de Sardes avait blessé si vivement Darius qu’un courtisan devait, chaque matin, le faire souvenir de détruire Athènes. Hippias attisait le feu en représentant aux ministres et au monarque la conquête de la Grèce comme non moins facile que glorieuse : tant le désir de revenir au pouvoir l’emportait, chez ce fils dégradé de Pisistrate, sur l’amour de la patrie !

En effet, Darius chargea Mardonius de le venger, à la tête d’une puissante flotte et d’une armée nombreuse ; mais une tempête engloutit les navires au promontoire d’Athos, et les Thraces exterminèrent les troupes. Le roi de Perse n’en persista pas moins dans ses projets; il fitenjoindre aux Grecs, par deux hérauts, de lui donner la terre et l’eau, symbole d’une soumission absolue. A cette indigne proposition, les Spartiates précipitèrent les hérauts dans un puits et se préparèrent à combattre; mais, loin que le même courage se manifestât chez tous les Grecs, les îles et nombre de villes de la terre ferme se hâtèrent de faire leur soumission, même la puissante Égine, toute voisine d’Athènes. Le péril commun ré-

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GUERRB MÉDIQUE. 141

concilia Athènes et Sparte, qui se réunirent contre la Perse et lui déclarèrent la guerre. Cependant le nuage grossissait, et Darius faisait partir une multitude d’hommes et des vaisseaux, sous les

ordres de Datis et d’Artapherne. Guidés par les conseils d'Hippias,-

ils saccagèrent d’abord Érétrie, dans l’ile d’Eubée , qu’un simple canal séparait d'Athènes, et transportèrent ses habitants dans la Susiane, où cinq siècles après Apollonius de Tyane retrouva leurs descendants (1).

À l’approche d’un si grand danger, Athènes envoie demander du secours à ses alliés ; mais, intimidés pour la plupart, ils n’osent pas mettre le pied hors de chez eux. Sparte promet d’envoyer des troupes à la pleine lune, époque que la superstition faisait croire favorable. Platée seule arme mille hommes. Athènes pourtant ne s’épouvante pas; elle est encouragée par Miltiade, qui, ayant eu af-

faire aux Perses dès son plus jeune âge, ne craint pas leurs troupes .

nombreuses. Dix mille Athéniens seulement, auxquels s’étaient joints quelques esclaves, vont affronter, à Marathon, une armée

Mar qui, au dire des historiens les plus modérés, comptait dix fois au- 2» septembre

tant de Perses. L’expérience de Miltiade, le désintéressement des autres généraux, qui remirent entre ses mains leur propre autorité, la valeur de chaque guerrier, assurèrent la victoire aux Grecs, victoire qui coûta la vie à une multitude d’ennemis et à Hippias lui-même (2). Le lendemain, arrivèrent deux milleSpartiates, auxquels la nouvelle lune avait permis de se mettre en marche. Cette armée formidable, qui devait emmener à Suze tous les Athéniens enchaînés, et qui portait avec elle un bloc de marbre destiné à l’érection d’un monument, fut mise dans une telle déroute,

qu’elle ne rentra pas même dans son camp et s’enfuit versses vais-

seaux. Le marbre fut remis à Phidias, dont le ciseau en fit une Némésis; on dressa des tombeaux aux citoyens morts sur le champ de bataille (3), et la vietoire fut représentée par le pinceau dans le Pœcile, l’un des portiques d'Athènes. Miltiade obtint pour unique récompense la faveur d’être peint à la tête des autres généraux,

(t) PHirosrraTE , Vie d’'Apollonius, I, 93, 2.

(2) Hérodote compte 6,400 morts ; mais ensuite les rhéteurs exagérèrent , et Justin et Suidas en portèrent le nombre à 200,000. Xénoplon raconte que les Athéniens avaient fait vœu d’immoler à Diane autant de chèvres qu'ils tueraient d’ennemis ; mais que, voyant qu’ils ne pourraient accomplir ce vœu, ils résolurent d’en sacrifier 500 chaque année.

(3) On offrit à lord Byron de lui vendre ce champ pour le prix de 8,000 piastres, environ 2,000 francs.

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