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liens, Dolopes, Perrhèbes, Locriens, Méliens, Phthiotes, Thébains, Magnésiens, Béotiens, tous firent de même, à l'exception des Thespiens et des Platéens. Les autres, épouvantés par les Perses ou jaloux d'Athènes, se détachèrent de laconfédération, et la perie de la Grèce paraissait inévitable ; mais Athènes et Sparte restaient pour combattre. On vit alors ce que pouvait la représentation religieuse pt poutique des amphictyons; rassemblés sur l’isthme, ils stimulent le courage de la nation, envoient des ambassadeurs aux alliés et aux colonies, imposent des sacrifices aux prêtres et . des oracles à la Pythie. Cependant les Argiens prétendaient avoir le commandement de la flotte, et, blessés de ne pas l'obtenir, ils passèrent du côté de Xerxès, Ce commandement était ambitionné aussi par Gélon , roi de Syracuse, qui, à cette condition, promettait des secours considérables ; repoussé de même, il se contents d'envoyer une poignée de soldats pour protéger Delphes. Les Crétois et les Corcyréens restèrent spectateurs de la tragédie, attendant le dénoûment ; les colonies italiennes ne purent bouger, menacées qu’elles étaient par les Carthaginois, alliés de Xerxès.
Les Perses s'avançaient en trois corps : l’un suivait la côte, tandis que les deux autres pénétraient dans l'intérieur dn pays; la flotte fournissait en abondance à leurs besoins. De tous côtés les Grecs accouraient pour leur offrir la terre et l’eau : les Thessaliens venaient aussi avec des paroles de soumission; mieux ins-
.pirés ensuite, ils résolurent de résister aux Perses dans les défilés de leurs montagnes. Événète et Thémistocle y accoururent à la tête de dix mille combattants pour défendre le passage de lEuripe ; mais, instruits que la Macédoine offrait aux Perses une route plus facile , et n’étant pas en mesure de garder l’une et l’autre position, ils se retirèreni, et les Thessaliens furent obligés de rendre hommage à Xerxès.
Au milieu d’une telle disette de ressources, il semblait que Thémistocle se multipliât. Déposant tous ses ressentiments, il proposa aux Athéniens le rappel des bannis ; avec eux Aristide revint au secours de sa patrie. La Pythie ayant déclaré que les Athéniens devaient chercher leur salut dans des murs de bois, Thémistocle leur persuada que le dieu voulait ainsi indiquer la flotte ; sur la foi de l’oracle , on abandonna donc Athènes. Les fommes, les enfants, les objets précieux. furent mis en sûreté dans Egi.c , dans Trézène et Salamine ; le reste s’embarqua sur trois cents navires fournis par les Athéniens et les alliés. Avec cette flotte, Thémistocle alla se poster au nord de l'Eubée , près
du cap Artémisium. Là recommencèrent les rivalités au sujet du
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commandement : Eurybiade de Sparte y fut appelé par le vote des confédéré”, at Thémistocle, bien plus capable que lui de l'exercer, n'en montra aucun dépit; il continua même de sug- gérer les mesures qu’il croyait les meilleures. Un jour, dans une assemblée de chefs , la discussion s’échauffa au point qu’Eurybiade leva le bâton sur lui; Thémistocle lui dit avec sangfroid : « Frappe , mais écoute ! »
Le passage intercepté par mer, les Grecs s’occupèrent de le fermer aussi par terre. Un défilé, appelé les Thermopyles, se resserre entre la Thessalie et la Locride; bordé, d’un côté, par d’horribles précipices et les rochers du mont OÆEta, au levant par des marais, il esttellement étroit en certains endroits que deux chariots n’y sauraient marcher de front. Les Phocéens y avaient de plus construit un mur pour arrêter les incursions des Thessaliens. La garde de ce passage fut confiée à Léonidas, roi de Sparte, qui ne voulut pas emmener avec lui plus de trois cents Lacédémoniens. Avant de quitter leur patrie, ils célébrèrent leurs propres funérailles par des jeux solennels. Au moment où Léonidas prenait congé d’elle , sa femme lui demanda : Quel souvenir ne laisses-tu? — Je le laisse, répondit-il , la recommandation d'épouser un homme digne de moi, qui le rende mère de fils dignes de tous deux. Sept mille Grecs environ se réunirent à cette poignée de héros.
Lorsque Xerxès, qui n’avait pas, en douze mois de marche, vu le visage d’un ennemi, apprit que les Spartiates l’attendaient, il leur envoya dire de rendre les armes. « Viens les prendre ! » fut la réponse qu’il obtint. Il leur promit autant de terres qu'ils en voudraient et la suprématie sur toute la Grèce; ils répondirent qu'ils ne voulaient pas acheter la domination au prix de l’in-
famie, et que c’était avec le glaive qu’ils avaient coutume de faire —
des conquêtes. Ne comprenant pas encore comment quelques centaines d'hommes osaient résister à un déluge de peuples, Xerxès leur fixa un délai de quatre jours pour se rendre, passé lequel il les attaquerait. Le cinquième jour, les sentinelles criaient à ces héros : Voilà les Perses qui viennent sur nous! — Eh bien ! répond Léonidas , marchons sur eux. —- Mais , reprit un envoyé, ils sont si nombreux que leurs flèches obscurcissent le soleil. — Zant mieux, vépliqua Diénécès, nous combattrons à l'ombre !
Le
Thermopyles.
Ils combattirent et furent vainqueurs ; mais le Grec Éphialte , … Bataiite des
honte éternelle sur le nom du traître ! enseigna à Xerxès un autre passage, qui lui permit de prendre les Grecs à dos. Ils résolurent
alors de battre en retraite ; mais la loi disait aux Spartiates : 10,
Thermopyles,
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148 TROISIÈME ÉPOQUÉ.
Mourez plutôt que d'abandonner votre posle. Léonidas resta donc avec ses trois cents et quelques centaines d’alliés : Je vous évite ce soir à souper chez Pluton , dit-il à ses compagnons, au milieu du repas qu’ils prirent avant le combat. Puis, la nuit venue, il se mit à leur tête et se jeta dans le camp des Perses, marchant droit sur la tente de Xerxès. Il était temps que le mo-
* narque s’échappât ; mais les Spartiates passèrent au fil de l'épée beaucoup des grands de sa cour et tous ceux qu’ils rencontrèrent jusqu’au moment où, enveloppés, trahis par les Thébains et par le lever de l’aurore, ils tombèrent percés de coups à l’exception d’un seul. Pour le moment, ils n’eurent d’autres obsèques que celles de plusieurs milliers d’ennemis; plus ‘ard, une inscription leur fut consacrée avec ces vers de Simonide : Passant, va dire à Sparte que nous somries morts ici pour obéir à ses saintes lois.
Cette défaite valut mieux qu’une victoire. Les Perses avaient appris qu’une poignée de patriotes suffisaient contre une nuée d'esclaves. La Grèce fut encouragée par l'exemple ; les noms de Léonidas, de Diénécès, des deux frères Maron et Alphée, répétés par toutes les bouches, excitaient à les imiter. Les éléments euxmêmes étaient hostiles à la flotte perse, que le grand nombre de ses bâtiments obligeait à rester au lA1rge. Plusieurs combats sans résultat furent engagés dans le voisignage du cap Artémisium ; mais lorsqu'on apprit que les Perses, après avoir franchi les Thermopyles, envahissaient la Grèce, les républicains, dans la crainte
que leur flotte ne füt enveloppée par celle de Xerxès qui se diri- :
geait sur l’'Eubée , résolurent de prendre position entre Salamine et Athènes. Mais, en s’éloignant , Thémistocle laissa sur les rochers du rivage, où les alliés de la Perse devaient venir s’approvisionner d’eau, des inscriptions rappelant aux loniens la communauté d’origine, les secours reçus pour recouvrer leur liberté, et les invitant à secouer un joug honteux; ces paroles ne furent pas jetées au vent.
Xerxès, plein d’orgueil, s’avançait toujours, dévastant surtout les temples des dieux, en haine de l’idolâtrie que sa religion lui
- commandait de détruire. Il entra dans Athènes sans rencontrer
aucun obstacle, et la réduisit en un monceau de ruines; mais la patrie est là où sont les citoyens.
L’incendie d’Athènes terrifia tellement les Grecs que la flotte était au moment de se disperser. Thémistocle s’y opposa vivement ; mais, voyant qu’il obtenait peu de succès, il envoya donner avis à Xerxès que les Grecs, saisis de terreur, étaient près de se séparer : « Si vous leur donnez le temps de se disperser, lui
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mandait-il, vous aurez besoin de longs et pénibles efforts pour . détruire tant de flottilles, tandis que vous pouvez les anéantir d’un seul coup, à présent qu’elles se trouvent réunies. »
Xerxès le.crut ; il vint attaquer à Salamine, avec ses douze cents Bataille de voiles, les trois cent quatre-vingts navires des Grecs, e‘ fut vaincu. 19 octobre. Artémise, reine de Carie, qui s’était opposée au cor ‘at, s’y comporta en héroïne, mais elle fut entraînée dans la fuite générale ; ce qui fit dire à Xerxès que, dans cette journée, les hommes avaient combattu comme des femmes et les femmes comme des hommes. Lorsqu'il traversait l’Hellespont, une tempête s’éleva, et le pilote : déclara qu’il faliait alléger le navire. Alors les grands de la Perse, qui couvraient le pont, se prosternent devant le grand roi, puis se précipitent à la mer. La servitude a donc aussi ses héros !
Thémistocle, enhardi par le succès, proposait de couper le pont établi sur le Bosphore, et de retenir l’Asie prisonnière en Europe ; mais l’avis de ceux qui disaient : Faites un pont d’or àl'ennemi qui fuit, Vemporta sur le sien. Le butin fut immense, et l'on envoya les obiets les plus précieux au dieu de Delphes. Toute la Grèce proclama que la victoire était due surtout à Thémistocle, et, quand il parut aux jeux Olympiques, l’assemblée entière se leva et Papplaudit.
Onne pouvait, néanmoins, considérer la guerre comme termi- ##* née, puisque Xerxès, en se retirant , avait laissé à Mardonius trois cent mille hommes , laileur de son armée. Ce général voulut d’abord user d'artifice, et chercha à détacher les Athéniens de la ligue commune ; mais ils refusèrent, et Cyrsile, qui leur conseillait cette désertion, fut lapidé; la vindicte publique s’étendit jusque sur sa feinme et ses enfants , qui furent massacrés par les femmes et les: enfants. Aristide fit instituer, à cette occasion, un rite par lequel on plongeait dans la mer des barres de fer rougies , en vouant aux Furies quiconque oserait traiter avec les Perses. On s’apprêta donc à combattre, et, dans les champs de Platée, les Grecs, commandés par le Spartiate Pausanias et par Aristide, défirent entièrement des Perses , dont ils tuèrent quarante mille. Mardonius fut au nombre des morts.
Tous les guerriers avaient juré, avant la bataille , de ne pas pré- lauille de férer la vie à la liberté et de donner la sépulture aux alliés morts les ?? septembre, armes à la main, Le premier serment, celui des braves , était accompli; pour satisfaire à l’autre, tout de piété, ils élevèrent des tombeaux sur le lieu même : là, chaque ännée, on renouvelait des sacrifices en l'honneur des braves qui avaient péri, et, tous les
en nle Dans! Nan oct namer nt cinq ans, on célébrait des jeux solennels. Derrière un convoi de