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RER CE

Victoire de Mycale.

chars couverts de guirlandes de myrte, marchait un bœut escorté d’un grand nombre de jeunes gens portant des vases de lait, du vin et des parfurns ; le premier magistrat de Platée s’avançait ensuite, vêtu de pourpre , un vase dans sa main gauche et une épée dans sa main droite. Cette procession traversait la ville et se dirigeait vers le champ de bataille ; là ; le magistrat puisait de Peau à lasource voisine pour arroser les petites colonnes funèbres, sur lesquelles il versait aussi des essences ; puis il immolait le bœuf et vidait une coupe en l’honrieur des güerriers dont le sang avait cimenté la liberté de la Grèce.

Le même jour qui vit la victoire de Platée, fut signalé par ün événement non moins important. La flotte perse, forte de quatre cents voiles, s'était réunie près du promoutoire de Mycale, dans PAsie Minenre, en face de Samos. Les bâtiments aÿant été tirés à terre et entourés d’une muraille, es hommes qui les montaient se mirent en mesure de se défendre contre les Grecs, auxquels s'étaient réunis les Ioniens de l’Asie Mineure. La bataille, dans laquelle commandaient, d’un côté Tigrane, de l’autre l’Athénien Xanthippeet le Spartiate Léotychide, fut meurtrière pour les Perses, qui, pour comble de maux, virent leur flotte livrée aux flammes.

Les journées de Platéeet de Mycale enlevèrent aux Perses la fantaisie d’envahir la Grèce, Ils combattaient pour obéir à ün monarque, les Grecs pour défendre leurs foyers. Chez les uns, les faveurs royales, les intrigues du sérail, l'espérance des richesses ; chez les autres, le gouvernement dans les mains du peuple, qui se trompe rarement sur ses véritables intérêts : point de récompense excepté la louange publique, le sentiment de la liberté et de la civilisation, Le seul Spartiate qui eût survécu au combat des Thermopyles , n’échappa à l’infamie qu’en mourant à Platée. Les Perses comptaient beaucoup d’hommes, peu de têtes et de bras; des troupes innombrables et pas un chef (4). Dans cette armée même , les Perses seuls étaient disciplinés; mais les délices de la Médie les avaient énervés. Leur cavalerie était trop nombreuse et armée seulement de javelots et de boucliers d’osier. Les Grecs, au contraire, habitués à la guerre, combattaient serrés l’un contre l’auire, formant des phalanges quin’avaienit que seize hommes de profondeur : aux premiers rangs, la jeunesse ardente ; aux derniers, les vétérans : ceux-là prompts à l’attaque, ceux-ci inébranlables au choc. La victoire pouvait-elle être incertaine ?

(1) Huic tanto agmini dux defuit (Jusrin). — Xerxes intellexit quantuni ab exercitu turba differat (SÉNËQUE). — Multi homines, pauci autem viri (HÉRODOTE).

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Une expédition aussi désastreuse épuisa la Perse , dont la population avait été levée en masse. LesGrecs d’Asie voulurent en profiter pour recouvrer leur indépendance ; ceux d'Europe les soutinrent, et, durant trente ans, la Perse, obligée de subvenir à une guerre défensive dans l’Asie Mineure, la plus éloignée de ses provinces occidentales, rénonça à tout projet de coriquête et perdit même son équilibré intérieur.

Xerxès, dé retour à Suse, se laissa circonvenir par la reine “in de xerxès. Amestris ; puis, épris de sa belle-stœur, la femme de Masistès, il espéra se la rendre favorable en mariant une fille qu’elle avait, nommée Artaynta, à Darius, son fils aîné. La résistance de sa bellesœur continue, et il porte son amour sur Artaynta: Amestris, que la jalousie rend furieuse , se fait livrer la mère de cetté princesse, mütile son corps, jette aux chiens ses mamellés, ses oreilles qu’elle lui fait couper, et la renvoie ainsi à Xerxès, qui en donne froidement avis à son frère Masistès. Xerxès périt bientôt après, victime d’uñe conjuration tramée paï' Artaban et leunuque Spa- ds tamitrès. | |

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