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Embellissements d'Athènes,
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que bavarder et commenter les lois, sans négliger de porter aux nues celui qui leur valait une pareille abondance , augmentèrent singulièrement de nombre. La plèbe dominait partout, les emplois se vendaient, et l'administration économique, introduite par Aristide , avait fait place à un gouvernement splendide et libéral ; eu milieu de tout cela se glissait le libertinage sous des dehors séduisants. La maison de la courtisane Aspasie était le rendezvous dc ivut ce que la Grèce comptait alors d’hommes remarquables; elle avait enseigné l’éloquence à Périclès. Les mères lui confiaient leurs fils pour achever auprès d’elle leur éducation et acquérir le savoir-vivre ; les maris lui envoyaient leurs femmes pour se former aux manières élégantes , et de jeunes filles venaient la trouver pour prendre ses leçons dans l’art de tirer meilleur parti de leurs charmes.
Périclès, de même qu’il avait dompté les nobles en favorisant la multitude, tint la multitude dans la sujétion en envoyant les braves à des guerres continuelles, en fournissant du travail aux gens paisibles et un aliment au génie, qui, à cette époque, atteignit à sa plus grande hauteur. Le Pirée contenait quatre cents vaisseaux , outre les rades de Munychie et de Phalère; celle-ci, de même que ie Pirée, était jointe par une double muraille à la cité , qui, entourée d’oliviers au milieu desquels serpentaient l’Tlissus et le Céphise, avait soixante stades de circuit. On ne rencontrait, dans les rues et aux alentours, que portiques, peintures, sculptures , inscriptions , petites colonnes couvertes de sentences, trophées d’armes enlevées aux Perses ou aux Spartiates, trépieds gagnés par les vainqueurs des jeux. Le théâtre de Bacchus pouvait recevoir dans son enceinte trente mille spectateurs ; Périclès dépensa onze millions de francs pour la construction des Propylées, magnifique vestibule dorique de la citadelle, rempli d’ouvrages de Phidias , de Myron, d’Alcamène. Il éleva, à ses frais, le Parthénon, en l'honneur de Minerve, et l’Odéon, pour les représentations musicales : la ville, en un mot, devint telle que Lysippe écrivit ces vers : « Insensé qui ne désire voir Athènes, «insensé qui la voit sans l’admirer ; plus insensé qui la voit, l’ad- « mire et l’abandonne ! »
A l'extérieur, Athènes aggravait chaque jour les charges de ses alliés; elle augmenta la contribution que chacun devait payer, et fit transporter de Délos dans ses murs le trésor conimun de la Grèce, ce qui lui donna davantage encore l’air d’une métropole. La jalousie et la malveillance s’accroissaient donc, et Sparte soufflait le feu. Corinthe et Épidaure, s'étant insurgées ,
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battirent les Athéniens à Haliæ ; mais ceux-ci prirent bientôt leur revanche et soumirent même Égine. Un différend s’éleva entre Corinthe et Mégare, au sujet de leurs confins; Athènes embrassa la cause de Mégare, et les Corinthiens furent défaits par Myronide, près de Cimolie.
Les Spartiates ayant embrassé la défense des Doriens contre les Phocéens, "ne guerre éclata entre Athènes, Sparte et la Béotie. Cimon , bien qu’exilé, se présente à l’armée, offrant son bras et ses conseils, mais il lui est enjoint de se retirer. Une centaine de ses amis, accusés de le favoriser au préjudice de la patrie, se disculpèrent en mourant tous, les armes à la main, à Tanagra, où les Spartiates l’emportèrent ; mais, l’année suivante et au même endroit, Myronide mit en déroute les Béotiens, tandis que Tolmidas et Périclès se signalaient par les succès les plus heureux et serraient de pris Lacédémone effrayée.
A la première défaite qu’on e;suya, Périclès fut le premier à demander le rappel de Cimon , banni depuis cinq ans. A son retour, il trouva toute la Grèceen armes. Sparte venait enfin de prendre Ithome, et étouffait dans le sang la troisième guerre des Messéniens , dont les débris étaient accueillis dans Athènes; Argos avait détruit Mycènes, l'antique demeure des héros; les Éléens démolissaient Pise , la directrice des jeux sacrés d'Olympie ; Athènes attaquait le Péloponèse, que Tolmidas et Périclès menaçaient du côté de la mer. Cimon proposa une suspension d’armes qui , acceptée tacitement, fut suivie d’une trêve de cinq années ,et, pour donner une autre direction à l’ardeur guerrière de ses concitoyens, il marcha contre la Perse.
L'Égypte s’était révoltée contre elle quelque temps auparavant, avait chassé ses garnisons et ses exacteurs, proclamé son indépendance. Inarus de Libye, qui s’était mis à la tête du mouvement, eut recours aux Athéniens, qui expédièrent à son aide les deux cents navires armés contre Chypre, et les Perses vaincus durent se renfermer dans Memphis; mais ieur général Mégabaze, tirant parti du grand nombre des canaux, parvint à détourner le cours d’un bras du Nil, de sorte que la flotteennemie demeura à sec, Les Athéniens , plutôt que de la laisser toi "er au pouvoir des Perses, l’incendièrent eux-mêmes, et déjà ils se préparait à s'ouvrir le passage avec le fer, quand il leur fut accordé par un traité; mais le petit nombre d’entre eux qui avait survécu aux compats et aux maladies, périt presque en‘ièrement dans la retraite. Soixante autres navires, qui avaient été expédiés comme renfort , furent même coulés bas par les Phéniciens,