‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 55 sur 146 · RETRAITE DES DIX MILLE. LYSANDRE, AGÉSILAS · texte numérisé non relu

RETRAITE DES DIX MILLE. LYSANDRE, AGÉSILAS

Nous devons maintenant reporter nos regards vers la Perse, qui eut une si grande part «ans les vicissitudes de la Grèce. Lorsque la défaite éprouvée sur le fleuve Eurymédon et la perte de la Chersonèse de Thrace eurent fermé l’Europe aux Perses, Xerxès se retira dans son sérail, où il fut tué, comme nous Pavons dit, Durant les quarante années du règne d’Artaxerxès, l'empire offrit des signes de décadence, et, bien que ce prince fût doué de bonnes qualités, il n’eut ni la volonté ni le courage d’en rétablir l’ancienne prospérité. Hystaspe souleva la Bactriane contre son frère, qui ne put triompher de lui qu'après deux batailles. La guerre d’Athènes, guerre tantôt sourde, tantôt déclarée, les mécontentements qui éclataient au centre de ses États, la révolte de l'Égypte dont nous

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avons parlé, l’occupèrent d’abord sérieusement ; puis la victoire de Chypre, remportée par l’Athénien Cimon, vint contraindre Artaxerxès de consentir à la paix : il dut reconnaître la liberté des Grecs d’Asie, et promettre de ne plus envoyer de flotte dans la mer Égée et la Méditerranée. Tel était le glorieux résultat de la guerre médique.

Lors de la guerre d'Égypte, Mégabyse, satrape de Syrie, qui la conduisit à bonne fin, avait promis la vie sauve à Inaras, roi de Libye, promoteur de la révolte. Ce prince ayant été mis à mort, Mégabyse saïsit ce prétexte pour soulever la Syrie, défit deux fois les armées royales, et dicta lui-même les conditions de sa réconciliation avec le roi. Ce premier exemple de rébellion heureuse d’un satrape contre l’empire, fut un encouragement pour en tenter de nouvelles. Amestris, mère du roi, et Amytis, sa femme, également corrompues et intrigantes, avaient agi en faveur de Mégabyse, dirigé les affaires à leur gré, et tenu le roi sous leur dépendance jusqu’à l’instant de sa mort. Xerxès IL, seul fils légitirne laissé par Artaxerxès, n’était sur le trône'que depuis quarante-cinq jours, quand son frère Sogdien le tua. Le meurtrier fut, à son tour, détrôné, six mois après, par Ochus, qui le fit périr par le supplice des cendres (1). Ce dernier, autre fils naturel d’Artaxerxès, régna sous le nom de Darius II Nothus, c’est-à-dire le Bâtard. Il conserva la couronne pendant dix-neuf ans, et l’on rapporte que, son fils lui demandant comment il avait fait pour régner si longtemps et si heureusement, il répondit : Par la piété envers les dieux, et la justiceenvers les hommes. L'histoire nous apprend, au contraire, qu’il vécut sous la dépendance de sa femme Parysatis et de trois eunuques, l’un desquels, Artoxar, ayant osé aspirer au trône, périt sur l’échafaud.

L’extinction de la race légitime des rois perses ébranla l’empire et diminua l’obéissance ; d'autant plus que la nouvelle dynastie s’écarta de l’ancienne constitution, en confiant le gouvernement de plusieurs provinces à un seul satrape, et en l’investissant même de l'autorité militaire. Dès lors les révoltes se multiplièrent, et, bien que la cour réussit à les étouffer, les moyens perfides qu’elle employait dans ce but, étaient autant de preuves de sa faiblesse.

(1) Le patient était précipité du haut d’une tour dans un tas de cendres, où il restait suffoqué. Un autre supplice perse était celui des auges : on enfermait le condamné entre deux auges superposées, en ne laissant en dehors que sa tête ; il recevait dans cette position la nourriture qu’on l’obligeait à prendre en lui piquant les yeux. 11 vivait ainsi jusqu’à ce qu’enfin les vers engendrés par l’ordure lui rongeassent les entrailles.

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