LA BÉOTIE. — ÉPAMINONDAS
Les Béotiens occupaient la vallée inférieure du Céphise, autour du lac Copaïs, et la plaine qui s'étend de l’Hélicon au Cithéron, au Parnès, au Cérycium, au Ptôo8 : pays bien arrosé et des plus fertiles, qui avait été autrefois inondé par les eaux du lac; aussi ses habitants, pour se préserver de nouveaux désastres, avaient-ils creusé de véritables abimes dans le mont Ptôos. Ils rendaient un culte particulier à Narcisse et aux trois muses, Mélété, Mnémé, Aœdé, c’est-àdire, méditation, mémoire, chant.Thèbes était décorée detrès-belles sculptures, et l’on y admirait de riches trépieds dans le temple d’Hercule. La contrée renfermait, dans un petit espace, plus de villes qu'aucune autre partie de la Grèce : c’était la patrie de Minerve, d’Harmonie, de l’aveugle Tirésias, de sa fille Manto, symbole de la poésie prophétique. De Thèbes, l'alphabet se répandit en Europe ; le trésor de Minyas à Orchomène attestait l'antiquité de l’art de l'architecture, L'air pesant et les esprits épais de la Béotie étaient en mauvais renom; elle a produit pourtant les historiens
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