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LES MACÉDONIENS

ples, que les guerres précédentes avaient déjà réveillés; il ouvrit des routes, fortifia plusieurs places, attira les gens de lettres à sa cour, et favorisa les arts de la Grèce. C'était un autre artifice pour s’introduire parmi les Grecs; ainsi, Amyntas avait demandé le titre de citoyen d’Athènes pour avoir détruit un corps de Perses après la bataille de Platée, et Alexandre, la faveur d’être admis aux solennités nationales d’Olympie , par égard pour Hercule, père commun des Doriens. Du reste, ces rois, toujours déterminés par des vues politiques, espéraient accroître leur prépondérance si leurs feudataires se poliçaient. Archélaüs fut bientôt assassiné, et des troubles graves naquirent pour sa succession, mal déterminée par les lois du pays, et ambitionnée par plusieurs prétendants, que soutenaient des Macédoniens et des étrangers. Aiéropas, tuteur du jeune Oreste, usurpa le trône qui revenait à celui-ci; mais il mourut, et son fils Pausanias, ayant été tué, Amyntas IT, neveu de Perdiccas, vainquit Argée, frère de Pausanias, appuyé par les Illyriens, et s’affermit sur le trône. La puissante ville d’Olynthe fut la seule qui ne voulut pas se soumettre à son autorité; il eut alors recours aux Spartiates, et, avec leur aide, il la réduisit, par la force, à subir de dures conditions.

Amyntas laissa trois fils, Alexandre, Perdiccas et Philippe; l’ainé ne succéda à son père qu’en chassant son compétiteur Ptolémée d’Alorus, avec l’aide de Pélopidas, et en donnant pour otage aux Thébains son plus jeune frère, Philippe, qui fut élevé dans la maison du grand Épaminondas. Mais, dans la même année, Ptolémée renversa Alexandre du trône et prit en main les rênes du gouvernement, sous prétexte de conserver le pouvoir royal aux deux jeunes princes mineurs, ainsi que le lui avait enjoint Pélopidas, Perdiccas IT, qui supportait impatiemment sa tutelle, lui arracha la vie, et les Athéniens, commandés par Iphicrate, l’aidèrent à triompher de Pausanias, autre prétendant à la couronne. Un demi-siècle de révolutions semblait devoir entraîner la Macédoine à sa ruine; en effet, les Illyriens en profitèrent pour lui imposer un tribut, et Perdiccas fut tué en combattant contre eux.

Instruit de la mort de son second frère, Philippe s’enfuit de Thèbes, où il était toujours en otage, dans l'intention de prendre le gouvernement comme tuteur de son neveu, le jeune Amyntas, mais en réalité pour son propre compte ; dans le cours d’un règne de vingt-quatre années, il éleva la Macédoine au premier rang. S'il ne montra point qu'il avait appris d’Épaminondas la morale et

la probité, la prudence persévérante avec laquelle il sut combiner

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