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CHAPITRE XXVI

La civilisation italienne sortit donc d’abord de la civilisation pélasgique , ou grecque antique, si on l’aime mieux, adoptée par les populations qui habitaient originairement le pays, et qui étaient venues peut-être du Nord; puis de la civilisation resénique des Étrusques. Plus tard une troisième civilisation, plus brillante et plus durable que les deux autres, fut apportée en Italie par les colonies helléniques.

Les Grecs, que nous avons vus ailleurs fonder tant de colonies, surtout après avoir conquis leur liberté (2), enétablirent danstoutes les parties de l’Italie (3), et particulièrement sur les côtes occidentales , plus accessibles que celles de l'Orient. Plus tard ils les semèrent en si grand nombre dans la Sicile et sur les côtes occiden-

(t) Le nom de Grande Grèce ne se rencontre ni dans Hérodote ni dans Thucydide; c’est Polybe qui le mentionne pour la première fois (livre ET, ch. 12). Strabon trouve la cause de cette dénomination dans la grande extension que la I Grèce prit au dehors; Festus et Servius (ad Æn.,1, 573) dans les nombreuses Ê cités grecques de ce pays ; d’autres ont une opinion différente. Delisle, d’Anville et Micali pensent que cette partie de l'Italie fut ainsi appelée parce qu'elle avait plus d'étendue que la Grèce orientale. Beancoup attribuent ce nom à la philosophie de Pythagore, née ou répandue dans cette contrée, et Synésius, évêque du cinquième siècle (£p. ad Pæonium) dit qu'il était commun à tous les pays où l'on pratiquait les rites mystérieux aus pythagoriciens. D'autres enfin prétendent qu’elle fut appelée Grande, parce qu'elle devança l’autre Grèce dans la voie de la philosophieet de la civilisation. H paraît que le nom général dura. jusqu'à la fin du troisième siècle de Rome, alors que les peuples empruntèrent leur dénomination particulière à la contrée que chacun d'eux occupait. On ne connaît même pas d’une manière certaine quelle était l'étendue de pays que cenom embrassait; néanmoins or l’applique généralement à huit régions : Locrienne, Caulonite, Scyllétique, Crotoniate, Sybaritique, Héracléenne , Mélapoatine, Tarentine; il comprenait donc en gros l’Apulie, la Lucanie, le Bruttium.

(2) Voir le cliapitre X.

(3) On a trouvé dernièrement an Pirée un décret, olympiade CXIIE, par lequel il était ordonné qu'on enverrait à Adria une colonie conduite par Miltiade, successeur de son homonyme, le vainqueur de Marathon; c'était dans le but d'établir des marchés de froment et d'élever une barrière contre les Tyrrhènes. Bulletin de correspondunce crchéologique, 1836, p. 135.

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Les plus considérables et les plus nombreuses étaient situées sur le golfe de Tarente , et s’étendaient même vers les côtes occidentales de l'Italie jusqu’à Naples; elles avaient eu pour fondateurs les Doriens, les Achéens, les Ioniens.

Hybla, Thapsos, Géla, Agrigente, Messane, Tarente, étaient doriennes; achéennes, Sybaris , Thurium, qui lui succéda, Crotone et les vilies fondées par cette dernière , Laüs , Scydros , Métaponte, Posidonie, Térina, Caulonia, Pandosie ; ioniques ou chalcidiques, Cumes, Naples, Zancle , dont sortirent Himère et Myles, Naxos, qui eut pour filles Gallipoli, Léontium , Catane , Eubée , Tauroménium et Régium. Élée et Scylacéum étaient aussi d’origine ionique. Les Crétois transportèrent en outre des colonies à Brindes, à Iria, à Salente, et à Héracléa Minoa en Sicile ; les Thessaliens, à Crimise , à Égeste; les Étoliens, à Témèse ; les Phocéens, à Lagarie.

Les Doriens prévalurent donc dans la Sicile , les Achéens dans la Grande Grèce (2). Les souvenirs de quelques-unes des villes

(1) Voy. Sainre-Croix, HeëREN, RaouL-Rocnerre, surtout HEynE, dans ses Prolus, XV de civilatum græcarum per Magnam Graæciam et Siciliam institutis el legibus, 1° vol. des Opuscula academica ; Gôtlingue, 1787.

(2) Colonies grecques en Ilalie, selon les différentes époques de leur fondation.

1300 ou 1050. Cumes, fondée par ceux de Cyme dans l'Eubée, avant la destruction de Troie ; elle enfanta Naples et Zancle, qni, dans la suite, prit le nom de Messana ou Messine, De Zancle sortirent Himère et Myles.

1260 ou 900, Mélaponte, par les Pyliens à leur retour de Troie, puis repeuplée d'Achéens et de Sybarites.

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