‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 98 sur 146 · IE, HO · texte numérisé non relu

IE, HO

sum Ro- » sujet, ef, ns le Mu-

venus de l’Attique, ou faits même en Grèce et transportés en Étrurie par le commerce (1); il est pourtant difficile d'admettre que les [taliens enterrassent si volontiers, par centaines , des vases tirés du dehors, quand on pense surtout qu'il ne s’en trouve en Grèce qu’en petite quantité. D’autres (2) les croient fabriqués dans le pays, mais par des Grecs ; ils appuient cette opinion sur ce que les compositions sont empruntées , pour la plupart , à la mythologie grecque , que souvent les caractères en sont grecs (3), souvent aussi le nom des auteurs, et qu’enfin ils paraissent suivre dans leur progrès celui des arts helléniques. Les plus anciens, et c’est le plus grand nombre, seraient, selon eux , grecs et antérieurs à l'an 460 avant J. C.; grecs également les moins anciens , noh postérieurs cependant à l’an 300 avant notre dre, lorsque la langue greëque aurait été remplacée par l’idiome étrasque dans les inseriptions les plus récentes. Il est rapporté que Démarate , en venant de Corinthe à Tarquinies , emmena avee hi les potiers Euchire et Eugramme (4); ce qui signifie que les Étrusques apprirent des Grecs à dessiner avec grâce et à bien modeler, On a donc tort de dire

seo Etrusco, 1737 ; Boxannem, CAyLUS, D'HANCARVILLE CE HAMILTON (1766), qui soutient la nationalité italienne des vases élrusques, ainsi que le font Passenr, Hevne, Guannacer, Fréren, Micau et Deursren. LANA, qui ne voit que du grec dans tout ce qui est étrusque, Marret, Zanont et autres, sont pour l'origine étrangère,

Il faut dire cependant que les vases étrusques n'ont été examinés avec critique, classés et distribués par époques, que duns les dernières années. Avant cela, on confondait tellement les temps, on faisait des classihcations si capricieuses, que Ovrenien MurLen crut qu'ils ne seraient d'aucune utilité pour éclaircir l’histoire et les croyances des Btrusques.

Voici les meilleurs onvrages récents : Incurnamr, Monumenti etruschi e di etrusco nome illustrati, con appendice di F. Oniout, 1835, -— Donow, Voyage archéologique dans l'ancienne Étrurie; Paris, 1829. — De Wire, Description d'une collection de vases peints el bronses antiques, provenant des fouilles de l'Étrurie; Paris, 1847. — Fe, Storia de’ vasi fittili dipinti etruschi, collarelasione della Colonia Lidia ; Rome, 1832; Dei sepolcrali edijisii dell Etruria media, e in generue dell architeltura toscana, Poligrafia Fiesolana , 1896. — Cu. Lenonwanwr et J. De Wirre, Élite des nionuments céramographiques ; matériaux pour l'intelligence des religsons et des mœurs de l'antiquité, expliqués et commentés.

BuNsEN, Panorka, Gennann, Bnoxpsreb, Hinr, Boëbki, LEWEZOw, Wei: cKen, pv LUvnes , et autres collborateurs des Annali et du Bulletino d'arvheologia , qui paraissent à Rome, ont aussi publié sur ce sujet de savantes dissertations.

(1) M. Raouz-Rocnerre.

(2) Mitincen , O, GERARD.

(3) Plus de vingt vases trouvés à Vulci port at l'inscription ‘Ywy "Aa vner dOuwv : PRIX D'ATHENES , inscription des vases panathénaiques

(4) Pictores. Prune, Mist. nal., XXV, 43,

l’art étrusque ; c’est comme si l’on disait l’art américain à propos des objets faits par des Européens sur le continent de l’Amérique. Les premiers ouvrages vinrent à Rome de l’Étrurie , et les Romains appelèrent éfrusque le style dur et archaïque qui était aussi particulier aux Grecs. Quand ils reçurent de la Grèce des ouvrages délicats et parfaits, ils ne purent que persister dans la supposition qu'un style si différent appartenait en propre aux Étrusques, quoiqueen réalité il ne fût que l’ancien style grec.

Les partisans de l'opinion contraire méconnaissent toute in- .

fluence grecque ; ils croient bien que la civilisation des Grecs, comme celle des Étrusques, vint des Pélasges, ou, pour parler plus généralement, d’unesourceorientale commune, cequi explique les ressemblances, mais ils soutiennent que l'Italie précéda la Grèce dans la vie sociale. Il est donc plus probable que l’art fut porté de l'Italie dans la Hellade, qu’il s’y perfectionna par un merveilleux accord de circonstances, et que plus tard il put influer sur les Étrusques , avec lesquels la Grèce était en rapports continuels de commerce et de colonies.

On ne saurait d’ailleurs méconnaître que les plus anciens ouvrages étrusques ont de la ressemblance avec ceux des Égyptiens et des Orientaux ; ils offrent comme eux desfigures d’une double nature, des sphinx ailés ,des monstres divers , des génies à deux et à quatre ailes, et une multitude de scarabées. Dans la première période, qui va du seizième au dixième siècle , on voit dominer les lignes droites, les attitudes forcées , les formes grêles , les têtes allongées et ovales , terminées par un menton aigu, les yeux relevés des coins , les bras pendants, les pieds parallèles , les plis des vêtements indiqués à peine par un trait. Entre le dixième et le cinquièmesiècle apparaît un second style; les linéaments sont mieux dessinés, mais l'expression, les muscles, les poses, sont exagérés, les doigts roides, les contours forcés, les yeux hagards, les physionomies communes , les membres mal attachés, les cheveux disposes en tresses et en mèches parallèles. Le troisième style, contemporain de la splendeur de l’art grec, est l’imitation de celui-ci, bien qu'on y remarque de l’exagération et qu’il soit maniéré, I se pourrait que des maîtres grecs et des ouvrages grecs fussent venus en Italie , mais rien n'exclut la supposition contraire, Quant aux inscriptions grecques et aux sujets grecs qui s’y trouvent , on devrait d’autant moins s’en préoccuper aujourd’hui que l’on continue à faire des épigraphes en latin et à traiter des sujets empruntés aux mythes de l'antiquité.

ILest probable que les Grecs, comme les Étrusques, fabriquèrent

1 à propos Amérique.

t les Roétait aussi

Ouvrages ipposition ues, quoi-

toute in- .

es Grecs, arler plus ‘plique les

la Grèce | porté de erveilleux r sur les inuels de

ciens ouyptiens et uble nadeux et à rière péiner les têtes alrelevés s des vê-

iéré, Il fussent Quant

des vases du même genre. Ceux de Volterra, de Tarquinies, de Pérouse , d’Orviéto, de Viterbe', d’Aquapendente , de Corneto, appartiennent plus certainement aux Étrusques, et sont en général d’une couleur jaune pâle, enduits d'un vernis rougeâtre ; les figures en noir, hommes et héros, portent, avec l'habillement du pays, la barbe et les cheveux longs ; les divinités ont des ailes. Les vases grecs, d’une terre plus fine et plus légère, sont noirs à l’intérieur, d’une couleur d’ocre jaune ou rougeâtre au dehors, et quelquefois noirs.

De quelque manière qu’on veuille appeler ces ouvrages, en adoptant l’un ou l’autre des divers systèmes (1), on convient généralement que les formes en sont exquises; les peintures n’ont pas la même perfection , attendu qu’elles devaient se faire à la hâte sur l’argile encore fraîche.

Les Étrusques excellèrent encore dans la gravure sur pierres dures, et ils surent couler en bronze. On estimait beaucoup leurs travaux de ciselure , de gravure et d'orfévrerie ; Athènes, dans sa plus belle époque , recherchait les coupes et les ouvrages d’or des Étrusques, qui savaient aussi faire des coupes d'argent , des trônes en ivoire et en métaux précieux, des chaises curules, des chars de triomphe, des armures. On retire de leurs petits tombeaux toutes sortes d’ornements ; il faut y joindre les miroirs de bronze concaves, qu’on a pris quelquefois pour des patères, et les cistes mystiques.

Les souvenirs d’une civilisation si florissante périrent dans la gucrre des Marses, puis dans celle de Sylla, qui détruisirent les hommes aux sentiments généreux, les monuments de tout genre, et surtout les livres. Les Étrusques succombèrent alors avec leurs sciences et leur littérature. Les plus magnanimes furent atteints parla proscription du dictateur; plus tard les poëtes firent honneur à Auguste d’avoir renversé les autels del’Étrurie (2). Des colonies romaines furent établies dans les villes; la langue latine devint dominante, et les propriétaires furent réduits à la condition de fermiers; les Grecs ne parlèrent plus des Etrusgues que comme de pirates et de débauchés , les Romains comme d’aruspices et d’artistes, Chez ce peuple vaincu, la domination étrangère étouffa bientôt les souvenirs du passé, ne lui laissant d’autre désir que celui de devenir tout à fait romain ; ce fut de la même

(1) Vases étrusques "grecs, gréco-italiens, ilalo-grecs, campaniens , sicules’, athéniens , céramographiques , etc.

(2) Eversosque focos antiquæ gentis £truscæ, Pnorerce, HE, 1, 29.

manière qu’en moins d’un siècle s’anéantit la civilisation mexi- t caine.

Page 1