CHAPITRE XVII
tions du*pape , le grand-duc de Toscane, les ducs de Savoie et de Modène, Lucques, firent passer de l’argent, des munitions et des soldats à Candie. Clément IX supplia toutes les cours de la chrétienté de tenter quelque chose en faveur de Venise ; mais il n’obtint que du roi de France, et encore sous pavillon pontifical, l’envoi d’une flotte insuffisante. Le 27 septembre 1669, la ville de Candie capitula et Venise fit la paix. La chute de cette ville chrétienne porta un coup terrible au pape. Il mourut trois jours après en avoir reçu la nouvelle.
Cette guerre de Candie , comme l’insurrection de Masaniello, ne fut qu’un glorieux épisode dans la terne stérilité du xvir siècle. Après de longues discussions entre les Chigi et les Barberini , un vieillard de quatre-vingts ans , Clément X, élu après le désistement des deux partis, donna de nouveau l’exemple de prodiguer ses faveurs et les biens de l’Église à ses neveux. Le duc de Mantoue , Charles IV, qui avait succédé à son père en 1665, héritier des vices de sa famille, continua à dissiper l’argent de ses États en fêtes, perdit, par l’excès de la débauche, l’espoir d’avoir des enfants , et réveilla les prétentions et les intrigues de la maison d’Autriche sur le Montferrat.
En l’année 1670, le grand-duc de Toscane, Ferdinand II, mourut , et les premières années môme de son successeur firent sentir à la Toscane et à l’Italie la perte qu’elles avaient faite. Cosme III était loin d’avoir les mêmes talents que Ferdinand II. Ennemi des lettres, étroitement dévot, il rompit avec les habitudes libérales de son père; un faste excessif et une piété exagérée changèrent tout le caractère de sa cour. Après la mort du cardinal Léopold, l’académie del Cimento, minée d’ailleurs par les querelles de Borelli et de Viviani , se dispersa. Le mariage, que le nouveau duc Cosme III avait contracté avec Marguerite- Louise, fille du duc d’Orléans, ne réussit point. La fière et élégante princesse ne cachait point son mépris pour son époux et pour sa couronne ducale. Cosme, méfiant, jaloux, rendait encore’ ses regrets plus amères. Ferdinand II était parvenu au moins à éviter le scandale. Quand il ne fut plus là, on en vint «A une rupture