CHAPITRE IV
lan( plus rien tenir que de la force. Le pape , après avoir demandé inutilement des secours au chef des Francs, Charles Martel, occupé de tenir tète aux Sarrasins en Gaule, fut obligé de s’humilier. 11 préféra la clémence du roi orthodoxe à celle de l'exarque hérétique, se rendit de sa personne dans le camp de Luitprand, et obtint la retraite des Lombards,- qui n’inquiétèrent plus Rome jusqu’à sa mort, en 731.
I.cs papes Grégoire III (931) et Xaelmrie (341); le roi Mntchl» (944).
Son successeur, Grégoire 111, Syrien de naissance, chez qui le zèle et l’ambition étaient soutenus par un caractère passionné, et servis par un esprit de ruse tout oriental, poursuivit l’œuvre dé l’indépendance romaine avec aussi peu de succès. D’une égale hardiesse contre ses ennemis spirituels et temporels, il tit, en dépit des attaques de Léon l’Isaurien, excommunier tous les iconoclastes par un concile de quatrevingt-treize évêques, tenu dans l’église de Saint-Pierre; pendant une maladie assez grave de Luitprand , il jeta Thrasamund sur le duché de Spolète , et soutint dans celui de-Bénévent la révolte d’un certain Gothschalk. Luitprand, revenu à la santé , fit prisonnier Thrasamund , qu’il enferma dans un cloître , chassa Gothschalk , rétablit Gisulf à Bénévent, et reparut sous les murs de Rome , où ses ravages rappelèrent quelquefois les premiers temps de la fureur lombarde. Grégoire III, éperdu, écrivit à Charles Martel la lettre la plus pressante et la plus flatteuse pour son ambition ; l’apôtre de la Germanie, Boniface, offrit de sa part, au duc des Francs, le titre de patrice des Romains, mais sans pouvoir l’armer contre Luitprand, qui avait adopté son fils Pépin.
Le successeur de Grégoire III (741), Zacharie, Grec de naissance, fit beaucoup plus par sa prudence et sa politique, pour l’avenir du saint-siège. Le traité de Terni restitua à l’Église romaine les terres qui lui avaient été prises dans la Sabine, l’Ombrie et la marche d’Ancône; celui de Pavie suspendit pour quelque temps la guerre entre les Lombards et les Grecs, et laissa, au profit du saint-siège, les choses en
les lombards; l’exarchat de ravenne.
l’état. A l’instigation du pape, le clergé lombard, après la mort de. Luitprand (744), éloigna du trône llildebrand, dont les antécédents ne promettaient point la paix à l’exarcl\at , et lit élire à sa place Ratchis, duc. de Frioul, guewiei* pieux ♦t docile à la voix des prêtres. Enfin, en décidant d'un mot l’élévation au trône des Francs du fils de Charles Martel , en le faisant sacrer de la main de Boniface, Zacharie assura pour les mauvais jours une protection au saint-siège. Grand service! si ses successeurs étaient assez forts et a«sez habiles pour ne pas le payer de leur indépendance et de celle de l’Italie !