CHANTRE VU
forcé Arduin à s’enfermer au couvent de Fruttuaria sous l’habit de moine, et dispersé à Rome les restes de la faction de Crescentius, il tenta d’assurer son autorité, en même temps que la paix, en poussant jusqu’à ses dernières conséquences la politique des Othon. Connu sous le nom d’Henri le Saint, qui lui a été conféré par le clergé allemand et italien, il ne se montra pas moins généreux envers l’Église en deçà qu’au delà des Alpes. La nécessité de se rattacher les évêques du parti d’Arduin, et d’accorder des privilèges égaux à ceux qui lui étaient restés fidèles, faisait en Italie un acte politique de ce qui n’était chez lui qu’un instinct et une habitude pieuse.il prit le parti de faire des évêques le contre-poids des seigneurs laïques, le ferme appui de l’empire, et porta la puissance épiscopale à son apogée.
Grâce aux nombreuses chartes octroyées ou confirmées par Henri II , les droits do battre monnaie, de bannir les vassaux, de rendre la justice haute et basse, de percevoir les douanes, péages, etc., tombèrent définitivement entre les mains des évêques. Dans les campagnes, par le moyen de capitaines qu’ils chargeaient de rendre la justice et de commander les chevaliers, ceux-ci finirent par remplacer aussi les anciens comtes, dont le ressort avait été autrefois le même que la circonscription diocésaine; et l’image du saint, patron de la cité (corpus sanc tu m), élevée d’abord seulement sur les limites de la banlieue que les évêques couvraient de leur immunité, put être victorieusement portée aux bornes du diocèse. La féodalité ecclésiastique remplaça la féodalité laïque. Les empereurs croyaient tenir celle-là puisqu’ils investissaient par la crosse et l’anneau , c’est-à-dire élisaient la plupart des évêques, aussi bien que fort souvent le pape lui-même.
Il appartenait à Henri le Saint, au protecteur du pape et des évêques, d’arracher le midi do l’Italie aux Grecs schismatiques et aux Sarrasins infidèles. Une petite république, la ville de Pise, semblait tracer son devoir au souverain de l’Italie ; elle attaquait les Sarrasins dans Reggio et leur enlevait une première fois, de concert avec Gènes, l’ile de Sardaigne. Henri II, en 1021, prit Troia aux Grecs en Apulie