‹ Histoire véritable d'un voyage curieuxChapitre 1 sur 59 · NUREMBERG · texte numérisé non relu

NUREMBERG

AUX FRAIS DE LEVINUS HULSIUS.

PRÉFACE

Cette Relation parut pour la p^mière fois à Francfort en 1567, à la suite d'une traduction allemande de Cadamosto. Levinus Hulsius, libraire de Nuremberg, Tinséra ensuite dans sa collection de voyages en vingtsix volumes inK>ctavo : elle en forme la qua-

^^ PRÉFACE

trième partie réimprimée plusieurs fois depuis ; mais la première édition qui est de 1699 est beaucoup plus complète que les autres. Les éditeurs s'étant permis plusieurs retranchements, Hulsius publia aussi à la même époque une traduction latine de ce livre , sous le titre de : V^era historia admirandœ cujusdam navigationis , quam Huldericus Schmidel Straubingensis ah armo i534, usque ad annuro. 1 554 ^^ Américain \^el novum mundum^ juxta Brasiliam et Rio deUa Plata , confecit , etc. , ab ipso SchmideUo ger^ manicè descripta : nunc vero , etc. , in hanc formam reducta. Les noms propres du texte original étaient altérés de la manière la plus méconnaissable : Hulsius les rectifia en partie ; mais il laissa subsister un grand nombre d'erreurs que j'ai corrigées de mon mieux , en ayant soin cependant d'en prévenir cha-

PRÉFACE. V

que fois par une note, ou bien en restituant la véritable orthographe entre parenthèses, quand il s'agit de noms espagnole. Lorsque ce sont des noms indiens , n'ayant pas de documents assez positifs , je les ai conservéis comme ils sont écrits par l'auteur. Cette Relatioti fut aussi traduite en latin par Gotthard Artus de t>antzik : elle forme la septième partie de la collection connue sous le nom de GtatidJs voyages. Cette version , faite probablement sur la première éditiop allemande , est beaucoup moins correcte que celle d'Hulsîiis.

Je vais rappeler en peu de mots quelles furent les expédition^ qui précédèrent le voyage d'Ulrich Schmidel.

Le Rio de la Plàta fut découvert eh i5i5 par Juan Diaz dé Solis , qui y périt misérablement, massacré par les Indiens. Loaisa, Mageflan , et quelques autres aventuriers es-

VI PREFACE

pagnols, portugais et génois le visitèrent successivement (i), mais Sébastien Cabot fut le premier qui en i5:26 tenta d'y former un établissement durable. Ce navigateur pénétra très-avant dans ce fleuve auquel Solis avait donné son nom , et qui prit plus tard celui de Rio de la Plata ou rivière de l'Argent , parce que suivant Herrera c'est de là que l'on ap* porta le premier argent d'Amérique en Espagne. Cabot avait remonté assez loin la rivière du Paraguai, et même il n'avait été arrêté que par la crainte d'empiéter sur les possessions portugaises.

Après cinq ans de séjour dans ce pays, ayant perdu beaucoup de inonde dans di* vers combats contre les Indiens , Cabot se décida à retourner en Europe pour demander ^

(i) Quant à la découverte du Brésil , voyez la pr^^ace de l'Histoire de la province de Sancta-Çruz , qui forme le second yolume de cette collection.

,iv ht}

des renforts. II, rendit un compte si avantageux de cette province, que don Pèdre de Mendoce en sollicita le gouvernement', qu'il obtint à la condition d'y transporter mille hommes et cent chevaux, et d'y construire trois forteresses.

Ulrich Schmidel , auteur de la Relation que nous publions aujourd'hui , faisait partie de cette expédition. Je n'ai pu recueillir sur lui que les renseignements qu'il nous fournit dans le récit de ses voyages. Il n'était probablement que simple soldat ; au moins aucun passage de son livre ne nous apprend qu'il ait jamais exercé de commandement. Schmidel avait peu d'instruction; cependant il ne manquait pas de bon sens , et sa narration porte un grand caractère de vérité. Il ne font pas y chercher des considérations d' un ordre élevé : ce ne sont que les

YIII PRÏF4CE.

mémoires d'qn vieux soldat, qui de retour dans ses foyers raconte simplement et sans exagération ce qiii lui est arrivé.

Nous|croyons devoir prévenir le lecteur que, pour tirer un véritable profit de cet ouvrage , il est bon de le comparer continuellement avec les commentaires d'Alvar Nunez Gabeca de \e^ei , qui paraîtront impiédiatement après ce volume

PREFACE

D'ULRICH SCHMIDEL

L'an i&Zk' de rincarnation de notre seigneur et rédempteur Jésus-Christ, moi Ulrich Schmidel deStraubing, je m'embarquaià Anvers, et depuis j'ai parcouru TEspagne , leâ Indes et différentes iles , non sans courir quelques dangers. Je vais raconter le plus brièvement possible ce qui nous est arrivé à mes compagnons et à moi pendant tout ce voyage qui dura depuis i^3k jusqu'en 155&' , époque à laquelle, grâce à la protection de Dieu tout-puissant , je rentrai dans ma patrie.

LEVINUS HULSIUS

Page 1