‹ Histoire véritable d'un voyage curieuxChapitre 11 sur 59 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De Buenos-Âyres et des Garendies (i).

Nous coiïiniencâmes à construire une ville, à laquelle nous donnâmes le nom de Buenos - Ayres , à cause de la salubrité de Fair. Nous avions amené d'Espagne 1

(i) Les Garendies , que d'autres nomment Querendies, sont entièrement détruits. Le père Dobritzhofer (ffisioria de Ahiponibus. Viennœ , 1784, 3 voL in-8°, t. i, page 148), donne la liste suivante des nations citées dans les historiens, et dont il ne reste plus de vestiges :

Caracaras , Hastores, Chômas, Timbus , Caracoas , Napiques, Agazes, Itapurus, Urtueses, Perabazones, Frentones , Aquilotes, etc.

On retrouvera quelques-uns de ces noms dans la relation de Schmidel.

soixante - douze chevaux ou juments (i).

Près de notre nouvelle colonie , se trouvait un village habité par les Carendies. La population se montait à environ trois mille âmes; en comprenant les femmes et les enfants.

Celles-ci , comme les femmes des Zechuruas , se. couvrent seulement depuis le nombril jusqu'aux genoux. Ces Indiens nous fournirent de la viande et du poisson. Ils n'ont point de domicile fixe : ils errent cà et là dans le pays, à peu près comme nos Bohémiens.

Quand ils voyagent pendant leté, ils font quelquefois jusqu'à trente milles sans trouver une goutte d'eau potable. S'ils peuvent réussir à s'emparêt d'un cerf ou d'un autre animal, ils t'égorgerit pour en boire le sang, mais ils iie lé font que quand il^ ne trouvent aucun autre moyen d'étancher leur soif, et qu'ils sont sur le point de mourir. Ils ramassent aussi une racine nommée cardes^ qu'ils mangent pour se désaltérer.

Les Carendies partageaient généreusement

(i) La plupart de ces détails sont confirmés par Herrera , decad. y, lib. ix, cap. lo.

d'ulrich SGHMIDEL. 3']

avec nous le peu de vivres qu'ils avaient, et chaque matin ils apportaient au camp du poisson et de la viande. Cependant un beau jour nous n'en vîmes plus paraître un seul.

Don Pèdre de Mendoce se décida alors à envoyer un juge nommé Juan Baban , avec

deux soldats, chez ces Indiens , qui habitaient alors à quatre milles de là. Mais ceux

ci les renvoyèrent après les avoir roués de coups. Notre chef, ayant été informé de ce qui s'était passé, par le juge qui profitait de sa position pour soulever le camp et l'engager à tirer vengeance de cette insulte, envoya contre les Carendies don Diègue de Mendoce, son frère, avec trois cents fantassins et trente cavaliers bien armés , au nombre desquels je me trouvai. Il ordonna de s'emparer de leur village, et de lui amener prisonniers tous ceux qui échapperaient à la mort. Quand nous arrivâmes près de l'endroit où se trouvaient les Carendies , déjà ils avaient rassemblé plus de quaLie mille hommes , en appelanfrà leur aide tous leurs amis et leurs parents.

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