‹ Histoire véritable d'un voyage curieuxChapitre 13 sur 59 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la yille de Buenos -Ayres, et de la famine qu'on y

éproura.

QuAifD nous fûmes de retour au camp, on sépara les hommes de l'expédition en deux bandes ; ceux qui avaient des métiers , et ceux qui étaient soldats de profession , afin d'em-

ployer chacun de la manière la plus convenable. On s'occupa ensuite à construire la ville. On commença à élever un mur en terre de trois pieds d'épaisseur et de la hauteur d'une demi-pique , ainsi qu'une maison solide et fortifiée pour notre commandant.

Mais souvent ce que l'on avait élevé la veille s'écroulait le lendemain ; car les vivres commençaient à manquer , et les travailleurs étaient réduits à une telle extrémité , que la faim en faisait périr un grand nombre. La famine était si grande que les chevaux ne suffisaient plus , et l'on mangeait les loirs, les rats , les reptiles , les] animaux les plus immondes, les chaussures et tout le cuir que l'on pouvait trouver.

Trois Espagnols ayant dérobé un cheval , le mangèrent en secret ; ce vol fut découvert ; oxx le3 mit h la question ; iet , comme ils ^'en avouèrent I^s ;^ut(eur(s , ils {nr^nt cond^mm»^ à la potence et exécutés. Le lendemain , imh autres Espagnole leur eoiipèreoi les <^4iâ(ses, ^

D ULRICH SGHMIDEL. ^5

leur arrachèrent de grands lambeaux de chair pour s'en repaître dans leur cabane : un autre dévora le corps de son frère qui venait de mourir à Buenos-Ayres.

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