‹ Histoire véritable d'un voyage curieuxChapitre 16 sur 59 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

L'année est passée en revue. On construit de nouveaux batimeato po«rcopti|tiier l'expeâitian.

Quand le combat eut cessé, nous nous retirâmes à bord des vaisseaux , et notre général remit le commandement des troupes et le gouvernement du pays à Juan de Ayolas.

Celui-ci passa une revue générale, et vit que de deux mille cinq cents hommes venus

56 RELATION d'uLRIGH SGHMIDEL.

d'Espagne y il n'en restait plus que cinq cent soixante : presque tous les autres avaient péri à Fépoque de la famine.

Don Pèdre de Mendoce fit construire en toute hâte huit embarcations , tant brigantins qpie chaloupés. Dès qu'elles furent terminées, il se mit en route à la tête de quatre cents hommes : cent soixante restèrent pour garder les vaisseaux, sous le commandement du capitaine Juan Romero. Il laissa des provisions pour un an , en comptant huit onces de pain par jour pour chaque homme : ceux à qui cette ration ne suffirait pas devaient se procurer des vivres comme ils le pourraient.

CHAPiyft^E XIII.

'Si

Relation du voyage des ]|oo soldats qtf^Hypntèrent le Rio de

la Plate.

Juan de Ayolas se mit donc en route avec ses quatre cents hommes. i)on Pédre de M endoce voulut raccompagner dans cette expédition, afin de remonter le fleuve jusqu'à ce que nous rencontrassions ies Indiens.

58 RELATIOR

Nous jiarvinmes après deux mois de navigation, à quatre-vingt-quatre milles de Buenos - Ayres , qui venait d'être incendiée.

Quand nous fumes arrivés à quatre milles du village de cette nation , appelée TiemVus, et que nous avons nommée Bonne-Espérance , des Indiens qui habitent une île vinrent au-devant de nous avec des démonstratidns d'amitié. Ils montaient des embarcations qu'ils nomment canoaSy et dont chacune peut porter environ seize hommes. Notre commandant, Juan de Ayolas, doUna à Zchera-JVassu^ leur principal cacique , un bonnet rouge , un hameçon et diverses autres bagatelles. Ce chef nous conduisit dans son village, et nous fit faire un excellent repas, composé de viande et de poisson, ce qui est \eut seule nourriture. Nous enfumes très-satisfaits ; car si notre voyage avait duré dix jours déplus , nous serions tous morts de faim. Déjà sur les quatre cents hommes qui

d'ulrich sghmidel. 5q

s'étaient embarqués, nous en avions perdu près de cinquante.

Les Tiembus portent des deux côtés du nez une petite étoile, faite d'une pierre blanche et bleue. Les hommes sont d'une taille haute et élancée , mais les femmes, vieilles et jeunes , sont fort laid^s^ elles oiH^toujours la figure déeMpée et saigh'ante ^ et n'ont pour tout vêtenurat qu'un tablier, qui leur tombe jusqu'aux genoux. Ces Indiens vivent exclusivement de viande et de poisson , et ne connaissent pas d'autre nourriture. On peut «stimer leur population un peu au-dessus de quinze mille âmes. .* '

Ils construisent leurs canots avec une es-/ pèce d'arbre qui a jusqu'à quatre-vingts pieds de long , et trois pieds de diamètre. On les conduit à la rame, comme les barques dont on se sert en Allemagne pour aller à la pêche.

Seulement les rames des Indiens ne sont pas garnies de fer.

CiÉAPITRE XIV.

Don Pèdrc de Mendoce se^pmbarque pour TEspagne, et meurt

pendant la trayersée.

Il y avait déjà quatre ans que nous séjournions dans cet endroit , quand notre général

don Pèdre de Mendoce , doq^^ la santé était

entièrement délabrée , qui avait tout à Ikit

perdu l'usage de ses membres, et dépensé plus de quarante mille ducats de sa propre fortune, se décida à retourperÀ Buenos-Ayres en emniçi^ant deux de Ws brigantins. Il suivit la rlwe de la ville où nous avions laissé les quatre grands vaisseaux. Il en prit deux avec cinquante hommes d'équipage et partit pour l'Espagne. Mais à peine était-il arrivé à la moitié du vwag€^ que la main de Dieu toutpuissant s'étendit sur lui et il mourut misérablement.

Mendoce s'était engagé à nous envoyer deux autres vaisseaux aus&itot que lui ou les siens seraient en Espagne; il avait même inséré cette promesse dans son testament : elle fut fidèlement tenue. Dès que les deux vaiss^ux furent

arrivés, et que les conseillers de sa majesté eurent étëlnstipjLijyts de tout ce qui s'était passé , ils expédierait pour le Rio de la Plata, au nom

d'ulkich sghmidel. 63

de l'empereur, deux vaisseaux chargés de

soldats , de vivres / de marchandises , et

de tout ce qui pouvait nous être nécessaire.

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