CHAPITRE XL
Les Indiens assiègent la ville de Buenos-Ayres, donnent l'assaut
et U brûlent.
Nous pass$Lmes un mois à Buenos-Ayres , manquant de tout , et atteodant que nos embarcations fussent remises en état. A cette époque, en i535 , les Indiens s'avancèrent au nombre de vingt-trois mille hommes, et mirent le siège devant la ville. Cette a:rmée se
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composait de quatre nations différentes , les Carendies , les Bartennis , les Zechuruas et les Tiemhus. Ils avaient l'intention de nous enrminer jusqu'au dernier. Mais grâce à Dieu qui nous protégea dans<;ette occasiop, nous ne perdîmes que trente hommes, y com-
pris les officiers.
Aussitôt qu'ils furent arrivés près de la ville, ils commencèrent à donner* l'assaut pour tâcher de l'enlever de vive force. Ils nous lancèrent d'abord des flèches enflammées pour mettre le feu à nos maisons, qui n'étaient couvertes qu'en paille , k Texoeption de celle du général, dont le toit était en tuiles; de sorte que toute la ville fut bientôt consumée.
Les flèches de ces Indiens sont faites en roseau : ils les allument par le bout avant de s'en servir; ils en font a^ssi avec une espèce de bois qui ne s'éteinf pas quand il est lancé. Elfes mettent facilement le feu aux maisons couvertes en chaume et à tout ce qu'elles atteignent.
Pendant ce combat, les Indiens incendié-
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rent nos quatre plus grands vaisseaux qui étaient à Fancre à un demi-mille du rivage.
Effrayés par la multitude des assaillants, les équipages s'étaient réfugias dans trois autres navires peu éloignés de là et qui portaient de l'artillerie. Quand ils virent brûler les quatre premiers vaisseaux, ils se mirent en défense, et tirèrent quelques volées de canon, ce qui effraya tellement l'ennemi , qu'il cessa l'attaque, se débanda et prit la fuite. Tout ceci
arriva le jour de la fête de saint Jean levangéliste, l'an i535.