‹ Histoire véritable d'un voyage curieuxChapitre 18 sur 59 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

NaTigation en remontant le Parana jusqu'à Curenda.

Nos chefs nous firent donc rembarquer sur les brigantins , et nous commençâmes à remonter le Parana pour aller à la découverte d'une autre rivière , nommée Parabol, dont on nous avait parlé : les rives de cettedernière sont habitées par les Indiens Garios. On nous avait

assuré que nous y trouverions en abondancedu mais, des fruits et des racines dont les naturels font du vin, ainsi que de la viande, du poisson , des moutons grands comme des mulets , des cerfs , des sangliers , des autruches , des poules et des oies. (Voyez plus loin chapitre XX.)

Nous quittâmes donc le port de Bonne-Espérance. Le premier jour nous fîmes environ quatre milles, et nous arrivâmes à une île nommée Curenda , dont les habitants vivent de chair et de poisson. Cette nation peut fournir jusqu'à douze mille guerriers, et possède un grand nombre de canots. Elle a les mêmes coutumes que les Tiembus, entre autres celle de porter une pierre enchâssée dans la narine.

Les hommes sontbienfaits, mais les femmes, vieilles ou jeunes, sont généralement fort laides, leur figure est toujours déchirée et ensanglantée. Elles ne sont pas mieux vêtues que chez les Tiembus , c'est-à-dire qu'elles n'ont sur le corps, comme je l'ai déjà dit, qu'une

D ULRICH SGHMIDEL. ^ I

espèce de tablier en coton qui descend de • puis les hanches jusqu'aux genoux. Leur principale richesse consiste en peaux de loutres. Ils partagèrent avec nous le peu qu'ils possédaient, et nous fournirent du poisson , de la viande et des cuirs en échange de verroteries, de chapelets, de miroirs, de peignes, de couteaux et de hameçons. Quand nous les quittâmes après avoir passé deux jours avec eux, ils' nous donnèrent , pour nous servir d'interprètes, deux Carios, qui étaient leurs prisonniers.

Page 1