‹ Histoire véritable d'un voyage curieuxChapitre 19 sur 59 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Arriyée à Gulgaïsi et à Macuerendas.

Nous continuâmes à remonter la rivière , et nousarriyàmessurleterritoired'unenationqui peut armer environ quarante mille guerriers.

On nomme ces Indiens Gutgaïsis. Ils parlent la même langue que les Tîembus et les habitants de File de Curenda dont ils sont éloignés de

trente milles. Ils ont Tusage de s'introduire une pierre dans la narine. Ils habitent les bords d'un lac qui a six milles de long et quatre de large , sur la rive gauche du Parana.

Nous passâmes quatre jours avec ces Indiens, qui partagèrent avec nous ce qu'ils avaient, et nous leur fîmes quelques présents.

Après avoir navigué pendant dix-huit jours sans voir un seul homme , nous arrivâmes à l'embouchure d'une rivière qui vient de l'intérieur des terres, et dont les bords sont habités par la tribu nombreuse des Macuerendas. Ces Indiens ont peu de viande et ne vivent guère que de poisson. Ils sont très-vaillants, et peuvent mettre jusqu'à dix-huit mille hommes sous les armes : ils possèdent un grand nombre de canots. Ils nous reçu-»

rent de leur mieux et nous fournirent des provisions. Leur village est situé sur la rive droite du Parana, à soixante-quatre milles des Gulgaisis. Ils sont bien faits , mais leurs femmes sont aussi laides que celles des autres

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Indiens : ils portent eomme eux une pierre à côté du nez : leur langage est tout à fait différent.

Nous nous reposâmes quatre jours chez eux. Pendant ce temps, nous trouvâmes sur le rivage un serpent monstrueux. Il était long de vingt-cinq pieds, et de la grosseur d'un homme. Sa peau était noire , tachetée de jaune. On le tua d'un coup de mousquet, et les Indiens furent eux-mêmes remplis d'étonnement quand on le leur montra , car ils, n'en avaient jamais vu de cette taille.

Ils nous racontèrent que ce serpent leur avait déjà fait beaucoup de mal , qu'il avait enlacé plusieurs Indiens dans ses replis, pendant qu'ils se baignaient, et les avait entraînés au fond de Feau pour les dévorer. Après que j'eus mesuré , avec beaucoup de soin , la longueur et la grosseur de ce reptile, les Indiens le coupèrent en morceaux, l'emportèrent chez eux, le firent bouillir et le mangèrent.

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