CHAPITRE XXIII
Séjour à l'Assomption. — Les Espa^ols prennent des renseignements sur rétat du pays , et continuent à remonter le fleuve.
Nous restâmes six mois dans la ville de TAssomption pour nous reposer. Notre commandant demanda aux Carios, nos alliés, des renseignements sur la nation des Paiembos ,• ils répondirent que ces Indiens habitaient à cent milles de T Assomptio n , en remontant le fleuve
Parabol. Ayolas s'informa aussi de leûr;s mœurs et de leurs coutumes, et s'ils avaient, beaucoup de vivres. Il apprit qu'ils ne vivaient que de viande , de poisson , et d'une plante nommée algoroho ( algarroba caroube ) , dont ils font de la farine qu'ils mangent avec le poisson. Ils préparent aussi avec cette plante une boisson fermentée, d'un goût sudré et à peu près semblable à celui de l'hydromel.
Quand notre commandant eut obtenu tous ces renseignements des Carios, il leur ordonna de préparer cinq embarcations , de les charger de maïs et d'autres choses nécessaires, et de faire en sorte qu'elles pussent partir dans deux mois. Il voulait visiter d'abord les Paiembos , puis une autre nation nommée Karachkarais. Les Carios lui promirent d'obéir en tout, et ils le firent fidèlement. Il commanda à nos marins de bien réparer les brigantins et de mettre tout en ordre, afin qu'il n'arrivât aucun accident durant le voyage.
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Tout étant prêt et les provisions embarquées , Juan de Ayolas nous passa en revue, choisit trois cents hommes les mieux armés pour l'accompiatgner, et laissa les cent autres à l'Assomption , avec les Garios.
Nous remontâmes de nouveau le Parabol : tous les cinq milles , nous rencontrions un village, dont les habitants s'empressaient de nous fournir du poisson j de la viande , des poules , des oies , des moutons du pays et des autruches.
Quand nous fûmes arrivés au dernier vil- , lage des Garios nommé Ppeibîngo , et qui est éloigné de î^uatre-vingts milles de l'AssomptioBt, nous eûmes soin de charger nos embarcations de tous les vivres que nous pûmes nous procurer.
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