NECESSAIRE
cartes les endroits dont il est question ; par exemple, au lieu de Ténériffe, Goniéra eiPah^ ma, qui sont trois iles des Canaries, on lit dans l'édition imprimée Demerieffe Rumero et Palman ; pour Santiago , qui est une des îles du Cap Verd , S^ncto Ango ; pour Mexico , Mechseckheim : don Pèdre de Mendoce, général en éhef de l'armée, est appelé Pierre Machossan : tout le livre est rempli de bévues de ce genre. M'étant donc consulté, j'ai pensé qu'il était nécessaire de corriger ces nombreuses erreurs et de rétablir cette relation dans sa première forme, sans pourtant y rien changer; car elle s'accorde en tout point avec les historiens espagnols, italiens et français.
Thevet, dans sa Cosmographie, parle de l'expédition dont Schmidel fit partie. Fr. Lopez de Gomara, dans son Histpire des In-
b AVERTISSEMENT
des occidentales , seconde partie , chapitre 89 , rapporte qu'en i534 don Pèdre de Mendoce , sous les ordres duquel servait Ulrich Schmidel, arriva au Rio de la Plata avec douze vaisseaux, qui portaient deux mille soldats ; et qu'en i54i le capitaine Alvar Nunez, Cabeça de Vaca, y fut envoyé par sa majesté impériale, à la tête de quatre cents fantassins et de <|^9rante-six cavaliers. Le même auteur ajoute que les Espagnols fondèrent dans ce pays une ville (l'Assomption sans doute), de près de deux mille maisons, à une distance de quatre cents milles de la mer; qu'ils remontèrent une grande rivière jusqu'aux montagnes d'argent de Potosi, et qu'ils arrivèrent même au Pérou. Gomara ne dit ni quand ni comment cette expédition fut entreprise; mais notre auteur, qui en faisait partie, la décrit avec le plus grand détail, et indique avec soin les distances et le
NÉCESSAIRE. j
chemin qu'on parcourait chaque jour. Il a soin de remarquer aussi les noms des fleuves et des pays.
Après avoir consulté les auteurs, leurs cartes de géographie et d'autres encore^ j'ai dressé celle que je place ici pour faire.plaisir aux amateurs ; car il est certain que les cartes sont la lumière et l'œil de l'histoire. J'ai corrigé et rétabli les noms des pays, des fleuves et des villes dont il est fait mention dans cet ouvrage. Je l'ai divisé par chapitres , en ^goûtant quelques explications qui m'ont paru nécessaires. J'y ai joint le portrait de l'auteur, que j'ai trouvé dans le manuscrit, et plusieurs autres gravures , pour orner davantage cette admirable histoire (i). L'auteur me pa-
(i) Je ne reproduis ni la carte ni les planches, parce que la première n*offre aujourd'hui aucun intérêt , et que les autres m ont paru plutôt le fruit de l'imagination de l'artiste que la copie de dessins exécutés sur les lieux. {Note de V éditeur français. )
8 AVERTISSEMINT
raît digne de cet honneur , après avoir fait un voyage si admirable, et si périlleux, et mis fin à des entreprises si extraordinaires.
J'ai appris dans d'autres ouvrages que ce fut Améric Vespuce qui , étant au service du roi de Portugal , découvrit en 1 5o i le Rio de laPlata, et donna aux sept iles des pierres précieuses le nom qu'elles portent aujourd'hui.
Il crut avoir trouvé le passage qu'il cherchait pour se rendre aux Moluques , et remonta le fleuve à une assez grande distance , mais sans rien faire de remarquable.
Jean de Solis entra en 1 5 1 2 dans la même rivière, qu'il nomma Rio de la Plata (fleuve de l'Argent). Il voulait tenter une nouvelle expédition, lorsque les Indiens le massacrèrent près du cap Sainte-Marie , avec cinquante autres chrétiens.