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cifié; les Juifs en ont fait un nom injurieux pour Jesus^Christ ; nos philosophes ne rougissent point de lui en donner un semblable, qui répond aussi à Thlui; mais ce. n'est point un opprobre pour le christianisme, puisque sa croix a fait le salut du monde , et qu'elle a triomphé et triomphera toujours des Juifs et des faux sages.
Il est aisé de concevoir comment Thlui étant un nom donné ps^r les Juifs au Sauveur, des païens mal. instruits Tauront confondu , à cause de la ressem-^ blance, avec Tulis ancien roi d'Egypite.
Notez que le Dictionnaire de Suidas est une compilation de plusieurs lexiques composés avant lui , quel-> ques-uns par des auteurs païens des premiers siècles de. notre ère , dont on peut voir les noms à la tête.
On reconnoît le peu de jugement et de critique de. ces auteurs,, puisqu'ils font aller Thulis jusqu'à l'O-i céan a pour donner son nom à Fîle de Thulé , comme si les noms dli Nord dévoient venir d'Egypte. Le nom de. Thulé, pour le dire en passant, peut venir de Tjl^ qui signifie derrière , extrémité , dans la latigue esclavone, qui est fort répandue vers le Nord ; le russe en. est un dialecte : cette signification dispense les savants ' de chercher la position bien précise de Vultima Thule des anciens., puisque ce. nom convient en général aux extrémités du Nord*
On voit déjà comment Jésus-Christ appelé par les Juifs Thbd ou le crucifié , a pu devenir pour les païens Thulis rçi d'Egypte, qui donne son nom à Thulé : il' faut voir actuellement par quelles bévues il est devenu Thulis , fier de sa puissance et de ses conquêtes : cellesci vont se trouver avec les noms des trois Personnes de la sainte Trinité, lesquelles, comme on peut Tobser-
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ver, ne se trouvent dans aucun autre endroit de l'Evangile , nommées toutes trois ensemble plus clairement que dans l'endroit que je vais citer de saint Matthieu. Cet évangéliste a écrit en liébreu ; c'est ce que je prie encore d'observer; ce sont les dernier versetà de son Evangile.
iii. Puissance de Tholiâ , mention du inystère de la Trinifeë.
Jésus -Christ immédiatement avant son ascension dit à ses disciples : « Toute puissance m'a été donnée au » ciel et sur la terre \ »
Au nom de Jésus-Christ , siibstittiei celui de Thlui ou de crucifié » que les Juifs lui donnent. Dans Fidéé de la synagogue , voilà Thulîs qui vante sa puissance , qui croit que rien ne l'égale , puisqu'il s'agit en effet de toute puissance au ciel et sur la terre.
Jésus-Christ ajoute aussitôt : « allez, enseignez toutes » les nations *. »
Le récit , comme on le voit par le nom de Thlui ou Thulis , ayant été transmis aux païens par des Hébreux, et d'ailleurs TEvangile où ceci se trouve, étant celui de saint Matthieu, qui a été écrit en hébreu; je puis observer que le mot hébreu alph ' , qui signifie enseigner, signifie aussi commander, être prince. Celte dernière signification aura paru plus anailogue à l'idée d'un roi : ainsi , voilà Thulis qui veut être le prince de toutes les nations. Puisqu'il est allé donner son nom à Thulé, il faut bien qu'il ait en effet subjugué une grande partie . de notre continent.
' Matth. q8. i8. Jeoufl locutuâ est eis, dicens : Data est niU omnis potestas in cœlo et in terra.
' Ibid. 19. Ëuntes ergo docete omnes gentes* ' ft*?K doctor, dux, princeps.
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Jésus-Christ dit encore : « baptisez-les au nom du » Père , et du Fils , et du Saint-Esprit '. »
Gomme le mot baptiser sigmiie originairement plonger, enfoncer dans Feau, il n'est pas étonnant que les païens aient fait aller Thulis dans TOcéan , vu surtout qu'il a dû donner son nom à File de Thulé située dans cette mer.
Pour les noms des trois Pei"sonnes de la sainte Trinité , on voit qu'ils ne se trouvent nulle part plus clairement réunis dans TEvangile , qu'à l'endroit que je viens de citer.
Ce qui se trouve plus développé dans la réponse de l'oracle à Thulis , peut venir des Juifs qui l'auront entendu de la bouche des chrétiens , ou de Suidas luimême , qui aura un peu étendu la réponse» On voit par le Philopatris attribué à Lucien *, que les païens des premiers siècles de notre ère, connoissoient déjà le dogme de ce mystère.
Thulis fut Ji^is à mort par les siens dans le pays des Africains.
C'est Jésus- Christ que les siens , c'est-à-dire les Juifs, avoient fait mourir : les païens , par la même raison que j'ai dite , en ayant fait un roi d'Egypte, auront pris la terre des Abrùn ou Hébreux , où Jésus-Christ fut mis à mort, pour le pays des jéfres ou Africains : le nom est approchant, et les païens auront plutôt pensé au pays des Africains , également voisin de l'Egypte , qu'à celui des Hébreux qui leur étoit moins connu sous ce nom d'Hébreux, que sous celui de Juifs.
' Malth. aS. 19. Bapfizantes eoB in nomine Patris , et Filiî, et Spiritâs Sancti.
* Locian. Philopatr. y^tfitSorla Of^y fitya¥ , afxSpolov , èvpavf'wva, v(^y tealpbif irvcv/Aa tx 'Kotlphç ^xTropcuo/xtvov , iv ix Tpcôhi , xat iÇ ivhç Tp(a , tav7« Vo/*»Ç« Z^va, tov et vif^cfli Ôt^t».
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Je n'ai point dit la raison pourquoi les païens ont mêlé ici Sérapis ; il faudroit avoir vu auparavant la mythologie égyptienne , que j'expliquerai dans une autre partie : il suffit ici de savoir que du temps de la naissance du christianisme , Sérapis étoit le dieu le plus connu des Egyptiens '.
C'en est assez pour que les païens aient fait aller Tbulis consulter son oracle.
L'Evangile d'où l'on voit qu'est prise originairement cette histoire, ensuite altérée par les Juifs et par les païens , dit immédiatement auparavant ; que les disciples de Jésus-Christ l'adorèrent * , les païens auront entendu cette adoration d'un sacrifice offert à Sérapis , et ils auront conséquemment attribué à ce faux dieu Toracle que nous avons vu pris des paroles mêmes de Jésus-Christ.
Sérapis étoit regardé comme le Sauveur de l'Egypte ; plusieurs auteurs chrétiens ont même pensé que c'étoit une altération de Joseph , qui en fut en effet le sauveur ^ : nous verrons ailleui^s ce qui en est ; mais cette seule idée de sauveur aura suffi pour faire confondre avec lui par des païens mal instruits , le Sauveur du monde ; aussi l'empereur Adrien accusoit-il les chrétiens d'Alexandrie d'adorer Sérapis ^.
Quoi qu'il en soit du rapport sous lequel les païens
■ Tacit. Hist. \p 4* ^' ^9* Sarapis dei, quem dedita supersUtionibus gens ante alios colit.
• Matth. 28. 17. Et vîdenles eum adoraverunt.
^ SuidaSy V. 2ap«7rcç. A)lXoe i\ ( e^avav cTvat ) t^v Iq>9V}^. Hcpoc j), ■Airiv Ttvà ytyo^fsvoii avâpuTroy cuiropey , tutl BavcXca cy Mc/x^i^i iroXcc 'c^ç A.tTViv'iov. ]ltjAOv ê\ yevo|Acyov toTç A).e|ay<^pcvar(v , ex tiuy c^tttv Tpo^yjy irapc^c.
4 Flay. Vopiso. iù Saturnino. Illi qui Serapîa colunt, Cl^rlstiani funt.
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auront confondu le; Sauveur ayec Sérapis ; il est , je crois , assez clair que Thistoire de Thulis rapportée par Suidas n'est qu'une altération de celle deJésps-Christ» que les Juifs ont appelé Thlui ou le crucifié : cet exemple prouve qu'il ne faut pas tout d'un coup regarder comme supposés ou controuvés, tous les récits qui p'ont pas de vi*aisemblance , à les prendre à la letti*e»
Ce n'est pas la seule histoire où Jésus-Christ se trouve sous ce nom, ou sous des noms approchants. J'en dévoilerai plusieurs autres dans une autre partie, et leur réunion appuiera ce dévoilement du Thulis de Suidas, que je ne fais ici qu'en passant; le dévoilement d'un trait défiguré ne peut avoir la même force , quand on le prend isolé : rapproché de plusieurs 'autres qui y tiennent, il deviendra beaucoup plus reconnoissable. C'est faute d'apercevoir l'origine de plusieurs noms donnés à Jésus-Christ par les Juifs et par les païens , qu'on n^apas aperçu jusqu'ici , un assez grand nombre de vestiges de ses miracles , et en particulier de sa Résurrectioii , dans les auteurs du siècle de Tibère ou qui (écrivent ce qui est arrivé sous son règne.
Pline l'ancien, qui écrivoit environ quarante ans ^près cette résurrection , parle d'un Thylon ressuscite par la vertu d'une herbe appelée Bal ou Balis '.Thylon est le même nom que Thlui ou Thulis, le crucifié. Mais les bévues de Pline, qui a pris ailleurs les Phéniciens pour le phénix, et Tauteut qu'il cite, demanderoient ici trop d'éclaircissements. J'en parlerai dansune ^utre partie , ainsi que des prodiges d'une prétendue statue de la Fortune d'un roi Tullus^ rapportés par Dion- Cassius , sous le consulat de Tibère et de Séjan. Ces
' Plia. Ub. 35 , cap. 2,
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témoignages joints à d'autres s'éclaireront mutuellement.
Revenons à l'histoire d'Egypte que nous avons an peu interrompue pour dévoiler le Thulis que la ressemblance du nom a fait croire égyptien , parce que les Egyptiens ont en effet dans leur histoire un Tlas ou Tulis qui est , comme on Ta vu , le roi ravisseur de Sara, épouse d'Abraham.
Après Tlas , Sethenès , Ghœrès , trois noms qui signifient ravisseur de la femme d'un étranger , Manéthon ^ dans sa seconde dynastie , nomme encore plusieurs rois , qu'on va voir également formés de l'histoire d'Abraham , parce que l'Elcriture y fait encore quelque mention de l'Egypte : celui qui se trouve immédiateanent agrès Cbœrès ^ est Néphercherès*
NÉPHERCHERÈS.