Nom de Tosorthrus
J'ai déjà observé plus d'une fols que se au commencement des noms , n'est souvent qu un article égyptien : ainsi , le nom de Sésorthus revient à celui de Surien ou Sorien , c'est-à-dire , d'habitant du désert de Sur ou Sor ' , qui est à la porte d'Egypte. Eratosthène en a fait le roi Sirius , le onzième de sa liste. Ce désert se trouve aussi appelé Thur, d'où vient le nom de Thyris : il s'appelle encore le Thur ou le Tor, comme on peut le voir dans les cartes.
Ce fut dans cette contrée qu'Ismaël s'établit, suivant le témoignage de l'Ecriture : les Egyptiens lui auront donné , dans leur histoire , le nom du pays qui étoit à leur porte : le nom de Sora , comme je le ferai voir ci'-après, est encore fameux parmi les Mahométans , et le nom des Sarasins , dont les savants ont cherché l'origine , peut fort bien en venir.
■ Gènes. 25. i8. Habitavit aulem ab Hevila usque Sur qu& respicit AEgyptum.
ISMAfiL, FILS d'aGAR. 555
Agar, mère dlsmaël, qui étoit égyptienne, lui fit aussi épouser une égyptienne ' : c'a été pour les Egyp* tiens une raison de plus de lui donner place dans leur histoire. Ses descendants se sont rendus assez fameux : la prédiction que lange fit à Agar , au sujet d'Ismaë'l et de sa postérité , s'est visiblement accom^ plie, ce Ce jn^a , dit Fange en annonçant sa naissance * , M un homme fier et sauvage ; il lèvera la main contre »> tous , et tous lèveront la main contre lui , et il dres- » sera ses pavillons vis-à-vis de tous ses frères » • Le9 invasions faites par les descendants d'Ismael dans une grande partie de notre continent « en rendent témoi-* gnage ; elles sont asses connues.
Les orientaux ^ , dans leurs listes de rois d'Egypte , ont aussi fait dlsmaël , les uns un Yalid , fils de Thardam , roi des Amalécites, les autres un Yalid , fils de Douma ^.
Ce nom de Yalid , comme je Fai déjà dit ^ , est formé du mot ^ uld^ qui signifie enfant; Thardan est formé de 7 trd^ qui signifie chasser, expulser; Douma est formé du mot ® dmd , qui signifie pleurer.
Ismaèl fut, comme on sait, chassé par Tordre de Dieu même, de la maison paternelle; il fut pour ^a
■ Gènes, ai.^t. Accepît ilU mater saa oxorem de terra AEgjrpti.
* Gènes. 16. la. Hic erit férus homo, manus ejus coutra omnes« et manus omniuni contra eum : et è regione uniyersorum fratrum fluorum figet tabernacula«
3 Kircher, OEdip. tom. I, âyntagm. i.
^ Hist, unW. tràd. , tom- I> pag. 5o5.
^ luchazim, Bochart, Phaleg. 1. 4» c. 5S. Valid filius Doma, cui successit filius Kian; is est Pbarao Joiephi. j;011''p IHI
* "171 uld, puer, (ilius.
7 "ltl> ird, ejicere.
* yOt plorare.
336 TOSOttTHRUS OU SÉSOKTHUS.
ses descendants ne soient devenus médecins ; ce sont même les Arabes qui ont ressuscité la médecine dans une partie de TEarope : la célébrité de cet art à Mont-« pellier leur doit ses commencements; mais ce n'a été que bien des siècles après Ismaël; cependant ne déses^ pérons pas de voir celui-ci devenir médecin malgré lui ; nous avons déjà vu Athothis, formé de Tarc-en-ciel , devenir grand anatomisteparune bévue des interprètes égyptiens ; une autre bévue a pu opérer une autre mé^ tamorphose.
Ismaël , suivant la promesse faite à Abraham , a dû former une nation , et une nation considérable; sa pos^» térité s'est en effet prodigieusement étendue.
Le texte hébreu * porte mot pour mot, qu il sera en nation, et en nation grande, considérable * , l-gui^duL Le mot gui qui signifie nation approche de ^ gee , qui signifie médecine ; ainsi les Egyptiens , en se méprenant, aumot cru qu'Ismaèl ou Tosorthrus avoit dû être un grand homme pour la médecine.
L*£criture ^ dit encore dlsmaël , qu il sera un homme féroce , en hébreu ^ phra : en transposant une letti*e , les Egyptiens ont pu lire ^ rp/ia, qui signifie médecin ; notez que le mot phra est ici dans un sens figuré, car il signifie dans le sens propre^ âne sauvage; les Egyptiens ne Tauront pas<;ompris i et auront cru devoir lire.au* trement»
' Gènes. 17. 90» Facîam illum in gent'em magnam.
• Sna nrh i-gui gdui.
' jin^ medicina.
4 Gènes. 16. a* Hic erit féru» hoino*
' è(lâ onager, férus.
^ Kd*1 medicu«.
ISMABL, FILS d'aGAIU Zùy
ni. L*£sculape des Egyptiens mis au nombre des dieux.
Saint Clément d'Alexandrie nomme * rAsclépius ou Esculape des Egyptiens , parmi les hommes qu^ils avolent mis au nombre des dieux : ils avoient pu le compter parmi leurs dieux , à cause de la grande idée qu ils s'en éloient faite , et du nom de Dieu qui entre dans la composition de celui d'Ismaël. Sa mère lui donna ce nom *, parce que le Seigneur Favoit entendue ou exaucée; mais les Egyptiens auront prise/, qui signifie Dieu , pour un titre donné à Isma , car Jsma est aussi originairement un des noms qu'ils donnoient à leur Esculape. On trouve dans Damascius , cité parPhotlus ' , qu'Asclépius ou Esculape , se nommoitEsmunus; on le trouve aussi dans Sanchonlaton cité par Ëusèbe, Esmun vient originairement ^ SHxnid ou isma , qui est le nom d'Ismaël; car les Egyptiens , comme je l'ai observé , avoient pris e/pour le titre de Dieu qui lui avoit été donné.
Les païens, à cause qu'il approche du mot ^ xmne qui signifie huit, l'ont interprété huitième, d'autant plus qu'Ismaël etolt en efietun des huit fils d'Abraham. Abraham eut Ismaël d' Agar, Isaac de Sara , et six autres fils de Cétliura. Quelques païens , à cause du nom ^ d'-/rf-
* Stromat. lib. l. Tov -irap' Kiyv'Kiioii &v7pwirov «iroll, ycvofxcywy Sï
* Gènes. 16. 11 Vocabisque uomen ejus Ismaël, e6 quôd
audierit Dominus afflictionem tuam.
^ Phot. Biblioth. pag. lo4* ^a^^xo lyevov7o "nalStÇy ovç Atooxovpovç ipitrtvt^ovat xai KaSslpovq. QySooç ^v) lyivtlo l'n] tqvIoiç £o-/iiovyoç, ov Affx^iQTrtoy £j>p.y)vsvovo'ty.
4 Euseb. Praepar. lib. 1 , cap. 10. pn3f tsdiq , sadic , justus.
F'id^ Gènes. 18. 19 » suprà oit. 7KpOï?^ bunàal, Ismaël. ' O^OV xmini, octavus.
^ nsy Habri; Hebrsus.
âviS TOSORTHRUS OU SÉSORTHUS.
bri ou d'Hébreu , surnom donné à Abraham , parce qu'il éloit venu d'au-delà du Jourdain, ont confondu ses fils avec les Cabîres ; maïs tous ne comptent pas le même nombre de Cabires * , don tic nom signifie puissants. Les mahométans répètent encore souvent Cubar alla y pour dire , Dieu est puissant : ils ne reconnoissent plus qu'un seul Dieu; mais leurs ancêtres étoient idolâtres.
Le culte des Cabires fut porté en Samothrace par des Odomantes descendants d'Edom ou Esaii, qui s'allia avec les descendants d'Ismaël.Des descendants d'Ismaël passèrent aussi enOrèce, etc'étoitpar eux, comme je le ferai voir, que les Lacédémoniens descendoienl d'Abraham. On peut compai*er ce qui est di t de l'origine desSpartiates, dans les livres des Macbabées », avec cequeDiodore dit de son côté ', que les Arabes voisins dumontChabinus, exerçoientrhospitalitéenvers lesGrecs delaBéotie et du Péloponnèse, en mémoire de leur ancienne alliance , à remonter jusqu'à Héraclès ou Hercule. Nous avons vu que Tosorthrus ou Sésorthus , est un nom donné à Ismaël , à cause de son établissement dans le désert de Sur; Osortbon, qui est le même nom, se retrouve dans Manét'hon interprété Héraclès , ce qui prouve qu'lsmaël peut bien être THéracIès ou Hercule , auquel remontoient également les Arabes dont il s'agit , et les habitants du Péloponnèse.
■ T33 chbir, cabir, potcns.
• i. Machab. 12. 21. Inventum est in Scriptara de Spartîatîs, et Judœis , quoniàm simt fratres , et qu6d sunt de génère Abraham.
' Diodor. lib. a, n. ii5. îïaoc ^av^xaçot xoTç Z^tmv wxo^o|ttiv7af....
opoç ovopa^o|*£Vov p^a^îvov ' tptXoÇsvoi i* VTCoép^foufftv ov Trpoç 'ira»7aç
Koltç à<^ixyovpi.cvovç, itkyk >frpoç ftoyouç «ovç àir^ Bot«7iaç x«i IIcAoïroyvrjvoVy ^la Ttva iraXatày à^* HpaxX/ovç o(xtto7r,7a ^p^ç xo cOvoç, io« jmBixSç cov^ 1ov{ irotpit^io^eyttc irocpot Tuly ^poyoyQiiy tçopovacy*
ISMAEL, FILS |)*A:OAUk SSg
Le nom de Chabinus., avec la situation qui se rap* porte à celle de la Mecque , nous indique la Cuba fameuse parmi les descendants dlsmaël; aussi Diodore j met- il des temples fort riches; mais je développerai ce point dans la mythologie grecque ^ où Ton verra que l-origine que Diodore a. traitée de fabulieuse , l'est beau* coup moins que d'autres qu'il admet : on peut toujours observer que le caractère des Spartiates ou Lacéçlémoniens , se rapportoit assez à, celui des descendants d'Ismaël : on peut aussi . entrevoir que s'il avoit passé eu Grèce des descendants d'Abraham, il avoit bien pu y, passer quelques livres des Juifs ^ et le préambule des lois de Lycurgue , que le Philosophe de l'histoire op*> pose a celles de Moïse , tournera peut-être à 1^ gloire de Moïse même ^ bien loin de lui nuire» Les Grecs, comm^^ le dit saint Clément d'Alexandrie , avoient souvent pris de ceux qu'ils appeloicnt Barbares, ce qu'ils avoient dç meilleur dans leurs dogmes , et l'histoire de la:Grèce n'est par fort claire jusqu'à l'ère des olympiades ; mais revenons à Tosorthrus*