Protéeavoit uue sagesse toute divine
On ne connut point de sagesse égale à celle de Joseph.
aa.** Protée avoit une connoissance particulière des astres.
Joseph ayoit vu en songe, le soleil, la lune et les étoiles qui l'adoroient.
23." Protée étoit porté sur un char tiré par des chevaux à deux pieds.
Joseph f^t conduit en cérémonie sur le deuiûème char de Pharaon. Les Egyptiens ont fait une bévue sur ce deuxième char de Pharaon.
24-° A la fable de Protée se trouve jointe, dans les poètes , celle de Mestra , qui est nommée dans Tzetzès ^ et dans des commentateurs d'Ovide. Mestra est le nom même de Mestr ou de TEgypte , que Joseph gouvernai
a 5.** Mestra nourrit son père , dévoré d'une feim terrible, j
Joseph nourrit aussi le sien en Egypte , durant la famine.
26.° Mestra se changeoit en bœufs, en chevaux et en toute sorte d'animaux , pour fournir à cette nour-i
riture.
Mestr ou l'Egypte , donna aussi ses boeufs, ses chevaux*, et tous, ses troupeaux pour avoir du pain.
2 7 .^^ Mestra se vendoit elle-même.
Mestr ou l'Egypte , se vendit aussi à Pharaon. Ce fut poUr son bonheur, ayant un ministre tel que Joseph, auscité de Dieu même.
a8.* Celte faim terrible du père de Mestra, lui avôit été envoyée pour le punir d'avoir détruit un arbre cher à Cérçs , la déesse du pain.
DE l'histoire d'Egypte. laS
La prédiction de la famine d'Egypte vient , dans l'Ecriture , immédiatement après le récit de la mort du grand pannetier ou de roflTicîer du pain, lequel fut pendu à un arbre.
Les poètes ont imaginé sur cela, qu'un arbre cher à la déesse du pain , ayoit été détruit.
29.*^ Protée fut le premier à recevoir en EgypteDîonysus , c'est-à-dîre Bacclius , qui venoit de Syrie.
Dionysus n est qu une traduction , à la vérité peu exacte , du nom même de Judà '. Joseph reçut en Egypte Juda avec ses autres frères.
' Bacchùs, dont le nom en çrec • signifie fureur, est la traduction du nom d'hébreu *.
L'Inde conquise par Bacchus, est la Judée*, dont le nom en hébreu ressemble à celui qui signifie Inde , et est également traduit louange dans l'interprétation des noms hébreux, qui se trouve ordinairement au commencement ou à la fin de la Ytilgate.
Quelques Pères ont eux-mêmes observé que les païens ont appliqué à Bacchus la prophétie de Jacob touchant Juda. On verra dans les- mythologies, que M. Huel n'a pas eu tant de tort de reconnoître des traits dô^Bacchus dans ceux de Moïse j puisque la fable de Bacchus est , en grande partie , une altération de l'histoire de Juda et des Juifs ou Hébreux ; et que Moïse fut leur conducteur et législateur. C'est ce que je développerai ailleurs*
3o.** Protée eut pour épousé une fille d'Eole. Le
* n*1*in^ Juda. Les Grecs Tont traduit comme H^ nom de Dieu , qu'ils ont rendu par Dios; et XV*^i milan, en grec nisos^ espèce d*oiseau de proie. On sait que Nisus y fut change.
• Botx^o^y furore percitus.
' tVylXy furor.
^ Juda, laudatio; India/hebraicd IXodu, laudatio.
ia6 RAPPROCHEMENT GÉNÉRAL
nom d'EoIe qui est grec ' , signifie variant on elian-» géant.
Joseph eut pour épouse Aseneth ^ dont le nom ressemble aussi au mot hébreu * ^ qui signifie variante ou changeante.
3 1 .** Protée eut deux fils ^ Télégonus et Polygonus *^
Télégonus signifie né en pays lointain ^ et Polygonus signifie, qui multiplie.
Joseph eut deux fils , Manassé et Ephraïm. L^Ecriture elle-même nous dît (|ue Manassé fut ainsi nommé par Joseph , à cause de son éloignement de la maison paternelle. Pour Ephraïm , Joseph lui donna ce nom parce que Dieu le faisoit croître et multiplier.
On voit que les noms de Télégonus , Polygonus ^ les deux fils de Protée , en sont la traduction lapins exacte.
32.^ Protée affligé de la conduite de ses enfants ^ demanda aux dieux de retourner dans sa patrie.
Joseph qui prévoyoit laffllction de ses descendants et leur sortie d^Egypte , demanda en mourant « que son corps fut transporté dans la terre promise ^ où ses pères avoient déjà demeuré.
33.*' Les dieux.ouvrirent à Protée un passage au fond de la mer, pour retourner dans sa patrie.
Dieu lui-même ouvrit, au milieu de la mer, un pas- Sage aux Israélites, qui emportèrent avec eux les os de Joseph dans la terre promise. Le miracle du passage de la mer Rouge se i*etrouvera , quand nous en serons aux rois formés de Moïse.
Qu'on juge , et par la place où se trouve Protée dans
' AcoXoç, yarius.
* ri3DK Aseneth; rtJIDK variabo.
^ Apollodori Biblioth. 1. i , p. 99 , edit. Commelin. HoXvyovov ia( TviX/yovov xo\jç IIpeDÎcwç..*.; viovç}
DE l'histoirb d'Egypte, r 127
lliistoire d'Egypte , et par toute la suite de ses traits bien marqués, si ce personnage est autre chose qu'une altération de l'histoire de Joseph.
Plusieurs traits que j'ajouterai encore en détaillant ceux qu'on vient de voir^ et toute la suite des règnes , viendront à l'appuie
Après Salitè340U Salatis ' , dont le nom signifie Prince et par-là répond à celui de Protée , qui en est la traduction en grec , Mané thon compte pour autres vois pasteurs Phéniciens , Bjon ou Béon , Pachnan ou Apachnas , Staan et Aphophis , et quelques autres dont les noms se trouvent dififérents dans Josèphe Thistorien ,. dans Jule-Af ricain et dans Eusèbe.
Georges- le -^Syncelle dit que tous s'accordoient à mettre Joseph en Egypte du temps du roi Aphophis. Ss n'avoient pas tort; mais ils auroient pu le mettre également du temps de tous ces autres rois ; premièrement du temps de Salitès ou Salatis , puisque ce l'oî , comme on l'a vu 9 n'est que Joseph sous son titre de prince en Egypte ; en second lieu ^ du temps de Byon ou Béon I puisque ce nom est formé de bun * , qui signifie être intelligent; c'est l'éloge que Pharaon ^ donna à Joseph en lui disant : pourrons-nous trouver quelqu'un qui soit aussi intelligent que vous ? en hébreu nbun, mot dérivé de bun. Eu troisième lieu , ces chronologistes pouvoient aussi placer Joseph du temps de Pachnan ou Apachnas , et de Staan , puisque ces deux prétendus rois ne sont formés que du nom égyptien de
* Dynastie i5.
• p!l> V2» intellexil; t^T2 intelligcntîa.
' Gènes. 4i* ^9» trad. de Sanctés-Pagnin. Dixîtque Paroh ad Joseph : postquàm cognoscere fccit Deus te totum hoc ,. non est intelligeus et sapiens sic ut tu*
Psontompanech ou Phaaneach , que Pharaon donna à Joseph. Aphophis ' est le titre de père tendre qui lui fut aussi donné par les Egyptiens • , comme je le ferai voir dans le détail. C'est FApappus , vingtième roi delà liste d'Eratosthène , où il se trouve après Pammus, nom traduit en grec ' Archondès , qui par conséquent signifie prince y et par-là répond aussi aux noms de Sali tes ou Protée donnée à Joseph. On voit combien ce saint patriarche, si mémorable en Egypte, a lui seul fourni de noms de rois à l'histoire des Egyptiens. J'en dévoilerai encore quelques autres.
On peut déjà voir par ceux que je viens d'expliquer, et qui sont les noms mêmes des rois pasteurs de Manétbon; on peut, di^je, déjà voir clairement que ces prétendus rois pasteurs ne sont autres que les Israélites, pasteurs en effet, et surtout Joseph, qui fut conune roi en Egypte. Je le prouverai encore davantage par le rapprochement détaillé de ce qu'en dit Manéthon. Mais il ne faut pas perdre de vue la suite' des rois d'Hérodote, qui nous sert de guide.
Cet historien , ni Diodore non plus , ne parlent point des rois pasteurs sous ce nom de pasteurs ; mais ils en parlent équivalemment , comme on a vu , sous le nom de Sésostris ou Sésoosis , qui signifioit pasteur et pasteurs en égyptien ; sous le nom de Protée , qui répond à celui de Salitès ou Salatis , le premier des rois pasteurs de Manéthon.
On voit de plus en plus comment se sont excessive-
*' IlaTriraç, Pater; Yocula infantîum ad patrem. A'rnpu;, dans Thëocritei qui fait parler des femmes en Egypte. Air^à» , dans Hesychius.
* Oenes. 4^* 4^; trad. de Sanctès-Pagnin , et notes de Vatable» Et clamabant ante eum abrech , id est , pater tener.
' Apx*>v, princeps; principatum obtinens.
NNPV9ih^CM^A.
DE l'HI3T0IBE D^iCTPTE^ 139
ment multipliés les noms des rois d'Egypte. Encore parmi ces rois ne trouye-t-on pas les Pharaons ou vrais^ rois Egyptiens , sinon autant que l'Ecriture en parle , et ce ne sont pas eux qui figurent le plus dans cette histoire égyptienne ; ce sont les personnages de THistoire Sainte qui ont eu quelque rapport à l'Egypte ; preuve évidente que c'est dans THistoire Sainte que les Egyptiens ont puisé originairement pour composer la leur.
Reprenons la suite des rois d'Hérodote.
VU. RftAMPSIWITB.
Dans Hérodote et dans Dîodpre, Rhampsinite ou Rhemphis ( car on convient que c'est le même roi ) , se trouve immédiatement après Protée.
Ces deux historiens s'accordent à le représenter comme le roi le plus riche que les Egyptiens eussent jamais eu. U amassa des trésors immenses ; il fit construire un édifice tout exprès pour les mettre; et sous son règne brilla nn jeune homme d'une supériorité de lumières reconnue de toute l'Egypte ; un jeune homme aussi supérieur aux Egyptiens , que les Egyptiens l'étoient aux autres hommes.
On peut déjà voir que c'est encore une altération , soit des traits de Joseph , soit de ceux du Pharaon de son temps ^ soit de son père et de ses frères , et de leurs descendants établis à Ramessès, nom d'où est foimé celui de Rhampsinite ou Remphis ; dans Manéthon , Rapsès, Ramesès , etc.; car ce nom y revient souvent et avec bien des variantes.
On sait que les Egyptiens, dans Tacite, attribuent aussi à Rhamsès, les mêmes conquêtes à peu près,- qu'on 1. 9
l3o RAPPROCHEMENT GÉlNERAIi
a déjà vues attribuées à Sésostrîs , et les mêmes richesses, quon voit ici attribuées à Rhampsinite; ce qui n'est pas étonnant, puisque le tout n'est qu'une altération de l'histoire des Sésos ou pasteurs Israélites, établis en Egypte , et en particulier dans la terre de Ramessès; établissement que Joseph leur procura. Leurs descendants furent aussi obligés de bâtir des villes de trésors, suivant plusieurs interprètes, et en particulier une ville de Ramessès ; ils partirent aussi de Ramessès pour sor-p tir d'Egypte. C'est pourquoi on ne doit pas être surpris qu'il se trouve dans Manéthon tant de rois Ramessès.
Pour m'en tenir ici au Rhampsinite ouRhemphis d'Hérodote et de Dîodore , successeur de Protée et le roi le plus riche que les Egyptiens eussent jamais eu; jaijiais roi en effet ne dut être plus riche , que celui dont Joseph fut le ministre; puisqu'il devint le seul pi'Opriétalre de tout l'argent , de tous les troupeaux , de toutes les leri'es , et des personnes mêmes des. Egyptiens ; et que les contrées voisines de l'Egypte contribuèrent encore à l'enrichir. J'ai déjà observé que ce fut le salut de l'Egypte et de ces contrées , et un effet particulier de la Providence , autorisé par des miracles ; ainsi laissons tous les raisonnements de nos philosophes sur ce point.
1 .^ Rhampsinite, suivant les Egyptiens, descendit en vie dans des lieux souterrains où se trouvoient Racchus et Cérès.
On peut voir que c^est ici Joseph qui fut mis dans une fosse , suivant l'expression de l'Ec^'iture ; c'est-àdire dans une prison , avec le grand pannetier , ou l'officier du.pain , et le grand échanson , ou l'officier du vin.
Hérodote , comme grec , n'a pas manqué de leur substituer Cérès , la déesse du pain , et Racchus le dieu
DB L*HtSTOIRB D*ÉGTPTE. iSl
du vin* Cesl par une mterprétatîon pareille , t^ômme il l'avoue lui-même , qu'il* pi-end pour les enfers detf Grecs, les lieux bas ou souterrains dans lesquels Rhamp* sinite descendit tout vivant*
d.^ Bhampsinite joua aux dés avec Cérès^ et gagna ^ et perdit alternativement.
Ici Cérès est la déesse des blés; et raltematîve de gain et de perte, est Taltemative d'abondance et de disette qu éprouva l'Egypte , alternative que Joseph prédit , et pour laquelle il fit prendre de si sages mesures.
3.^ Rfaampsinite eut pour présent de Cérès^ une ser^ viettè ou un essuie-main d'or»
On a déjà vu dans Suidas , une robe d'or donnée & Joseph sous le nom de dieu Faune , nom formé de celui de Phâné ou Phaneach.
Ici c^est l'anneau d'or que Pharaon mit à la main do Joseph. Les interprètes, par une bévue que j'expliquerai , l'ont pris pour un essuie-main d'or , qui ne seroit pas fort commode , du moins pour cet usage.
4.^ Le retour de tlhampsinite, après sa descente danf les lieux souterrains, fut u^e fête pour les Egyptiens» Hérodote ajoute qu'on la célébroit encore de son temps»
Joseph, tiré de la prison, fut conduit comme en triomphe , et reçu avec les applaudissements de toute l'Egypte.
On a déjà vu dans ce que j'ai cité de Suidas , que Joseph fut adoré des Egyptiens , à cause des biens dont il les avoit comblés. Il ne seroit pas étonnant qu'ils eussent très-long-temps conservé quelque souvenir d'un si grand homme ; et qu'au milieu de leurs altérations de son histoire et de leurs superstitions , ils en fussent venus jusqu'à l'adorer* Plusieurs Pères çt auteurs ecclé-
i3a RAPPROCHEMENT GÉNÉKAL
siastiques ont pensé que les Egyptiens l'ayoîent en effet mis au nombre de leurs dieux.
5.^ Hérodote dans le règne de Rhampsinite , raconte une histoire d'un père qui , au lit de la mort , donne des insti*uctions à ses fils. Toute l'histoire , qui est longue , est des plus singulières. »
Je ferai voir, en rapprochant les textes, presque phrase pour phrase , que c'est une traduction à la vérité pleine de bévues , mais néanmoins suivie , du chapitre quarante-neuvième de la Genèse , où Jacob mourant parle à ses fils.
Je croîs pouvoir dire que c'est un morceau unique en son genre , et sur lequel on pourra juger définitivement si les Egyptiens ont réellement extrait et traduit une partie de nos livres sacrés , pour en composer leur histoire.
6.® C'est aussi dans ce même endroit qui répond à la mort de Jacob , qu'Hérodote observe que les Egyptiens ont été les premiers à enseigner l'immortalité de l'âme.
Les interprètes des Egyptiens , malgré leur peu d'habileté, ont mieux vu ce que signifie la réunion de Jacob à son peuple , que ne le veulent voir ceux qui prétendent que Moïse n'a point fait mention d'une autre vie.
7.** Jusqu'au règne de Rhampsinite inclusivement, 'tout fut parfaitement réglé en Egypte, ajoute Héi*odote.
C'est que les Egyptiens , ses auteurs , s'accordoient avec l'Ecriture , qui nous représente l'Egypte parfaitement gouvernée par Joseph qui la rendit heureuse, ainsi que les Israélites ses frères.
Mais , après sa mort , les choses vont changer de face dans l'histoire d'Egypte, comme dans l'Histoire Sainte.
PS l'HISTOIIIB^ D'iOYPTB. ' iSS
YIII. GHÉOPS ET OHÉPHRElf.
Chëops , oi après luî Céphren son frère , suivant Hérodote ; et suivant Diodore , Cheramîs ou Chembès , et Chabryis son frère ou son fils , sont deux rois qui l'un après l'autre oppriment leurs sujets , font fermer les temples , défendent de sacrifier , surchargent lé peuple de travaux , l'emploient à la construction des pyramides.
On voit sans peine que ce sont les deux rois d'Egypte qui , l'un après l'autre , opprimèrent les Hébreux , leur refusèrent la permission d'aller sacrifier ; et pour empêcher leur accroissement, même pour les détruire, les* accablèrent de travaux de brique et de mortier , ' et d'autres fardeaux insupportables , comme le dit l'Ecriture.
Elle ne les nomme tous deux que du nom de Pharaon , titre commun aux anciens rois d'Egypte; maïs lès Egyptiens , ainsi que les Ai-abes , leur ont bien trouvé des' noms propres, tirés des faits mêmes.
Ces rois plongèrent les Hébreux dans la douleur et dans Taifliction.
. Le mot qui signifie en hébreu ' douleur et affliction, est chah, qu'on prononce ordinairement cAeeft. L'Ecriture se sert ici de son dérivé • nichab , ou comme on prononce macheob , en parlant de l'affliction dés Hébi^ux.
De-là les Arabes ont formé le nom de Kabûs^ pour le Pharaon du temps de Moïse ; c'est aussi d'où vient ,
" 1K3 dolor, labor.
* Dxod. 5. 7. trad. de Sanctcs^Pa^in*.. Vidl afflicHooeiQ populi mciqui est îa AEgypto... novi dolores.^ut, VWDÛ*
l34 RAPPROGHBMEKT aÉNÉIlAL
«uivant dlfféreûtes prouonclatlons , le nom de Chéops que lui donne Hérodote , de Chembès , comme l'appelle Diodore , ou de Céphée , comme îl est nommé dans Tacite et dans la fable grecque , ainsi que je le ferai voir dans lesmjthologies.
Comme TScriture dit que ce fut un nouveau roi ' , les Gx*ecs en traduisant le mot * noui^eau en ont fait le ^oi Néochabis , qu'on trouve dans Athénée '.
Le mot qui signifie nouveau , est , comme on pro^ lionce , hcidasch ; c'est pourquoi les Arabes l'on fait Adéen ou de la tiûbu d'Ad.
Le nom d'hébi*eu est dbrii qu'on prononce hihrim Aussi DIodoi'e appelle-t-il le second roi , Ghabryis ; Hérodote le nomme Chéphren*
On voit que ces deux prétendus noms de rois ne sont que les deux mots chah et abri , qui signifient l'afËlictien des Hébreux*
Ou trouve ausçi dans Artapan, cité par Eusèbe * ^ le nom de Chenephrès donné à un roi d'Egypte du temps de M oïse. C'est le nom altéré du Chéphren d'Hérodote,'
J'ai déjà cité , dans les observations préliminaires » d'autres noms pareillement tirés des faits mêmes, pour les Pharaons du temps de Moïse>
Hérodote dit que le peuplé fut cent six ans dans la plus grande oppression. C'est en effet à peu près le temps qu'y durent être les Israélites \ parce que l'oppressiou avoit commencé et s'étpit accrue par degrés dès avant la naissance de Moïse , qui n'eut sa mission qu'à l'âge de quatre-vingts ans* Qu'on suppose que l'oppression
* Exod. 1. 8. Surrexit intereà rex noYua super AEgyptum* ^ INEOSy noYiii*
^ AibeneBi Dtptf. 1. lO**. l^v Bo^xopt» «cff^^v irtflfpa ^yroy Kfo;(q;fti|. 4 Suseb..Praep« 1^ 9, c* a^»
DB L'hISTOIBB D'IÉOYPTB. ' i35
ayort commencé vingt-cinq ou vingt-six ans avant sa naissance', ce qui n est pas trop , cela fera les cent six ans.
Hérodote dit que le roi d^Egypte demandait à chacun une- pierre ; et que la fille du roi en demandoit aussi une. Les interprètes des Egyptiens auront confondu le mot bn ' , qui signifie enfant mâle , avec abn , qui signifie pierre. On sait que le roi d'Egypte vouloit qu'on fît périr les enfants mâles , qui naitroient aux Hébreux , et que la fille du roi sauva Moïse nouvellement né*
Quanta la construction des jpyramides, l'historien * Josèphe dit aussi que leç Israélites y furent employés , l'Ecriture ne le dit pas du moins clairement; mais il peut y avoir quelque nom tel que Phithoni , que nous ne comprenions plus dans ce que l'Ecriture dit des ti*avaux du peuple d'Israël.
Hérodote dit aussi qu'on les attribuoit à un pasteur qui faisoit paître ses troupeaux aux environs ; ce qui convient à ce même peuple.
Du moins, les Egyptiens dans leur Histoire extraite de l'Ecriture , n'auront point trouvé de temps plus propre à cette construction , que celui où un peuple entier fut accablé de travaux dans le même genre.
Diodore dit que quelques-uns attribuoient ces pyramides à Amrssus , Ammosis et Inaron ; sur ce dernier nom , il y a une variante.
On peut y reconnoître les noms d'Amram et de Moïse * et Aaron ses deux fils ^ qui sont ceux des Hébreux dont l'Ecriture pairie davantage du temps de l'oppression.
Manéthon ^ dit qu'on attribuoit aussi à Suphis , celle
> P filius î pK lapis.
i36 RAPPROCHEMENT GÉNÉRAL
qu'Hérodote attribue à Chéops. Suph ou Suphls , et Sor ou Soris qui le précède immédiatement , ne sont que le nom à'Osarsyph mis en deux. Manéthon auroit dû se rappeler qu'il dit lui-même en un autre endroit , que Moïse s'appeloit Osarsyph. On en verra la raison.^ Aussi Sor et Suph, ou Soris et Suphfs , sont-ils suivis immédiatemetit; dç Mencherès qui est le Mycérinus d'Hérodpte.
v^. myciSrinus.
Mycérinus , successeur de Chéphren ou Chabryis y appelé par Piodore , Menchérinus ou Chérinus ; par Eratosthèue , Caras ou Ocaras ; par Manéthon , Menche^'ès , et de quantité d'autres noms terminés en cerès ou cherès , sans compter c^ux qui ne le sont pas ; roi plein de douceur, de religion et d'équité , qui rend' au peuple opprimé la liberté de sacrifier, qui le soulage dans ses maux , qui se reiid i*econimandable par soa extrême exactitude à rendre la intstice ; qui va jusqu'à satisfaire à ses dépens , ceux qui se plaignent de ses jugen^ents; qui est condamné par l'oracle à mourir avant le temps ; qui prend le parti d'errer dans des lieux so-^ litaives , où il se fait éclairer la nuit , comme le soleil l'éclairé durant le jour.,..
On me prévient sai^s doute pour le nommer ; c'est Moïse qui tire son peuple de l'oppression ; qui lui obtient enfin la liberté d'aller sacrifier; qui lui donne: une loi qu'il a reçue de Dieu même ; qui 3e dévoue pour ses frères, qui supporte leiprs murmures, qui de^ meure long-temps dans le désert ; qui est éclairé la nuit par une cplqnne de feu; qui se voit enfin condamné par Dieu même à mourir sans avoir la consolation d'eutrç^ dans la terre promise.
DE l'histoiae d'Egypte. iSj-
Pour peu que Thistoire des Egyptiens fût vrâîe et suivie , on deyoit biens^attendre à y ti*ouver un homme <{ui opéra en Egypte tant de prodiges. Mycérinus n'y est encore qu'un des cinquante à soixante noms de rois formés de Moïse et de ses traits.
Les savants peuvent se rappder que le mot hébreu mgra qu'on prononce micrà , ou même le mot gru^ , signifie les livres saints , et en particulier ceux deMoïsey parce que c est la lecture des Hébreux. On voit d'où vient le nom de Mycérinus , Ghérinus , Garas , où Cbérès.
Les Mahométans , comme l'observe M. dTlerbelot , à l'imitation des Hébreux , ont donné le nom de Coran •, qui signifie lecture, au livre de leur faux prophète , parce que c'est leur lecture par^xcellence.
De-là le nom de Ryranides ^ livre attribué , ainsi que desGéniques, à l'Hermès ou Mercure Trismégiste des Egyptiens. Ge Mercure est originairement , ' comme' ou peut bien l'entrevoir, Mercerès ou Moïse.
Il existe encore des Juifs appelés Garaïtes , parce qu'ils s'en tiennent au texte de la loi: de Moïse , et desautres livres sacrés.
Le nom plus usité de Thorah ^ pour signifier cette loi , se retrouve traduit d'unie manière étrange dans ce qu'Hérodote dit de Mycérinus. Elle, y est sa fille ensevelie dans une vache , bévue fondée sur ce que le motthur en chaldéen , signifie taureau;
On bruloit de l'encens , et on tenoitdes lampes allu» mées devant cette vache , suivant le conte d'Hérodote, qui dit cependant l'avoir yu. S'il dit vrai , il falloit que les Egyptiens eussent étrangement défiguré les cérémo<^
« KIpO îectîo.
' BibL orient, yojr, Alcoran,
l38 RAPPROCHEMENT aéVÉRÀL
nies des Hébreui en voulant les imiter; car on voit aisément que ce sont originairement les cérémonies usitées devant Tarche , où étoit conservée la thora ou la loi.
Du reste les Grecs , dans leur fable, n'ont pas moins défiguré THistoire Sainte, puisqu'ils ont aussi changé la Thora de Jehova ou lao , nom qui se trouve dans Diodore , c'est-à-dire , la loi de Dieu , en lo qui fut métamorphosée en vache, fut aimée de Jupiter, passa la mer, erra dans différentes contrées, surtout en Syi'ie et en Egypte , et donna bien de l'occupation à Mercure , chargé de la garder. On voit quel est encore ce Mercure,
Manéthonn'a pas manqué de mettre un roi Athoris, comme on le lit suivant Susèbe , dans la dynastie qui commence par Amos , Alnosis ou Tethmosis, qui est le nom même de Mosès ou Moïse.
C'est sous ce roi que Manéthon fait sortir les rois pas-^ leurs ; et sous un autre roi de cette dynastie, il fait sortir les Israélites conduits par Osarsyph surnommé Moïse. C'est ce qui a causé tant d^embarras aux savants , qui n'ont pas vu que. tous ces prétendus rois ne sont que des noms pris de Moïse et de ses traits. Le second roi est Chébros ou Chébron; c'est le iiom même d'hébreu, comme Chéphren ou Ghabryis dans Hérodote et dans Diodore.On peut sur ce nom, juger de ce que sont les autres.
Ce n'est pas la seule dynastie composée des noms ou . des traits de Moïse ; il y en a jusqu'à dix , comme je le montrerai.
U est aisé de concevoir que les chronologistes ont di\ y être embarrassés, et qu'en voulant les arranger suivant leurs systèmes, ils y ont encore mis plus de coafiision.
DB l'hISTOIHB d'£GYPTE. hSg
Elles ne sont pas cependant inutiles ; parce qu'elles vont nous servir à replacer un règne qu'Hérodote a déplacé , en se pressant trop d'en parler, parce que c'est en effet un des plus mémorables , et qu'il craignoit peutêtre d'en oublier l'histoire encore assez frappante, quoique défigurée.