‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 59 sur 114 · DIT DE L'EGYPTE · texte numérisé non relu

DIT DE L'EGYPTE

ijE rapprochement général qu'on yîent de voir, montxe pour ainsi dire en gi*os, comment tout ce qui nous reste de l'histoire d'Egypte jusqu'à la conquête des Perses , n'est au fond qu'un extrait altéré de ce que l'Ecritui'e elle-même nous apprend des Egyptiens , ou de ce que ceux-ci ont eu quelque raison d'en extraire ; par exemple , ce qui regarde Noé et ses fils jusqu'à la dispersion : parce que cela intéresse également tous les peuples. C'étoit ce que les Egyptiens pouvoient faire de mieux , ayant perdu leurs anciens mémoires , s'ils en avoient jamais eu de bien suivis. C'est ainsi que les nations modernes ont extrait des anciens auteurs grecs et latins, ce qu'elles y ont trouvé de leurs antiquités; nous n'avons point d'autre source en France pour ce qui regarde les Gaules jusqu'à leur conquête par les Romains , et même encore plusieurs siècles après. Les nations du Nord recueillent à l'envi tout ce que les mêmes auteurs ont écrit des Scythes , et chacune tache de se l'approprier. Ainsi les historiens de Pologne attribuent à leurs ancêtres le discours des Scythes à Alexandre , et la gloire d'avoir arrêté ce conquérant. Ils ne sont pas les seuls qui y prétendent. Depuis qae

l'histoire d'Egypte, etc. 171

les Russes se sont cultivés y leurs antiquaires ne manquent pas de former là-dessus leurs prétentions , d'autant plus respectables qu'ils ont d'ailleurs de quoi les appuyer; car les histoires suivent souvent la fortune des états.

Le grand défaut de ces extraits des Egyptiens , c'est d'avoir altéré et défiguré les faits par leurs bévues , ou par leurs fausses interprétations, en rapprochant tout de leurs idées, surtout de leur idolâtrie. On en a néanmoins déjà pu reconnoître le fond , qui est vrai , étant pris de la vérité même. Ce qu'on a vu en gros , il faut le rendre encore plus sensible par le détail. C'est ce que je vais faire , en reprenant toute la suite des règnes qui sont déjà dévoilés en général. On trouvera ici à peu près tout ce qui nous reste de l'ancienne histoire d'Egypte , non-seulement dans les principales sources, qui sont Hérodote , Diodore , Manéthon et Eratosthène , mais encore des traits épars dans d'autres auteurs , tels qu'Homère, Platon, Pline, Tacite, Plutarque, à la mythologie près , que je ne touche ici qu'en passant , et que je réserve pour ime autre partie. •

Outre le détail des faits , j'insère de nouveaux règnes, suivant l'époque à laquelle ils se rapportent , en priant de ne jamais perdre de vue le rapprochement général qui nous en donne le fil ; car ces règnes , dont il ne reste souvent que le nom , ne seroient pas reconnoissables sans tout ce qui les précède ou ce qui les suit. C'est pourquoi Hérodote et Diodore en ont omis un si grand nombre, qu'on retrouve dans Manéthon , n'ayant rien de considérable à en raconter; mais l'Ecriture d'où ils sont également pris , nous les rend précieux. Il y a cependant des noms si altérés, que je ne m'y arrêterai pas , ou je proposerai tout au plus quelques conjectures:

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c'est assez qu'on puisse s'assurer du fond même de l'hîsloire. J'en reprens donc la suite , avec le détail , que je rapproche du détail des faits parallèles qu'on trouve dans r£criture.

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