‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 80 sur 114 · I. tj · texte numérisé non relu

I. tj

258 SUCCESSEURS d'aTIIOTIIÈS.

trouve dans le même chapitre de VEcriture , et autant qu'on peut s'en assurer , avec des noms et des interprétations en partie altérées ou défigurées; tout dans Eratosthène s'y rapporte.

Le roi qui suit immédiatement , en est une nouvelle preuve ; c'est Mares , le nom même nous indique que c'est le Mœrîs d'Hérodote, le Myris de Diodore , et par conséquent Mesr ou Mesraïm , petit-fils de Noé, et père des Egyptiens appelés Mesraïm en hébreu et dans plusieurs autres langues.

Tout ce qui précède Mesr ou Mesraïm, vrai fonateur du royaume d'Egypte , doit se trouver jusqu'à a dispersion des hommes inclusivement, ou jusqu'à eur séparation faite à Babel pour peupler les différentes contrées. Ce que les Egyptiens ont extrait jusqu'ici de l'Ecriture , étant antérieur à leur père Mœris ou Mesraïm, leur. est commun avec toutes les autres nations, et se rapporte par conséquent à ce qu'on vient de voir.

MŒRIS.

MESIl OU MESRAIM, PÈRE DES ÉGYPTIENS.

MoERis , dans Hérodote , est le roî auquel se termine cett» longue suite de trois cent trente prétendus rois euccesseurs de Menés , qui ne sont point nommés , et xjue nous ayons vus réduits aux trois fils de Noé.

Nous y avons aussi réduit les cinquante-deux des* cendants de Menas , que Diodore compte sans les nomhier , non plus qu'Hérodote. Diodore met après eux deux Bu«iris, avec quelques générations , avant M3rris, qui est le Mœris d'Hérodote. Diodore , comme je lai déjà dit , trompé par les différentes prononciations du mênie nom , a fait des rois différents , de Busyris et de Myris , qui ne sont que le même roi , ainsi ique je le prouverai encore davantage.

Nous avons pareillement réduit toute la première dynastie de Manétlion , qui commmence par Ménrès ^ et qui finit par BienacHès, à Noé et à ses tixîis fils, «n hébreu benenoach , les fils de Noé.

Enfin nous avons fait voir que tous les prétendu» rois d'Eratostliène , depuis Mines jusqu'à Mares , dont le nom indique Mœris ou Myris , se réduisent à Noé et à ce qui est rapporté dans l'Ecriture depuis le déluge jusqu'à la dispersion des hommes , du nombre desquels fut Mesr ou Mesraïm , père des Egyptiens , tt vrai fondateur de leur royaume.

Ce seroit une ignorance ou un oubli impardonnable aux Egyptiens, qui se prétendoient si bien instruits ,

î6o MOERIS,

de n'avoir pas nommé leur vrai père , celui dont ils portent le nom dans l'Ecriture, et encore chez les orientaux , en particulier chez les Turcs, qui sont aujourd'hui maîtres de l'Egypte. Or, le nom de Mœris , Myris , ou Mares , est le seul des premiers rois de leur histoire où l'on puisse reconnoître Mesr ou Mesraïm ; et tout , comme on l'a déjà vu , nous y conduit.

Il est vrai qu'Hérodote * ne fait pas remonter Mœrîs si haut , à beaucoup près : il ne compte pas neuf cents ans depuis Mœris jusqu'à lui Hérodote, qui écrivoit, comme on le voit par son histoire , du temps d'Arr taxerxès Mnémon, plus de cent trçnte ans après la mort de Cyrus.

C'est une erreur du père de l'histoire • , dont on peut apercevoir une raison toute simple. Il compte trois générations par siècle; il met de suite et sans intervalle, les rois dont les Egyptiens lui avoient parlé : or, depuis Mœris jusquà la conquête de l'Egypte par les Perses , il ne reste pas la valeur de vingt règnes , comme on peut le voir dans sa liste. A trois règnes par siècle , cela ne fait pas sept siècles ou sept cents ans , jusqu'à Cambyse fils de Cyrus, ajoutez cent trente et quelques années depuis ce temps jusqu'à celui d'Hé* rodote : on voit qu'à ce compte il ne se trouve pas neuf cents ans depuis Mœris.

Mais les rois qu'Hérodote met de suite , ne se sont pas succédé inimédiatement les uns aux autres : il y a souvent un très-long intervalle entre le prédécesseur et le successeur. Ces rois, comme on a commencé à le voir, n'étant formés. que sur ce que l'Ecriture

* Herodot. a. i3. Ka) Mvptç ôvx» v]v flta ^yvoexoaca rclcIcvTnxws, oTc tSv Iptwj rav7a lyè» i^xovoy.

MESRAÏM. a6i

dit de l'Egypte , et l'Ecriture passaut quelquefois plusieui*s siècles de suite sans eu rien dire , il y a nécessairement des lacunes ou des intervalles vides , et c'est d'où vient le défaut de toutes les chronologies qu'on a prétendu faire jusqu à présent de ces rois Egyptiens. On est parti des derniers, dont on connoissoit lepoque, et on a placé de suite en remontant ceux qui les précèdent , sans! en savoir la distance : par-là Mœris a été cru beaucoup plus récent qu'il n'est en effet.

r C'est ainsi que les Grecs dans leur mythologie, qui est une copie altérée et défigurée de l'Histoire Sainte , rapprochent beaucoup le déluge deDeucalion, qui est celui de TSoé , comme on l'a déjà vu. A compter suivant les marbres de Paros, Deucalion ne remonte qu'environ quinze cents ans avant l'ère chrétienne ; et le déluge deNoé, à prendre le calcul de la Vulgate, qui est le plus resserré , est antérieur à notre ère de deux mille trois cents ans et plus : c'est que les Grecs ont aussi des lacunes ou des vides dans leur copie informe de l'Histoire Sainte , et que depuis la fin des Juges , où ils ont cessé de suivre le fil de l'Ecriture, c'est-à-dire, pour eux, depuis la guerre de Troie, ils n'ont pas eu de quoi remplir les siècles suivants jusqu'à leurs temps certains : plusieurs savants ont bien remarqué ce vide.

Nous avons tout d'un coup retranché onze mille ans de la prétendue antiquité des Egyptiens, en réduisant les trois cent trente successeurs de Menés aux trois fils de Noé : il faut un peu dédommager ce peuple , en faisant remonter plus haut qu'il n a fait , son vrai père et son fondateur. Tout nous amène , comme on l'a vu , à reconnoître Mœris, Myris, ou Mares, pour Mesr ou Mesi*aïm petit-fils de Noé, et père des Egyptiens : c'est

Page 1